L’épargne de Français représente 6 000 milliards d’euros, dont 2 000 milliards d’assurance vie. Un levier aujourd’hui sous-utilisé pour financer les acteurs de la transition écologique.

C’est pourquoi, pour faire cohabiter l’épargne et l’impact, Arthur Aubœuf et Joseph Choueifaty ont créé un fonds qui permet d’allier les 2 mondes, Team for the Planet – Goodvest Sustainable Bonds by Ecofi. Il s’agit d’un fonds 90/10, avec 90 % d’obligations durables qui sont faites à des entreprises de grande taille ou à des États, pour financer des projets très concrets.

Ce qu’on a pu financer chez Goodvest, ce sont les obligations du Grand Paris, les nouvelles lignes de métro, ça va être des projets éoliens en Europe. C’est la partie du fonds qui permet d’avoir de la liquidité, donc de garder l’argent disponible, qui permet à un épargnant sur une assurance-vie, s’il a un projet à 3 ans, de pouvoir récupérer son épargne et d’avoir un risque limité, puisque ce sont des prêts plutôt matures, sur lesquels il y a très peu de défauts”, précise Joseph Choueifaty.

Et à côté de cela, jusqu’à 10% qui vont être investis dans les actions de Team for the Planet.

Par exemple, pour Monomeris Chemicals, une solution de recyclage du plastique. Il s’agit d’un système de bain ionique, de combinaisons de sels fondus jusqu’à 500 degrés et dans lesquels on peut mettre tous les plastiques, même mélangés, qui passent à l’état gazeux, ce qui permet de séparer les différents monomères et revenir à de l’hydrogène ou de l’éthylène. Et donc créer autre chose que du plastique, des médicaments, des engrais, des textiles.

Autre exemple avec Seaturns qui créé de l’électricité à partir des vagues, c’est-à-dire de l’énergie houlomotrice, qui pourrait produire 10% de l’électricité mondiale, soit l’équivalent du nucléaire dans le monde aujourd’hui. Et la France, grâce à ses côtes extrêmement bien exposées avec des houles parfaites, a une carte à jouer dans le houlomoteur.

« Donc typiquement, ça fait partie des solutions qu’on peut financer avec son épargne grâce au fonds”, explique Arthur Aubœuf.

Les innovations que l’on porte n’ont pas besoin de 500 millions d’euros pour émerger. Notre valeur ajoutée est justement d’intervenir à un moment absolument charnière, au tout début, où les capitaux ne sont pas monstrueux en termes de nécessité. En revanche, ce qui compte vraiment c’est la structure, ce sont les capitaux au bon endroit et ce sont les bonnes équipes pour lever les verrous. Si ce mouvement n’a pas lieu, ces boîtes disparaissent, alors qu’elles peuvent tout changer”, conclut Arthur Aubœuf.