Jean-Louis Kiehl

Président

, CRÉSUS

Pourquoi promouvoir l’éducation financière ? 

Jean-Louis Kiehl est le président du réseau CRÉSUS, constitué d’associations locales rassemblées en une fédération, et de la Fondation CRÉSUS qui œuvre dans le domaine de l’innovation sociale. 

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CRÉSUS est né il y a 35 ans en Alsace-Moselle sous le nom de SOS Surendettement. La vocation première et inchangée était d’accueillir les ménages et les entrepreneurs qui connaissaient des difficultés, les aider à trouver des solutions et à constituer leur budget. 

A partir de 2003, CRÉSUS s’installe peu à peu sur l’ensemble de la France. Aujourd’hui, ce sont 27 associations et 500 bénévoles qui rencontrent 23 000 nouveaux ménages chaque année sur 200 points d’accueil. 

En 2008, la fédération créé la Fondation CRÉSUS, chargée de faire de la prévention du surendettement, avec plusieurs axes d’action. D’une part, proposer aux entreprises, aux banques, aux sociétés financières, assureurs, d’orienter les personnes qui rencontrent des difficultés, plutôt que leur couper les vivres. Le banquier, l’assureur, l’employeur prend rendez-vous auprès d’une plateforme animée par des banquiers formés à l’action sociale pour son salarié, son client, son adhérent. 

On intervient comme médiateur auprès des créanciers pour éviter le surendettement avec un impact formidable”, raconte Jean-Louis Kiehl. “Des gens qui venaient, qui allaient divorcer, se séparer, se suicider, retrouvent du courage”. 

Deuxième axe, celui de l’éducation financière. Chaque année, 170 000 jeunes sont entrainés et formés à comprendre et constituer un budget. Un deuxième programme d’initiation vise le sujet de l’entrepreneuriat et un troisième forme à l’assurance, à l’épargne et à la préparation de la retraite. 

CRÉSUS a également créé un outil dénommé BGV, Budget Grande Vitesse, qui en deux minutes permet de calculer son budget et de se connecter aux 900 aides sociales existantes pour appeler à l’aide en cas de difficultés. 

Autre outil numérique, le Coup de Pouce Emploi, permettant à des publics qui cherchent du travail de se faire financer l’achat d’une voiture, avec des mensualités de 100 € de remboursement. CRÉSUS apporte, au travers du Fonds de cohésion sociale, une garantie en cas d’impayés. “Mais croyez-moi, sur les microcrédits qu’on fait, on a moins de 2% de défaillances”, s’enthousiasme Jean-Louis Kiehl. 

Enfin, la fédération est en train de travailler sur un outil qui permettra, sur la base d’un extrait de banque, d’obtenir une analyse budgétaire en temps réel, ainsi que des conseils tirés des parcours des 500 000 bénéficiaires déjà accompagnés, ce qui permettrait de changer d’échelle. 

« On donne à ces ménages à la fois le courage et l’envie de se battre. On leur redonne de la dignité, on leur dit qu’on arrivera toujours à résoudre les plaies d’argent. On leur permet à terme de devenir autonomes et de ne plus avoir à revenir à CRÉSUS, ce qui est quand même le but, que CRÉSUS disparaisse un jour. Si j’avais un mot pour caractériser notre action, je dirais qu’on est des faiseurs de paix”, conclut Jean-Louis Kiehl.

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