Actual School, ce sont différents parcours de formation, des écoles de commerce traditionnelles et d’autres plus originales sous forme de bootcamps. Parmi elles, Holberton qui forme des développements informatiques avec une approche pédagogique innovante, dans la mesure où la formation se fait sans professeur, ni cours ni salle de classe.

Une école créée par un groupe d’amis, dont Julien Cyr, à San Francisco il y a une dizaine d’années pour répondre à l’enjeu de la pénurie de talents dans les entreprises de la Silicon Valley, en termes de capacités de développement informatique.

Un goulot d’étranglement s’était créé car la formation de ces talents prenait beaucoup de temps, en général 5 ans dans une université ou dans des écoles privées, qui n’étaient pas forcément accessibles à cause de barrières financières ou de projection dans le monde de l’éducation supérieure pour des gens dans des familles qui n’ont jamais fait d’études, mais aussi des barrières de temps. Tout le monde n’a pas 5 ans pour se former”, explique Julien Cyr.

De multiples freins qui ont eu pour conséquence une pénurie de personnes formées, d’abord aux États-Unis, puis dans le monde.

Alors le groupe d’amis s’est donné pour mission de former des ingénieurs en développement logiciel qualitatif et sans barrières à l’entrée, des professionnels capables de s’intégrer rapidement dans le monde de l’entreprise.

Pour ce faire, Holberton School s’appuie sur du logiciel. “Et ce n’est pas une volonté en soi que d’avoir voulu gommer le professeur. C’est plutôt qu’il faut de nombreux professeurs pour former de nombreux étudiants dans un environnement classique, ce qui est concrètement très difficile à obtenir”.

Alors, le groupe d’ingénieurs a développé une plateforme qui permet de mettre à disposition des étudiants des projets tutorés. Chaque jour, ils vont recevoir des travaux à réaliser, guidés pas à pas. Plus le temps va passer, plus la complexité de ces projets va augmenter et aussi plus ils vont devenir autonomes.

La solution s’appuie sur une intelligence artificielle qui va venir apporter du feedback aux étudiants sur tout ce qu’ils produisent en temps réel, de manière à ce qu’ils progressent à leur rythme.

Mais on est quand même dans une école, c’est-à-dire qu’il y a un campus physique sur lequel on accueille nos étudiants. Ils vont travailler ensemble sous forme de cohortes”, précise Julien Cyr.

Une formation qui permet de s’adapter très rapidement à un monde en constante évolution. “L’IA fait quelque part peur parce que tout change. La façon d’apprendre change, les attentes des personnes changent, le monde du travail est bouleversé. Mais finalement, on commence à comprendre que ce n’est pas l’homme face à l’intelligence artificielle, mais l’homme avec l’intelligence artificielle face à l’homme seul. Et c’est ça qu’il faut intégrer”, explique Julien Cyr.

On va effectivement aller dans un monde où on aura des équipes mixtes entre des hommes et des machines, mais il faut créer de la cohérence entre tout ça et cette créativité, cette architecture, cette intelligence humaine, en fin de compte, on aura encore besoin de l’exercer”, conclut Julien Cyr.