A l’origine, Zero Waste France s’appelait le CNID, le Centre National d’Investigation et d’Information sur les Déchets, et qui, petit à petit, a évolué, a construit à la fois son expertise sur les sujets de déchets, mais aussi de responsabilité élargie du producteur, de régulation des déchets, qui a aussi étendu son empreinte à travers un réseau de groupes locaux qui s’investissent, se mobilisent pour la réduction des déchets à l’échelle locale.
La réduction des déchets peut se faire par une action individuelle et des changements de pratiques au quotidien. Au sein de ses groupes locaux, l’association mène des actions de sensibilisation pour expliquer comment réduire notre consommation de produits du quotidien, de vêtements, comment davantage trier nos biodéchets, favoriser le vrac, le réemploi, pour réduire notre consommation d’emballages plastique.
Mais la volonté de l’ONG est de faire advenir des changements beaucoup plus systémiques et collectifs, qui passent par un changement de régulation, de mode et d’échelle de consommation.
Zero Waste France a été très actif dans la construction de la loi AGEC. “On milite pour que le vrac et le réemploi aient une place de plus en plus importante au sein de la grande distribution, à des prix qui soient plus accessibles, pour que petit à petit, on réduise notre addiction, notre dépendance au plastique, à l’emballage plastique à usage unique”, insiste Bastien Faure.
De la même manière, dans d’autres secteurs, que ce soit l’ameublement ou le textile, Zero Waste France se mobilise pour que le réemploi et la réparation soient davantage valorisés et aidés. « Et on milite également pour une réduction à la source, comme dans le secteur du textile typiquement”.
On a aujourd’hui une consommation d’habillement qui explose. Un Français achète un vêtement presque chaque semaine ou, en tout cas, un vêtement est produit pour lui chaque semaine. “Donc on insiste pour qu’on ait une consommation plus raisonnée, pour un changement de récit et de croyances autour de notre consommation. On essaie de mettre en avant des modes de consommation plus sobres”.
Zero Waste France fait par ailleurs partie de la coalition Stop Fast Fashion depuis sa création.
La mission de Zero Waste France est d’abord d’informer. « On analyse, on écrit, on étudie, on produit des rapports et par exemple on essaye de mettre à l’ordre du jour et à l’ordre du débat public des sujets qui nous semblent critiques en termes de réduction des déchets, de gaspillage de nos ressources« .
Ensuite, l’ONG mène un travail de plaidoyer pour tenter de faire avancer la réglementation. « On a un combat très fort, historique, pour dénoncer au fond les fausses promesses que fait l’industrie du recyclage qui est utilisé comme un mirage par la plupart des industriels du plastique pour qu’on continue avec un statu quo et une utilisation, notamment d’emballage plastique à usage unique« .
« Donc ça fait partie de notre travail de déconstruire ces discours et de faire en sorte que, à la fois le grand public mais aussi les décideurs, aient un regard éclairé sur ces sujets et que, collectivement, on réussisse à faire les bons choix pour réduire nos déchets à la source en priorité, et pas forcément croire que le recyclage va être la seule principale et unique solution pour améliorer un petit peu la situation« .
Des arguments parfois entendus, parfois retenus, et qui influencent la construction de la loi et les grandes lignes qui sont définies dans les politiques gouvernementales. « C’est aussi ça, au fond, une partie de nos succès« , conclut Bastien Faure.