C’est en 2016, alors qu’elle est étudiante en master à Paris, que Camila Ríos Armas se rend à Calais en tant que bénévole pour une association. Là, elle rencontre de nombreux réfugiés, bénéficiant d’un haut niveau de qualification dans leur pays, et qui l’interrogent sur la façon de reprendre leurs études en France. Elle commence par se renseigner avant de décider de proposer elle-même des solutions, en créant UniR.
« Nous portons un très gros effort, au sein de l’association, sur la lutte contre le déclassement professionnel en donnant aux personnes les clés et les opportunités pour qu’elles puissent continuer à être actives dans leur métier, dans les carrières dans lesquelles elles ont déjà des expériences ou dans lesquelles elles ont envie d’être”, explique Camila Ríos Armas.
Le déclassement professionnel est un phénomène très présent chez les personnes étrangères et spécifiquement réfugiées. Pour quelqu’un qui était médecin, avocat, procureur, dentiste, journaliste, dans son pays d’origine, il est très difficile de s’insérer dans les mêmes domaines d’expertise, puisque de nombreuses professions sont lourdement réglementées en France.
“On peut le voir d’un point de vue professionnel, dans le sens où la personne ne peut pas travailler dans les domaines dans lesquels elle a une expérience, mais le déclassement professionnel entame aussi un déclassement de classe, c’est-à-dire que des personnes qui avaient un statut social dans leur pays d’origine se retrouvent à recommencer de zéro”, précise Camila Ríos Armas.
Enfin, le déclassement professionnel a aussi des conséquences au niveau émotionnel, au niveau de la santé mentale. “Donc c’est un phénomène assez complexe et qui met la personne dans une situation de vulnérabilité et pas uniquement du point de vue matériel, mais aussi du point de vue humain et mental”, précise-t-elle.
UniR a donc développé un programme d’accompagnement personnalisé à la reprise d’études et à l’insertion professionnelle.
« Si on a la capacité de bien accueillir des personnes réfugiées et qu’on leur donne les outils pour qu’elles puissent ensuite s’épanouir, l’ensemble de la société va aller mieux”, conclut Camila Ríos Armas.

















