Le café est une boisson consommée par la plupart des habitants de la planète. Il représente aussi le lien social, notamment en entreprise. Autour d’un café, on refait le monde, on échange.
« On trouvait ça très intéressant« , explique Laurence Mainaud. « Et nous on forme les personnes en situation de précarité au métier de barista. On les emploie pour travailler dans nos espaces café en entreprise et on les accompagne vers un emploi stable dans la restauration, l’hôtellerie. »
Le métier de barista a de plus en plus de succès, avec l’ouverture de nombreux coffee shops ces dernières années à Paris et dans les grandes villes. Il a l’avantage d’être accessible facilement, sans diplôme élevé. Et il apprend la rigueur, la technicité des gestes. Il faut savoir utiliser un matériel spécialisé, des machines à percolateurs professionnelles. Il y a des connaissances à acquérir sur le réglage du moulin, l’extraction du café, bien faire monter son lait et ensuite avoir le geste pour performer en Latte Art.
Mais l’essentiel, c’est le service client. « Nos baristas apprennent à bien accueillir les clients, à retenir les visages familiers, les commandes, parce que c’est toujours sympa quand on arrive et que le barista sait déjà ce qu’on va commander le matin, » précise Laurence Mainaud.
Les stagiaires vont commencer par une semaine intensive et ensuite prendre place dans les espaces café en entreprise, en binôme avec des baristas encadrants qui sont des professionnels avec plusieurs années d’expérience. Ils apprennent ainsi sur site. Ainsi, ils peuvent petit à petit commencer à tenir des espaces café en autonomie pour être prêts pour décrocher un CDI.
En France, Change Please a formé 57 personnes, dont 21 l’année dernière. En Angleterre, où le projet a débuté, ce sont plus de 200 baristas formés par an. Là, ils ont ouvert 11 coffee shops et vans accessibles au grand public.
« En France, on a développé un modèle de corner café en entreprise. Pour les entreprises d’une taille suffisamment grande pour avoir un espace cafétéria dans leurs locaux, on propose un service clé en main où on peut gérer le corner café, » explique Laurence Mainaud. Donc les entreprises payent une prestation pour subventionner le café à leurs collaborateurs, soit des boissons avec un menu sponsorisé dans leurs locaux.
Change Please propose également la vente de café en grains. Donc toutes les entreprises de toutes tailles peuvent les soutenir avec 100 % des bénéfices de la vente du café qui financent le programme d’insertion. Désormais, c’est également possible pour les particuliers.
A l’issue du parcours, ce sont 70 % de sorties en CDI, souvent dans le milieu de la restauration collective. Certains se prennent de passion pour le café et souhaitent travailler dans des coffee shops. D’autres occupent désormais des postes de managers et forment des baristas chez leurs nouveaux employeurs.
« Selon la Stanford Innovation Review, une des clés pour sortir de la précarité n’est pas tant un logement ou même un travail en soi. Même si c’est quand même ce sur quoi on a décidé de se concentrer. Mais c’est vraiment ce côté lien social et donc le métier de barista permet d’être revalorisé dans la société, en plus de décrocher un emploi, » conclut Laurence Mainaud.

















