L’idée de DUO for a JOB est double. Elle vise un objectif d’insertion professionnelle des jeunes issus de l’immigration, notamment réfugiés, entre 18 et 33 ans, et de valorisation des compétences et des expertises des personnes de 50 ans et plus, qui sont elles aussi discriminées dans le monde du travail.
Et puis il y a un 3e objectif qui est celui de la cohésion sociale. “C’est à dire que par le biais de la rencontre, par le lien qui se tisse entre le mentor et le jeune accompagné, on travaille aussi sur les représentations, les biais cognitifs qu’on peut avoir, les préjugés entre jeunes et personnes plus âgées, entre personnes de cultures différentes« , explique Prunelle Gorget. « Et donc c’est vraiment très important ce lien créé et la lutte contre les discriminations auxquelles cela participe”.
Après une solide formation, les mentors vont pouvoir accompagner les jeunes de façon intensive, soit 2 heures par semaine pendant 6 mois. Ils vont aussi bénéficier d’une formation continue pour bien les coacher dans la rédaction de leur CV, de leur lettre de motivation, dans la préparation de leurs entretiens d’embauche, la structuration de leur recherche d’emploi, l’amélioration de leur présence sur les réseaux sociaux, notamment LinkedIn. Les mentors vont également acquérir des savoirs, par exemple sur les secteurs d’activité qui embauchent.
Un mentor ne peut accompagner qu’un seul jeune à la fois. « Donc on est vraiment sur un accompagnement très resserré et très qualitatif« , précise Prunelle Gorget.
DUO for a JOB a d’ores et déjà accompagné plus de 2 000 jeunes en France depuis son implantation il y a 5 ans et vise à en accompagner plus de 850 rien qu’en 2026. Mais en Europe, ce sont plus de 10 000 jeunes atteints, puisque la structure est née en Belgique, où elle est implantée sur tout le territoire, ainsi qu’aux Pays-Bas. En France, elle est présente à Lille, Paris, à Lyon et Marseille, et reçoit l’appui de plus de 700 mentors pour pouvoir mener son action.
Au final, ce sont plus de 70 % des jeunes qui retrouvent un emploi ou une formation qualifiante dans les 12 mois qui suivent leur accompagnement. Plus de 70% d’entre eux arrivent mieux à définir leur projet professionnel, qui devient plus concret et réaliste grâce à la l’intervention de leur mentor. 90% des jeunes se sentent plus sûrs d’eux et plus autonomes dans leur recherche d’emploi, et 80% élargissent ainsi leur réseau professionnel ou social.
Du côté des mentors, 96 % d’entre eux disent se sentir plus utiles en tant que membre actif de la société, et plus de 84 % disent avoir amélioré ou développé leurs compétences en matière de coaching, d’écoute active et de relations empathiques. Enfin, plus de 60 % estiment que l’expérience a apporté une valeur ajoutée à leur vie professionnelle grâce aux compétences qu’ils ont pu développer.
“On croit vraiment au fait de faire se rencontrer des populations qui ne se seraient pas rencontrées autrement. La richesse de la rencontre va vraiment permettre d’agir contre un certain nombre de discriminations, liées à l’âge ou à des cultures différentes. Ils vont créer un lien qui va aussi permettre de faire évoluer les représentations qu’ils peuvent avoir les uns sur les autres. Et donc pour nous, c’est un ciment de cohésion sociale et une condition aussi de réussite de notre démocratie. Donc ça a un impact à plus long terme, que l’on croit beaucoup plus fort”, conclut Prunelle Gorget.