L’idée de EVAL-LAB, c’est amener la rigueur académique dans la mesure d’impact, sans sacrifier les besoins du temps opérationnel, pour pouvoir permettre aux associations, ou aux ministères, de pouvoir prendre des décisions rapidement.
« Quand on regarde la littérature scientifique des projets qui ont été évalués, la véritable conclusion, c’est qu’avoir de l’impact est très loin d’être automatique et c’est même très compliqué”, annonce Thomas Escande.
Par exemple, une étude réalisée en 2020 où plusieurs centaines de projets d’éducation ont été évalués de manière scientifique a révélé que, dans plus de 70% des cas, l’impact était soit très faible, soit nul, soit négatif.
“Le milieu de l’ESS, le milieu de l’associatif, est parfois porté par des intuitions, ont une envie de bien faire qui ne se traduit pas nécessairement sur le terrain”, explique Thomas Escande.
« On considère l’impact comme étant ce que je deviens avec un programme versus ce que je serais devenu sans, tout étant égal par ailleurs. Mais on sait qu’on est soumis à énormément de pressions, de forces sociales, culturelles, politiques, qui nous ramènent toujours un peu à notre point de départ”.
En effet, il peut y avoir une différence entre ce qui est pensé comme étant le projet et la manière dont il est mis en place sur le terrain, par des bénévoles ou des personnes de l’association, et avec des désalignements ou des tensions qui ne sont pas nécessairement perçus.
S’il y a des taux d’absentéisme importants dans un programme de mentorat, par exemple, on ne s’attend pas à ce qu’il ait nécessairement d’impact, parce qu’il n’est pas mis en place à son potentiel maximal.
« On travaille aussi dans des pays en voie de développement. Une des interventions les plus efficaces, c’est de donner des moustiquaires pour dormir, pour protéger des maladies avec des impacts très forts. Et on se rend compte que dans certains contextes, les personnes vont les utiliser comme des filets de pêche”, raconte Thomas Escande.
Alors EVAL-LAB va, pour chaque organisation, identifier des problèmes, des limites, tester différentes solutions et ensuite garder, adopter les propositions, les types de mise en place ou de projets qui ont le plus d’impact.
« Ce qu’on essaie de faire, c’est d’aller vraiment très loin dans cette réflexion autour de l’impact, autour de comment est-ce que les gens réagissent, comment est-ce que les gens réagissent différemment en fonction de leurs spécificités, d’amener ce côté vraiment très rigoureux qu’on peut retrouver dans le monde académique”, conclut Thomas Escande.