La précarité peut concerner n’importe qui. “Souvent, les personnes en situation de précarité décrivent une pente assez douce, c’est le terme qu’ils utilisent”, raconte Marie-Flore Leclercq. “Tu te retrouves un peu en situation de précarité, alors ce sur quoi tu vas rogner ce sont les sorties, les dépenses liées aux loisirs, à tes moments amicaux. Et tu glisses vers l’isolement total et la précarité, la pauvreté parfois même”. 

Alors Entourage donne à chacun les occasions et les moyens de la rencontre. Le premier volet est celui de la proximité, proposé à travers une application qui rassemble plus de 2.000 personnes et qui permet de se retrouver pour des moments de convivialité, des évènements, qui vont avoir lieu en mixité sociale réelle. Ça peut être de la poterie, de l’escalade, un karaoké, un temps d’écriture, un temps de lecture partagée, regarder un match ensemble. 

C’est là qu’on commence à retrouver du lien. C’est aussi la gratuité de ce lien, le fait qu’on ne le force pas”, précise Marie-Flore Leclercq. 

En parallèle, des ressources pédagogiques et un accompagnement sont proposés, en contactant directement l’association afin de se mettre en action, d’oser dépasser ses freins. 

Sur le même principe, mais pour la recherche d’emploi, existe Entourage Pro. “Si on est en situation de précarité et qu’en plus on n’a pas de réseau, alors que la plupart des offres sont cachées, il est impossible de retrouver un job. Donc on a besoin de se redoter d’un réseau professionnel. Et c’est utiliser le prétexte du moment de la recherche d’emploi pour redoter les gens d’un réseau social”, explique Marie-Flore Leclercq.

La plateforme permet de matcher demandeurs d’emploi et coachs bénévoles. Aujourd’hui, un candidat va recevoir le soutien de quatre coachs et un coach va soutenir quatre candidats. “C’est vraiment important cette notion de many to many, plusieurs à plusieurs, parce que c’est vraiment la force du réseau qui va donner l’impulsion au début, mais aussi la force de ne pas lâcher quand ça va être compliqué”. 

Un retissage du lien qui fonctionne. Chez les personnes en situation de précarité et d’isolement, 80% d’entre elles disent se sentent mieux, mais aussi plus confiantes dans les autres et dans l’avenir. “On reconstruit de la capacité d’action et de la capacité à agir”. 

Et de l’autre côté, 95% des personnes qui viennent aider changent leur rapport aux autres. “Ça veut dire qu’elles se sont rendu compte de tout ce qu’elles avaient en commun avec des gens qui sont très différents, au-delà de nos différences effectives ou supposées. Et c’est ce retour à l’humanité commune qui est important. C’est la même chose pour les collaborateurs et les organisations, ça construit des collectifs qui sont plus unis et ont plus de résilience”, conclut Marie-Flore Lerclercq.