« Comment pouvons-nous vivre ensemble en étant tous différents et faire en sorte que tout le monde ait la chance et le droit de s’épanouir, d’avoir une voix, d’avoir une place ?”, questionne Simon Houriez.
“Donc on travaille sur le fait de transformer les espaces, les expériences, les contenus, pour qu’ils soient plus accessibles à des personnes en situation de handicap. Mais aussi, et presque surtout, on travaille sur le fait de transformer l’appropriation par la société dominante du principe de diversité, c’est-à-dire le fait que la personne qui arrive avec un besoin atypique, avec un problème qui n’est pas résolu, éclaire un chemin de progrès, d’amélioration d’expérience collective”.
La vision défendue par Signes de Sens est donc celle de l’innovation par le handicap ou par la diversité, qui se matérialise plus concrètement par des actions de conception d’outils, de pratiques, de ressources ou des accompagnements d’acteurs pour les aider à transformer les propositions.
Ça peut se matérialiser par exemple par rendre le bus plus accessible, comme travailler sur le parcours d’accès à l’information sur un site internet de musée, ou avec l’école sur les pratiques inclusives, sur tout ce qui est pédagogique et accueil d’enfants avec situation de handicap dans les classes.
Qui sait que les SMS ont été à l’origine implémentés dans les téléphones portables pour les sourds ? Aujourd’hui, ce ne sont plus eux qui en ont l’usage dominant. Voire, il y a d’avantage de messages échangés par texte que de temps passé à téléphoner. Cet usage pour un groupe en particulier a fini par prendre le pas sur l’évidence de l’usage d’un téléphone pour des entendants, qui est celle de se parler. Même chose pour les sous-titres dans les films et séries.
Signes de Sens va aider les acteurs privés, comme les entreprises, et du médico-social à se rencontrer, en créant des espaces de dialogue, de compréhension mutuelle pour ensuite permettre de faire émerger des projets qui permettront de faire progresser l’accessibilité ou l’inclusion.
“Pour moi, ce sont les angles morts de la question sur l’accessibilité. À chaque fois, c’est une population dominante qui se demande comment elle peut apporter la bonne parole à une population écartée. L’inclusion, c’est avant tout se rappeler qu’on a un projet commun qui est de vivre ensemble. Le problème, c’est qu’on veut donner au handicap, au lieu d’investir dans le handicap, investir dans l’autre”, conclut Simon Houriez.