Thierry Ziegler

Cofondateur

, ByoRNA

Pourquoi produire de l’ARN messager dans de la levure ? 

Thierry Ziegler est le cofondateur, et le directeur technique et opérationnel de la société ByoRNA, qui fabrique de l’ARN messager dans de la levure, afin de le rendre moins couteux à produire et donc plus accessible pour des traitements innovants pour le plus grand nombre. 

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L’ARN messager est un intermédiaire qui va chercher l’information présente dans l’ADN et la traduire sous forme de protéines, qui composent la majorité de nos cellules et servent à tout le mécanisme autour de la digestion, de l’intelligence”, explique Thierry Ziegler. 

Découvert dans les années 60 par un chercheur français, François Jacob, l’étude de l’ARN messager a permis de réaliser qu’il pouvait être un médicament en soi, car il permet de transmettre un message à notre organisme associé à une maladie. 

Dans le cas d’une vaccination, le message est un antigène, c’est-à-dire un morceau du virus qui n’est pas actif. Ce message va être transformé par la cellule en une protéine qui va être détectée par notre système immunitaire, lequel va générer des anticorps, explique Thierry Ziegler. 

Mais l’ARN pourrait être utile pour traiter de nombreuses autres maladies, en particulier le cancer, afin d’exacerber le système immunitaire et l’éduquer pour reconnaître une cellule cancéreuse, mais également des maladies rares, des maladies chroniques, pour remplacer une protéine qui est déficiente, comme l’insuline dans le cas du diabète.

Donc on se rend compte que l’ARN messager peut être un traitement thérapeutique révolutionnaire parce que relativement simple à produire et qui disparaît avec le temps”. Mais l’ARN messager coûte cher à produire, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers d’euros le gramme, car dépendant de produits achetés en Chine et aux Etats-Unis principalement, ce qui a pour conséquence de faire grimper les prix des doses de vaccins basées sur l’ARN par rapport à un vaccin classique. 

C’est ce que ByoRNA propose de changer, c’est-à-dire proposer un moyen de produire cet ARN à un coût beaucoup moins prohibitif et donc donner accès à tous les patients à des traitements innovants, en travaillant avec une technologie inventée par l’une des cofondatrices de la société, Chantal Pichon, qui est de produire de l’ARN dans de la levure. 

L’avantage est que la levure peut produire un ARN complet sans nécessiter de matières premières exotiques, puisqu’une levure, c’est ce qu’on a dans le pain, dans la bière, un milieu de culture très simple et surtout à des échelles très importantes, puisque utilisée dans l’agroalimentaire et également dans le pharmaceutique pour produire des protéines”, explique Thierry Ziegler. 

Donc impact social, impact écologique, mais surtout la volonté d’aider son prochain, qui est vraiment l’ADN de ByoRNA. C’est une équipe de gens experts compétents qui œuvrent à aider les patients à avoir accès à des traitements innovants”, conclut Thierry Ziegler. 

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