“La précarité crée des troubles indirects de la relation avec le bébé”, annonce Samra Seddik. Stress, anxiété pour le lendemain, pour ces femmes réfugiées, isolées, parfois sans domicile. Forte de ce constat et touchée par des situations de femmes qu’elle a côtoyées par le biais de son travail, elle créée d’abord une page Facebook, puis une association, Un petit bagage d’amour, pour offrir le nécessaire à ces femmes afin de faciliter l’arrivée de leur bébé et ses premiers mois.
Produits d’hygiène, lait, petits pots, nourriture, habits, donnés principalement par des particuliers transitent par le local de l’association dans le quartier Saint-Sulpice à Paris.
« On a également pas mal d’entreprises qui nous aident en nous fournissant directement les produits ou en nous donnant des chèques pour les acquérir”, explique Samra Seddik.
En 2016, au moment de la création de l’association, 6 bagages par mois environ étaient distribués. Aujourd’hui, on en comptabilise 250 mensuellement à Paris, sachant qu’il y a une quinzaine d’antennes en France.
« Les femmes que l’on accompagne disent que vraiment on leur enlève ce problème-là, alors qu’elles en ont tant d’autres à gérer”, raconte Samra Seddik. “Donc c’est vrai que les retours sont toujours très touchants. Elles nous envoient des nouvelles des bébés, de l’accouchement, des photos avec les habits qu’on leur a donnés. On a des bénévoles qui gardent contact, qui se sont attachés à certaines familles, qui les suivent pour les anniversaires, les fêtes de Noël… C’est vraiment bouleversant tout ce qu’il se passe ici”.