« L’accès aux soins fait partie des éléments les plus importants pour les Français”, précise Alexandre Chéroux. Lui-même est surpris et déçu, après ses études, de pas trouver de remplacements à effectuer dans le village dont il est originaire, dans le Lot-et-Garonne.
Le territoire est en demande, mais l’attractivité ne suit pas. Partant de ce constant, germe l’idée de créer une solution adaptée, Doc Tripper.
En Corrèze, où il s’est installé depuis, il organise une réunion fin 2023, qui rassemble une quarantaine de confrères des environs, lesquels ont prévu de prendre des congés pour les fêtes de fin d’année, mais n’ont même pas cherché à trouver de remplaçants, convaincus que les candidats potentiels ne seraient pas intéressés à venir dans un territoire jugé peu attractif.
Alexandre Chéroux leur propose de mettre leurs annonces sur la plateforme et de tester, avec l’appui des collectivités. “On a eu donc des premières annonces qui étaient co-créées, puis enrichies par les communes. Et ensuite, on est allés avec les élus présenter tout ça en amphi à la fac de Bordeaux, aux 6e année, qui sont les candidats potentiels. On a eu les premiers matching, les premières expériences. Et puis petit à petit, ça s’est étendu à la Nouvelle-Aquitaine, puis au niveau national. Et aujourd’hui, on a des annonces partout en France métropolitaine et dans les DOM-TOM”, raconte Alexandre Chéroux.
Depuis le début de l’année 2025, Doc Tripper adresse toutes les autres filières de santé, médicales, paramédicales, animales également. Cent-trente collectivités territoriales ont adhéré au dispositif, qu’elles accompagnent dans cette valorisation du territoire et cette stratégie d’attractivité. C’est-à-dire qu’elles vont permettre, par exemple, des loyers à prix très avantageux ou parfois gratuits, selon les zones ou la période de l’année, et l’accès aux offres sportives et culturelles locales.
Doc Tripper va solliciter des acteurs locaux privés, des clubs sportifs professionnels qui mettent à disposition des places de match par exemple, des restaurants, des spas, des salles de fitness pour des partenariats et tarifs préférentiels, “parce qu’on parle de santé des habitants, mais elle a aussi un lien très fort avec la santé économique d’un territoire”.
“C’est un peu une expérience all-inclusive, et en fonction de ses centres d’intérêt, de son appétence, le jeune professionnel de santé va pouvoir aller découvrir tel et tel truc. Et puis, s’il n’a pas le temps de tout voir, ce sera justement une envie de revenir pour pousser un peu plus. C’est l’idée de partir de quelque chose de peu engageant, le stage, le remplacement de quelques jours, pour donner envie à ce jeune de revenir en faire un deuxième, puis un troisième, et peut-être s’installer plus tard. C’est comme ça que je me suis installé dans le coin moi-même”, s’enthousiasme Alexandre Chéroux.