Didier Moinereau

Président

, Groupement de prévention agréé Île-de-France - GPA

Pourquoi (ré)insuffler l’espoir aux chefs d’entreprise ? 

Didier Moinereau est le président du Groupement de prévention agréé, le GPA Île-de-France, un dispositif prévu au code du commerce qui permet, dans un cadre de bénévolat absolu, d’aider des entreprises à prévenir les risques de défaillance. 

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« Je savais que c’était un sujet très compliqué, très particulier dès le départ, parce que le chef d’entreprise, l’entrepreneur, c’est l’animal le plus complexe qui existe sur Terre, dans le sens où c’est un combattant hors pair et qu’il pense toujours qu’il va y arriver seul”, introduit Didier Moinereau. 

Des caractéristiques qui font qu’il y a peu de chances que le chef d’entreprise vienne se signaler de lui-même aux GPA en cas de souci. Alors le Groupement de prévention agréé Île-de-France compte sur le réseau, des personnes elles-mêmes entrepreneuses, qui ont entendu parler ou utilisé le dispositif et qui le conseillent. 

Le GPA déploie également de l’information partout où il peut, auprès des CCI, des CMA, des banques, ou encore des tribunaux de commerce. 

« Un chef d’entreprise peut perdre pied quand il cumule des écueils, des échecs dans son quotidien, quand sa vie personnelle bascule, quand il se sent dépassé par la technologie, quand ses collaborateurs l’abandonnent dans leur dévouement”, énumère Didier Moinereau. “Et à partir du moment où il perd pied, on sait qu’il ne prend pas les bonnes décisions, on sait qu’il procrastine sur l’essentiel”. 

C’est là que le GPA intervient, tout d’abord grâce à une écoute bienveillante puis avec l’analyse du potentiel de l’entreprise, qu’il soit économique, humain ou technologique. “Sur l’aspect financier, on arrive toujours à trouver des solutions, mais notre vocation est l’accompagnement humain”, insiste Didier Moinereau.

Un accompagnement au travers duquel toutes les parties vont tenter de trouver des pistes de résolution. “Si c’est un manque de chiffre d’affaires, on va essayer de comprendre ce qui est arrivé, comment compléter, upgrader le panier moyen, compléter le business. Si ce sont des charges trop importantes par rapport à la réalité économique du moment, on va essayer de chercher comment on peut contracter ces charges, qu’elles soient de personnel ou fixes”, explique Didier Moinereau. Le tout avec tout un tas d’outils à disposition et des accès privilégiés auprès des hautes instances comme l’Urssaf et la DGFiP. 

« Mais surtout, le processus se fait en étroite co-construction avec le chef d’entreprise. Ce qu’on a surtout c’est un rapport collaboratif. On essaye de bâtir ensemble une solution, parce qu’il faut avant tout que le chef d’entreprise s’approprie ce moment de rebond. On fait bouger la perception de ce qui pourrait être un échec, que l’on transforme en potentiel développement. On combat la culture de l’échec qui engendre la culpabilité, par un état des lieux qui fait apparaître des notions de possibilités”, conclut Didier Moinereau.

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