Anne Guénand est la fondatrice et dirigeante de la société coopérative d’intérêt collectif Django mesh, qui édite la solution Bip Pop de coopération et de coordination des solidarités locales, basée dans l’Oise, qui met en lien des personnes qui ont besoin d’aide avec des personnes qui ont envie d’aider.
A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publié cette année.
Il s’agit de la mise en lumière du témoignage d'Anne Guénand , fondatrice et dirigeante de la société coopérative d’intérêt collectif Django mesh, qui édite la solution Bip Pop de coopération et de coordination des solidarités locales.
Bonne écoute !
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 18 août 2025
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 Bonjour et bienvenue dans le podcast de celles et ceux qui veulent faire bouger les lignes 0:09 au sein de leur entreprise, en ravivant le lien humain qui nous unit tous, le lien intergénérationnel 0:16 aussi. 0:17 Anne Guénon. 0:18 Je suis Anne Guénon, je suis née en 67 et je suis enseignante-chercheure à l'Université 0:24 de Technologie de Compiègne depuis plus de 20 ans, et puis fondatrice et aujourd'hui 0:28 dirigeante de la société coopérative d'intérêts collectifs Django Mesh, qui est dite la solution 0:35 bipop de coopération et de coordination des solidarités locales. 0:39 Ce type de structure, qu'est-ce que ça permet de mettre en avant et que faites-vous ? 0:43 Aujourd'hui, il y a quand même des situations difficiles pour 2 millions de personnes âgées 0:48 en France, 7 millions de personnes tous âges confondus qui sont en situation d'isolement, 0:53 11 millions d'aidants familiaux, qui bien souvent ne se définissent pas comme aidants 0:56 parce qu'ils ne connaissent pas cette spécificité, ils le font naturellement. 1:00 Il faut savoir qu'il y a quand même un tiers des aidants qui disparaissent avant leur aider. 1:03 Un Français sur trois a des difficultés de mobilité, il y a des problèmes, on connaît 1:08 un certain nombre de raisons, la perte de mobilité et d'autonomie en est un, la distance 1:12 entre les enfants et leurs parents âgés, en France c'est 260 km en moyenne, le rapport 1:17 modifié entre les générations, les solidarités de voisinage qui bien heureusement existent 1:22 encore mais ne suffisent plus, et puis problèmes plus récents, post-Covid, les associations 1:28 peinent à recruter de nouveaux bénévoles. 1:31 Des solutions existent, d'abord les citoyens qui sont prêts à agir, on peut aussi compter 1:35 sur ces millions de personnes qui sont âgées ou actives et qui souhaitent s'engager de 1:40 façon ponctuelle et sécurisée. 1:43 Le bénévolat évolue d'un engagement plus régulier vers un engagement à la carte et 1:48 ponctuel, toujours avec un cadre qui est nécessaire. 1:51 Notre activité coopérative d'intérêts collectifs, agréés et justes, donc on a aussi une visibilité 1:58 auprès des collectivités, on a une entreprise solidaire d'utilité sociale, s'adresse 2:02 aux collectivités qui souhaitent mobiliser leurs citoyens dans des solidarités de proximité 2:08 pour la mobilité et la prévention de l'isolement des aînés ou des personnes vulnérables. 2:14 Donc nous leur apportons à la fois l'ingénierie et le dispositif technique pour coordonner 2:21 ce bénévolat à la carte, flexible, sécurisé, donc ce sont les citoyens qui choisissent 2:26 les types de missions qu'ils vont réaliser, de l'accompagnement aux courses, l'accompagnement 2:30 aux rendez-vous médicaux, à l'accompagnement chez le coiffeur pour acheter une baguette 2:34 ou bien des visites de convivialité, de l'aide au petit bricolage, de l'aide informatique, 2:39 de l'aide administrative, tout type d'action qui vont aider ces personnes en perte d'autonomie 2:44 au quotidien. 2:45 Flexible, parce que c'est quand la personne veut, quand elle peut, sans contrainte ni 2:50 obligation d'avoir une récurrence chaque semaine, c'est le citoyen qui choisit l'émission 2:55 auxquelles il veut répondre et puis sécurisé parce que chaque bénévole rencontre la collectivité 3:01 ou l'association qui a délégation pour animer les bénévoles et qui va signer une 3:06 charte de bénévolat, donc qui l'engage d'une certaine manière à entrer dans un 3:09 état d'esprit et un formalisme dans la relation à autrui. 