La source de l’engagement militant de Re-Belle, c’est la profonde conviction qu’une alimentation saine pour toutes et tous est possible, “aller contre l’idée reçue que quand on rencontre des contraintes économiques on n’est pas en capacité de bien se nourrir et encore moins de le faire bon pour la planète”, s’anime Charlotte Porez. “On peut faire de bonnes choses même avec des produits qui peuvent être gaspillés, même à notre petite échelle”.
Partant du constat d’un fort besoin social sur le territoire de la Seine-Saint-Denis, avec des femmes qui connaissent un chômage quasiment doublé par rapport à celui des hommes, Re-Belle a eu l’idée de les accompagner dans un parcours sur-mesure d’insertion socio-professionnelle, tout en transformant des fruits et légumes, qui auraient pu être gaspillés, en délicieux produits, notamment en confitures.
Le tout dans une logique circulaire : on va récupérer des denrées qui allaient être jetées, soit dans la grande distribution, soit chez les associations d’aide alimentaire ou des producteurs du territoire, on les trie, on les épluche, on les cuit pour en faire des confitures et ensuite on va revendre ces produits dans des épiceries indépendantes du département, en grande distribution, dans des hôtels et cafés, et depuis peu sur un site de vente en ligne. “On peut être aussi achetés par des entreprises ou des collectivités pour des cadeaux”, précise Charlotte Porez.
Re-Belle travaille actuellement sur un projet de développement. Une campagne de financement participatif est en cours sur Mimosa, intitulé “Donnez une nouvelle vie aux fruits et un élan aux femmes”, financement qui devrait permettre de diversifier la gamme de produits. “Plus on fera de choses différentes et plus ce sera stimulant et apprenant pour les personnes qu’on accompagne”, explique la directrice. “Et cela permettra aussi de consommer Re-Belle de façons différentes, notamment en compotes”.
Le nom choisit pour le chantier d’insertion, Re-Belle, prend tout son sens. “On a envie de montrer qu’il y a autre chose de possible, et donc se rebeller contre un état de fait où une proportion inimaginable de denrées alimentaires sont gaspillées, et de la même manière, refuser de vivre dans un système qui laisse de côté un certain nombre de personnes. On a envie de dire “regardez, voilà ce qu’on peut faire si on se dit ben non on n’est pas d’accord !”