Mathieu Pucheault

Président

, Synboli

Pourquoi l’IA permet de développer de nouvelles matières en un temps record ?

Mathieu Pucheault est le président de Synboli, qui étudie et découvre de nouveaux polymères, qui soient plus respectueux de l’environnement et plus performants. 

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Les polymères sont des macromolécules, c’est à dire de très grande taille, qui sont composées de monomères, des petites molécules qu’on a accrochées les unes aux autres, sous forme de colliers de perles, mais on peut aussi les tisser entre elles et ensuite avoir des matériaux qui sont très complexes”, explique Mathieu Pucheault. “On peut choisir la taille, la forme et la couleur de la perle, et donc ça donne une extrêmement grande variété en termes de structure pour ces polymères”. 

Les polymères, on en a sur nous, à côté de nous, en nous, puisqu’il existe des polymères naturels, comme l’ADN, les protéines, la cellulose, la lignine. Et puis on a des polymères synthétiques, les fibres des vêtements que l’on porte, les plastiques, les contenants, utilisés aussi en pharmacie, par exemple pour transporter les médicaments dans le sang, comme excipient, comme emballage, dans nos lunettes, les tables sur lesquelles on mange ou travaille, les chaises sur lesquelles on s’assoit. 

Le premier polymère qui a été découvert est le caoutchouc, qui vient de la sève de l’hévéa. Et le premier polymère à avoir été synthétisé date de 1903, précise Mathieu Pucheault. 

Synboli utilise l’intelligence artificielle pour concevoir de nouveaux polymères. “Depuis maintenant 120 ans, quand on créé de nouveaux polymères, on part de structures que l’on connaît et on essaie de changer un peu la couleur, un peu la forme de certaines de ces perles pour atteindre des performances innovantes”. 

Synboli fonctionne dans le sens inverse. C’est-à-dire que la société détermine au préalable quel type de performance elle souhaite et demande à l’IA la recette pour obtenir le polymère le plus adapté. 

Il y a de gros enjeux environnementaux directs, comme trouver des polymères plus respectueux de l’environnement, biodégradables ou qui permettent d’utiliser moins d’eau dans certaines fabrications, et d’autres indirects, comme créer de nouveaux polymères qui permettront de fabriquer des batteries plus performantes, ce qui contribue à la mobilité électrique et emmène donc un impact environnemental certain. 

Et il y a aussi des enjeux techniques sur certains segments où actuellement il n’existe pas de solution pour répondre aux besoins. 

En général, ce qu’on apporte, c’est surtout de la rapidité. On est capable de découvrir de nouveaux polymères finalisés en 3 à 9 mois, au lieu de 2 à 4 ans au préalable. Donc, quand il y a des changements de réglementation, quand on s’aperçoit que quelque chose est toxique et n’est plus souhaitable, on est capable de trouver une solution de substitution très rapidement”, conclut Mathieu Pucheault.

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