Eloïse Bloit

Directrice

, Pépins Production

Pourquoi faire (re)pousser la nature en ville ?

Eloïse Bloit est la directrice de Pépins Production, association créée il y a une dizaine d’années pour accompagner le mouvement de végétalisation urbaine, en produisant des plantes en ville. 

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« Lorsqu’on habite en milieu urbain, beaucoup de plantes que l’on trouve dans le commerce ne proviennent pas de circuits de production très vertueux. Et ce ne sont pas forcément les plantes les plus adaptées non plus. Sans compter qu’il n’y a pas beaucoup de variété dans ce qui nous est proposé. Alors, l’association s’est créée pour produire des plantes en ville”, raconte Eloïse Bloit. 

Pépins Production, c’est avant tout un lieu, une serre et des espaces extérieurs, qui permet de mettre en pratique les valeurs de l’association que sont le participatif, l’insertion, la rencontre, la collaboration entre personnes de différents horizons. 

Dans ce lieu, on y produit des plants. Pour cela, il faut des graines ou des boutures d’autres plants, de la terre, des pots.  “On travaille avec des semenciers artisanaux qui produisent des semences vivantes, appelées aussi semences paysannes. Ça peut être aussi des semences qu’on récolte sur place, ou sur d’anciennes cultures, ou par le réseau des jardiniers autour de nous, et avec lesquelles on fait des boutures”, explique Eloïse Bloit.

L’idée, c’est aussi d’offrir de la diversité aux gens, de les familiariser avec une multitude de plantes, herbacées, ligneuses, petits arbres, arbustes, plantes potagères, aromatiques, ornementales, mais aussi des plantes sauvages ou locales qui favorisent la biodiversité, laquelle est malmenée par la destruction des sols. 

Les moments de production de plantes sont ouverts au public et se réalisent à l’aide d’une communauté de bénévoles qui vient aussi toutes les semaines faire du rempotage, des semis. Dans une autre pépinière, on retrouve une équipe qui utilise le jardinage comme levier d’insertion. Des animations sont également organisées dans des écoles avec des structures sociales. Les plantes sont, enfin, vendues sur place, directement du producteur à l’acheteur, sans intermédiaire. 

Les plantes en ville, ce ne sont pas que des indices d’oxygène, de biodiversité, il y a aussi quelque chose de sensible et je pense qu’on en est toutes et tous convaincus. Quand on est enfant, c’est un peu une pulsion primaire de les toucher et de les manipuler« , précise Eloïse Bloit. « Et ensuite, c’est le plaisir de semer une graine, de planter, de voir pousser, regarder comment les plantes s’accordent entre elles, ou pas d’ailleurs, comment elles se plaisent ou pas. On est attentif à un autre qui est le végétal, à des autres qui sont très différents de nous, les humains« . 

« Les pépinières, c’est aussi basiquement, pour des gens qui ont peu l’occasion de sortir de la ville, un espace où ils peuvent être en contact direct avec la nature, avec ce qu’elle apporte sur la santé mentale, de calme, de déconnexion du rythme urbain et de connexion à ses rythmes naturels”, conclut Eloïse Bloit.

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