“La grande difficulté à identifier les victimes d’exploitation réside dans le fait que le problème est très invisibilisé par nature, par il s’agit d’activités criminelles. Par définition, c’est clandestin”, explique Bénédicte Legendre.
En revanche, plusieurs facteurs contribuent à favoriser ces pratiques criminelles, notamment pour les étrangers. C’est la difficulté à accéder à un titre de séjour légal et à une autorisation de travail. Un travailleur qui n’a pas d’autorisation de travail va être soumis au pouvoir de celui qui va lui fournir un travail à exécuter.
D’autres publics sont concernés, comme les personnes sans domicile fixe ou récemment sorties de prison, ou encore les jeunes en situation de vulnérabilité. Le fait d’avoir grandi dans un climat familial difficile, avec possiblement des violences ou des agressions sexuelles. C’est aussi l’expansion des réseaux sociaux et des pratiques sexuelles facilement monnayées.
Le travail de Ruelle va être d’identifier les victimes et de les aider à prendre conscience de la gravité de ce qu’elles subissent. Un travail d’identification qui va se faire via les permanences d’accès aux soins dans les hôpitaux, les services de gendarmerie, les services de police, les CCAS, les mairies, les MDSI, par les acteurs sociaux de droit commun, les avocats éventuellement, ou alors les maisons d’enfants à caractère sociaux, les dispositifs de protection de l’enfance.
L’accompagnement va se faire en deux temps. D’abord par une mise à l’abri, un éloignement avec l’auteur, aider la victime à trouver un hébergement, à accéder à des ressources pour manger. Ensuite, le travail portera sur aider la personne à retisser des liens.
“L’aider à se diriger vers le monde du travail, bien sûr, quand c’est possible et ça l’est souvent, mais aussi vers la société, vers des activités de loisirs, de sport, de poterie, peu importe, afin de trouver des points d’ancrage où la personne puisse avoir une existence sociale qui, non seulement lui apporte du confort et de la qualité de vie, mais aussi la protège de ces relations d’emprise”, conclut Bénédicte Legendre.