3:13 C'est du temps gagné pour les collectivités, puisque à partir du moment où les élus 3:19 et les services ont identifié les besoins, l'Hipp-Hop leur permet d'adresser en fait 3:24 ces besoins sous la forme d'une plateforme d'intermédiation, de mise en relation entre 3:29 des personnes qui ont besoin d'aide et des personnes qui ont envie d'aider. 3:33 Et alors là où effectivement il faut relever un challenge, c'est que 95% des personnes 3:38 qui ont besoin d'aide ne sont pas connectées à Internet. 3:40 Donc on apporte une solution multicanale avec une part téléphone, on équipe le guichet 3:46 téléphonique d'un outil d'administration qui permet de relever les demandes qui parviennent 3:52 par téléphone en cinq clics exactement. 3:55 Et puis à partir du moment où la demande est formalisée, elle est transmise à tous 4:00 les bénévoles qui ont choisi le secteur d'intervention et qui ont choisi le type 4:05 de mission concernée également. 4:06 Puis ensuite, ce qu'on peut vous dire, c'est que 50% des demandes sont acceptées en moins 4:12 de trois heures sur l'ensemble des quatre régions sur lesquelles sont déployées les 4:16 plateformes Hip-Hop. 4:17 J'ai une conviction forte sur les nouveaux modes d'engagement citoyens et sur la solution 4:22 Hip-Hop comme antidote à cet isolement qu'on voit se répandre sur le territoire national 4:29 et puis sur l'égoïsme parfois qu'on peut observer. 4:31 En fait, non, ce qui est optimiste, c'est cet engagement concret et qui est au service 4:37 des élus. 4:38 Et on sait ô combien c'est difficile aujourd'hui, les élus perdent des moyens financiers. 4:44 On peut apporter des contributions humaines finalement à ce déficit. 4:48 Et le l'État ne peut pas subvenir à tout. 4:50 Je pense que justement, c'est un peu la même posture que vis-à-vis du numérique. 4:54 Le numérique ne va pas tout faire non plus. 4:56 Si on veut construire une société dans laquelle on a envie de vivre, c'est bien à nous de 5:00 nous relever les manches et d'entrer en lien les uns avec les autres, dans la richesse 5:04 de nos diversités. 5:05 En quoi selon vous, ce travail que vous menez, ces actions, cette plateforme font bouger 5:11 les lignes, participent à changer les choses à ce niveau-là ? 5:15 Parce qu'on vient apporter aux collectivités, donc aux maires et aux services, un ensemble 5:20 d'outils qu'ils peuvent saisir. 5:22 Ils vont s'approprier finalement cette ingénierie qui va leur permettre de coordonner, de transformer 5:28 de façon très concrète, les solidarités et de pouvoir les réhabiliter, cette solidarité 5:34 active par rapport à une solidarité plus passive que représente la famille ou les 5:39 amis, ce qui va de soi. 5:41 Donc là, il y a vraiment un rôle de l'élu local dans cette capacité à donner du pouvoir 5:47 d'agir à ses citoyens. 5:49 Et le dispositif s'efface complètement au profit de l'identité de la collectivité. 5:53 Donc on le diffuse en marque blanche et on permet aux territoires de se réapproprier 5:57 aussi le bénéfice, de toucher toute une palette d'administrés, des plus jeunes 6:01 aux plus anciens. 6:02 Donc on a un vrai bénéfice à la rencontre intergénérationnelle. 6:06 Il y a un avantage certain aussi, celui du maintien à domicile, ça leur permet de rester 6:12 un peu plus autonome et de rester chez eux. 6:14 C'est souhaité par plus de 85% des Français de continuer de vivre là où ils ont vécu 6:19 leur vie et de pouvoir rester accrochés à ce qui constitue finalement le socle de leur 6:24 vie et de leurs liens sociaux. 6:26 Cette volonté-là, on l'accompagne dans une logique aussi intergénérationnelle. 6:30 La palette est aussi très large. 6:32 Elle permet à des collectivités d'affiner des actions, on voit sur certaines communes 6:37 par exemple que ce sont les aînés qui viennent accompagner les plus jeunes dans le soutien 6:41 scolaire. 6:42 On peut imaginer que parfois, c'est plutôt les aînés qu'on va aider en étant plus 6:45 jeunes. 6:46 Là, c'est l'inverse. 6:47 Et puis sur une autre commune, dans le département du Nord, la commune a acheté un triporteur 6:52 et les bénévoles viennent pédaler au bord du canal et permettent aux personnes les plus 6:57 âgées de se promener les cheveux dans le vent. 6:59 Je trouve ça d'une poésie extrême et d'une générosité aussi magnifique. 