“L’orientation aujourd’hui est marquée par un contexte global compliqué”, explique Julien Fernandez. “En gros, on demande à des jeunes de faire des choix d’orientation très tôt, qui vont engager leur avenir, alors même qu’ils ont une connaissance des métiers, des formations et du monde du travail assez limitée. Et puis, ce qui est aussi marquant, c’est que tous ces choix ne sont pas faits dans les mêmes conditions pour tous”.
Chez R2E, on pense que l’orientation est profondément empreinte d’inégalités sociales, territoriales et culturelles. Par conséquent, certains jeunes ont accès à des réseaux, des modèles, de l’information, alors que d’autres non.
“Par ailleurs, on demande à ces jeunes de faire des choix dans un monde qui est en train de changer profondément, avec notamment l’arrivée de l’intelligence artificielle. Avant, le modèle dominant était de faire 5 ans d’études pour sécuriser 40 ans de carrière. Ce modèle est en train de disparaître”, précise Julien Fernandez. Conséquence : un jeune sur deux regrette son choix d’orientation.
Ce qui va être valorisé dans les prochaines années, c’est plutôt la capacité à faire des liens, à avoir un esprit critique, à comprendre un contexte, à interagir, explique-t-il. “On parle évidemment des métiers manuels mais on ne pourra pas demain tous être plombier. À un moment, il y a des goulots d’étranglement qui seront présents. Et donc ça, c’est une partie de la solution, comprendre quelles sont les compétences de demain”.
L’idée étant donc de réfléchir à la manière de préparer au mieux les jeunes à ce monde. Et la conviction de R2E est qu’une des clés de ce nouveau système d’orientation, ce sont les enseignants. “Un enseignant accompagne au minimum 30 jeunes sur une année. Donc, un enseignant bien formé aux enjeux d’orientation, ce sont plus de chances que les jeunes soient eux-mêmes mieux orientés”.
R2E va donc apporter des formations, des ressources pédagogiques, des expériences aux enseignants, et plus globalement à l’ensemble du personnel éducatif qui traite d’orientation. Un accompagnement qui va emmener des changements dans la posture.
“Et ce n’est pas une anecdote, car ce sont donc des heures dédiées à l’orientation plus nombreuses. C’est également une légitimité plus importante de la part des enseignants pour se saisir des sujets d’orientation. Ce sont des conseils de classe qui vont moins prendre en compte la note, mais plutôt travailler sur les projets des élèves. Et in fine, ce sont des trajectoires pour les jeunes qui seront moins subies. Et ça, c’est une différence qui est radicale”, conclut Julien Fernandez.

















