Pendant sept ans, elle a parcouru le monde avec les équipes de l’association, à la rencontre de communautés vivant en équilibre avec leur environnement, de l’Arctique à l’Antarctique, en passant par le Pacifique et l’Amazonie.
« J’ai travaillé pendant plus de quinze ans dans l’action humanitaire, notamment en Amérique centrale, dans les camps de réfugiés sahraouis, au Tchad ou encore en Syrie. Au fil de ces expériences, un même constat s’est imposé : quelles que soient les cultures, les croyances ou les systèmes politiques, les crises trouvent souvent leur origine dans un déséquilibre de l’accès aux ressources et des rapports de pouvoir », explique Marion Courtois.
À l’inverse, les peuples traditionnels rencontrés au cours de ces expéditions partagent des valeurs communes : transmission intergénérationnelle, sens du collectif, respect des limites naturelles et gestion raisonnée des ressources. Une conviction qui a guidé la création de Maewan et ses programmes d’exploration mêlant recherche scientifique, socio-anthropologie, éducation et coopération avec les territoires.
Créée avec Erwan Le Lann, guide de haute montagne et spécialiste des expéditions extrêmes, l’association s’appuie aujourd’hui sur un réseau d’une centaine d’experts, parmi lesquels des ethnologues, biologistes, glaciologues, éducateurs et sportifs. Ensemble, ils travaillent sur des problématiques variées, allant de l’élevage intensif du saumon en Patagonie à la promotion d’un tourisme plus durable en Polynésie.
Aujourd’hui, Maewan structure son action autour de trois grands axes. Le premier est consacré au plaidoyer pour la protection de l’océan, notamment à travers l’accompagnement de la mise en œuvre du traité sur la haute mer et le développement des aires marines protégées.
« L’océan couvre 71 % de la surface de la Terre et produit près de la moitié de l’oxygène que nous respirons. Sa protection est un enjeu majeur pour répondre aux défis climatiques », souligne Marion Courtois.
Le deuxième axe concerne l’éducation au développement durable. L’association intervient dans les établissements scolaires, de la maternelle à l’université, afin de reconnecter les jeunes au vivant. Cette mission apparaît d’autant plus essentielle que les enfants passent aujourd’hui beaucoup moins de temps dans la nature qu’il y a quelques décennies.
Enfin, le troisième volet vise à accompagner les territoires dans leur transition écologique. L’association travaille avec des collectivités, des entreprises et des filières économiques afin de développer des modèles plus résilients face aux changements climatiques.
Chaque année, Maewan sensibilise près de 150 000 personnes, forme environ 1 500 enfants et accompagne plusieurs filières économiques, notamment dans les secteurs du tourisme de montagne et de la pêche.
Pour Marion Courtois, les entreprises ont également un rôle central à jouer dans cette transformation. « La transition écologique est l’affaire de tous. Les associations, les pouvoirs publics et les entreprises ont des rôles complémentaires. Protéger l’océan, c’est protéger le vivant, mais c’est aussi préserver notre économie et notre avenir collectif », estime-t-elle.
L’association prépare désormais une nouvelle expédition de trois ans en Arctique. Celle-ci réunira scientifiques et représentants des peuples du Nord — Samis, Yakoutes, Inuits et Inupiaks — afin d’étudier les effets du réchauffement climatique et de soutenir le développement d’aires marines protégées.
« L’Arctique est en train de devenir un sanctuaire pour de nombreuses espèces, mais aussi l’un des territoires les plus menacés par le changement climatique et l’intensification des activités humaines. Comprendre les solutions développées par les peuples qui y vivent depuis des générations est essentiel pour imaginer les réponses de demain », conclut Marion Courtois.


