7:04 Qu'est-ce qui a été à l'origine de cette envie de création pour vous ? Qu'est-ce 7:08 qui vous a motivé à partir de cette thématique ? Il y avait quelque chose qui vous touchait 7:11 particulièrement. 7:12 Qu'est-ce qui vous a amené sur le chemin ? 7:14 Ma planète a accusé le coup d'une météorite en janvier 2015. 7:19 J'ai été percutée par une voiture sur un passage piéton et je suis restée plusieurs 7:24 mois alitée sans oser demander de l'aide à mes voisins qui me le proposaient. 7:29 Et ça a été le début d'abord d'un questionnement personnel. 7:33 J'ai voulu comprendre comment ça se passe chez les autres et notamment comment ça se 7:37 passe quand on est en situation de fragilité un peu plus durable. 7:40 J'ai rencontré le club soiron de ma ville à Compiègne et j'ai compris en questionnant 7:45 les membres de ce club qui se réunit pour jouer aux cartes, jouer au scrabble, on préfère 7:51 garder le numéro de téléphone de son voisin en gros accroché au mur au-dessus du téléphone 7:55 au cas où. 7:56 Mais que ce « au cas où », finalement, il est toujours trop tard. 7:58 C'est-à-dire qu'on ne va jamais déranger son voisin en se disant « je peux quand même 8:02 me débrouiller, au pire je reste à la maison, ce n'est pas grave ». Et finalement, on 8:06 s'enferme. 8:07 On se ferme à des possibilités d'agir, de sortir, de rencontrer d'autres personnes 8:11 pour ne pas déranger. 8:13 On préfère se dire « je n'ai pas besoin d'aide, je n'ai besoin de personne » parce 8:17 que c'est plutôt valorisant finalement pour son estime de soi de dire « je n'ai besoin 8:21 de personne, je me débrouille très bien ». Alors que reconnaître à un moment donné 8:25 qu'on est fragile, qu'on ne peut plus faire ce qu'on aimerait faire ou ce qu'on faisait 8:28 avant, c'est finalement une atteinte à sa propre dignité qu'on préfère cacher 8:33 sous le tapis finalement. 8:34 Donc, c'est un sujet que j'ai souhaité mettre en lumière et j'ai choisi de réaliser 8:40 quelque chose qui soit utile à la société et qui soit facile à saisir, facile à utiliser 8:46 et qui soit transformatrice. 8:52 A 16 ans, on peut créer son entreprise en France. 8:55 Vous, à 16 ans, est-ce que vous aviez envie de vous rendre utile ? Est-ce que vous aviez 8:58 des plans de vie bien précis ? Qu'est-ce que vous désiriez ? 9:03 Alors, j'ai le souvenir qu'à 16 ans, j'ai postulé pour une association. 9:08 J'ai toujours beaucoup bricolé, fabriqué, construit. 9:11 J'avais un père ingénieur qui m'a appris vraiment à faire les choses et je voulais 9:15 participer à construire toutes les prothèses, les orthèses pour les personnes qui étaient 9:20 victimes de ces guerres au Moyen-Orient, je me souviens de l'année 76 qui m'a vraiment 9:26 marquée. 9:27 C'était une année de sécheresse et puis une année, je crois, de guerre assez atroce 9:30 au Liban. 9:31 J'ai un souvenir assez précis de vouloir m'engager, donc oui, ça fait partie de mon 9:35 ADN. 9:36 Et puis, je n'ai pas été prise dans cette association émaniptaire, je ne parlais pas 9:40 les bonnes langues par rapport aux besoins qu'ils avaient, mais voilà, c'est le souvenir 9:43 que j'ai aujourd'hui. 9:44 Et puis, ça s'est transformé, j'ai été designer pendant plusieurs années dans la 9:49 région Rhône-Alpes. 9:50 Puis, j'ai fait un travail de recherche au Japon dans un institut de design pour la 9:56 mobilité des personnes âgées et puis, je suis rentrée à l'université de technologie 10:00 de Compiègne pour enseigner, faire de la recherche, donc transmettre et m'intéresser 10:04 à notre société du point de vue de l'usage des outils ou des dispositifs que l'on conçoit. 10:10 Puisqu'on a quand même, en tant que designer, une responsabilité importante de proposer 10:15 des systèmes qui transforment notre société, notre manière de vivre ensemble. 10:20 Merci à Anne Guénant, fondatrice et dirigeante de la société qui édite la solution BIBOP 10:26 de coopération et de coordination des solidarités locales. 10:29 Vous pouvez retrouver ce podcast sur notre site impact.info. 10:34 C'était impact.info, entreprendre autrement. Intégrer cette interview sur votre site
Affichez ce lecteur directement sur votre site pour partager l'interview avec votre audience.
Copier le code d'intégration Voir le code généré
Collez ce code dans un bloc HTML/code de votre site : « HTML personnalisé » sur WordPress, « Intégrer du code » sur Wix, bloc « Code » sur Squarespace.