Saïd Ihammouine

Président et Fondateur

, NeoEarth

Pourquoi les microalgues ont des supers pouvoirs ? 

Saïd Ihammouine est le président et fondateur de NeoEarth, une entreprise qui s’est donnée pour mission de démocratiser les microalgues. 

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« Les microalgues sont le fer de lance de la lutte contre la décarbonation. Ce sont des micro-organismes photosynthétiques, donc comme les plantes, elles vont capter le CO2 pour fabriquer tout un tas de molécules qui sont autant d’alternatives à plusieurs produits polluants. Et, comme les bactéries, elles vont se multiplier de manière exponentielle, ce qui en fait l’organisme photosynthétique avec le rendement de capture au mètre carré le plus important de toute la Terre”, explique Saïd Ihammouine. 

Les microalgues sont capables de coloniser quasiment toute la biosphère. On en retrouve en Antarctique, sur terre, sur les arbres, dans l’air, un peu partout. Mais principalement, dans l’eau, à 90%. 

On dit que la terre a deux poumons, un poumon vert et un poumon bleu. Et le poumon bleu, c’est le celui des microalgues qui captent 50 % du CO2 atmosphérique”, précise Saïd Ihammouine. 

Au-delà de ce super pouvoir, le potentiel des microalgues est quasi infini. Elles produisent tout un tas de molécules originales, par exemple anticancéreuses, d’autres qui représentent des alternatives aux protéines animales, à la vitamine B12 présente dans la viande rouge, aux oméga 3 qu’on trouve dans le poisson, dans le saumon notamment. Et tout en produisant tout ça, elles consomment du CO2 ! 

« C’est pour ça que l’OMS a décrété que les microalgues seraient l’aliment du XXIe siècle, car elles sont capables de produire tout un tas de molécules avec des rendements inégalés aux protéines animales ou aux produits extraits du poisson”, précise le fondateur de NeoEarth.

Il n’y a donc vraiment que des avantages aux microalgues, à part encore leur coût de production. « On est parfois obligé de produire des tonnes de microalgues pour extraire 3 à 4 % des molécules qui nous intéressent et le reste, on le jette à la poubelle ou on le recycle, mais en tout cas, ça ne nous sert pas. C’est pour ça qu’on a encore du mal à concurrencer les produits d’origine animale ou chimique, notamment les bioplastiques. Donc notre mission, c’est de réduire le coût de production des microalgues”, insiste Saïd Ihammouine.

Pour cela, NeoEarth a deux solutions. La première est de créer de nouvelles souches de microalgues, en les sélectionnant, un peu comme les agriculteurs ont pu le faire jadis avec le maïs, jusqu’à obtenir celui qu’on connaît aujourd’hui, plus gros et plus nutritif. “On a déjà réussi à augmenter le rendement de plusieurs souches de l’ordre de 90 à 100%”. 

Et en termes de volume, la société a également développé un nouveau procédé de culture baptisé « photo bioréacteur membranaire » qui permet de cultiver les microalgues en offshore dans leur milieu naturel, donc dans l’océan et à très faible coût. 

Le marché des microalgues représente entre 5 et 10 milliards de dollars par an, avec une croissance de 10% chaque année. Certains industriels produisent des centaines de tonnes de microalgues tous les jours. NeoEarth va leur louer les souches qu’elle a créées en échange de royalties reversées sur leur production. Souches qui vont leur permettre de produire plus en utilisant moins d’eau, moins d’énergie, et de faire des économies d’échelle également. A terme, la start-up souhaiterait s’associer et cocultiver avec ces industriels.

« Notre enjeu est de démocratiser les microalgues, d’en faire un produit qui sera consommé quotidiennement par l’ensemble de la population mondiale, avec des bienfaits incroyables pour la santé« , conclut Saïd Ihammouine.

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