Les Écoles de production O’TECH, c’est un réseau de 80 écoles à travers la France, et dont la fédération est basée à Lyon, pour lesquelles institutionnels et industriels locaux se mobilisent pour créer une association et former des jeunes à des métiers dans un besoin de recrutement très fort.
Des associations toutes indépendantes mais qui suivent une pédagogie commune, celle du “faire pour apprendre”. “On inverse un peu la pédagogie classique”, explique Bruno Batailly. “Donc nos jeunes sont recrutés uniquement sur leur motivation. On ne regarde pas le parcours scolaire. On a coutume de dire qu’on est fait pour des jeunes qui n’aiment pas être assis sur une chaise toute une journée”.
Ce “faire pour apprendre” va se matérialiser par deux tiers du temps de présence à l’atelier. Le reste étant réservé à l’enseignement général, nécessaire pour obtenir leur CAP, mais surtout en lien avec leur activité professionnelle.
À Compiègne, on prépare au métier d’usineur, dit autrement de tourneur-fraiseur, de chaudronnier et de soudeur. Sur d’autres sites, on va retrouver du maraîchage, de la joaillerie, de la scierie, de l’automobile, du textile, toujours en rapport avec le besoin local.
« On forme les jeunes dans de vraies conditions, des conditions réelles de production puisque pendant ces 2/3 du temps, ils fabriquent des commandes pour de vrais clients, que l’on facture réellement. Ça vient amener une forme de fierté”, raconte Bruno Batailly.
Les classes sont limitées à 12 élèves maximum, ce qui permet des parcours individualisés. Ce sont près de 2 000 jeunes actuellement en cours de formation en France.
Des formations qui permettent dans un premier temps de maintenir des métiers en voie d’extinction dans les territoires, sans compter les départs à la retraite à venir dans les prochaines années. Et puis un autre enjeu majeur est celui de la réindustrialisation.
« L’objectif est de continuer à développer pour chaque territoire son école de production très adaptée en local. On va avoir notre petite contribution à la réindustrialisation, en tout cas on l’espère”, conclut Bruno Batailly.

















