Hippolyte Le Bougnec est l'ancien co-directeur administratif et financier du Talus à Marseille, un tiers-lieu multi-activités, autour de l'agroécologie, de l'alimentation durable, de la sensibilisation à l'environnement et de la promotion socioculturelle.
A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année.
Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Hippolyte Le Bougnec , ancien co-directeur administratif et financier du Talus à Marseille.
Bonne écoute !
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 24 août 2026
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 Bonjour et bienvenue dans le podcast de celles et ceux qui veulent faire bouger les lignes 0:09 au sein de leur entreprise. 0:11 Dans les centres urbains, on est parfois trop éloigné de la terre qui nous nourrit et 0:15 de ceux qui produisent notre alimentation. 0:17 Certains ont alors eu l'idée d'amener la nature en ville, Hippolyte Lebouniek. 0:21 Je m'appelle Hippolyte Lebouniek, je suis né à Paris le 5 août 1997 et je suis co-directeur 0:29 administratif et financier du TALUS à Marseille. 0:32 Alors le TALUS, on devait un petit peu présenter les activités, ce qui s'y passe, qu'est-ce 0:36 que c'est ? 0:37 Alors le TALUS, c'est un tiers-lieu multi-activités, qui s'est monté un peu comme une ferme urbaine 0:42 mais aujourd'hui qui a plein d'activités, qui répond à de nombreux besoins et c'est 0:47 pour ça qu'on se qualifie comme un tiers-lieu et on a des activités, des actions autour 0:53 de l'agroécologie, donc l'agriculture urbaine, la culture d'un champ en ville, autour de 0:58 l'alimentation durable pour montrer, une fois qu'on a cultivé ses légumes, comment les 1:02 manger, autour de la sensibilisation à l'environnement avec énormément d'enfants dans le cadre 1:08 scolaire qui viennent se familiariser avec la nature, autour du réemploi de matériaux 1:13 avec un atelier recyclerie tout équipé et enfin autour de la promotion socio-culturelle, 1:18 le fait qu'on accueille des publics, des concerts, du spectacle vivant et on essaye 1:23 de sensibiliser indirectement les publics qui viennent profiter de ces moments-là 1:28 à la question de la transition écologique, sociale et citoyenne. 1:31 Justement, est-ce que c'est un petit peu un challenge de monter ça en ville ? Quelles 1:34 sont les problématiques qui vont être rencontrées finalement quand on va se lancer dans l'aventure 1:39 comme ça dans une zone urbaine ? 1:40 Je pense qu'il y a des contraintes et des opportunités à la fois en zone rurale et 1:46 en zone urbaine. 1:47 En zone urbaine, la principale opportunité qu'il y a quand même, c'est qu'il y a énormément 1:52 de densité de population et il y a un attrait, ce qui va nous faire sortir un petit peu de 1:56 la ville. 1:57 Marseille, c'est une ville qui n'est pas connue non plus pour ses parquets jardins. 2:00 On a les calanques, on a la mer, on a plein de choses, mais avoir du coup un petit îlot 2:04 de fraîcheur, de verdure en plein cœur du XIIe où il y en a assez peu à part quelques 2:09 jardins ouvriers, ça permet de faire que le talus ressort un petit peu et plébisciter 2:14 par les habitants et habitantes du coin qui peuvent venir juste profiter d'un jardin 2:19 ou faire un chantier participatif avec nous, venir profiter d'un concert ou manger une 2:23 assiette. 2:24 En zone rurale, peut-être qu'il y a un peu plus de liens déjà entre les personnes, 2:29 donc le lieu va être plus connu et va peut-être rayonner sur un territoire un peu plus grand. 2:33 Nous, on est vraiment très local, on s'adresse au public marseillais avec particulièrement 2:37 les publics du XIe, XIIe arrondissement de Marseille et encore plus particulièrement 2:42 les habitants du quartier d'Herbel qui est juste à côté, qui est un quartier politique 2:45 de la ville dans lequel il y a 7000 habitants et habitantes. 2:48 Et après le challenge, c'est qu'il y a aussi une grande mixité de populations en 2:52 ville, donc il faut essayer de s'adresser à tous les publics et développer des actions 2:56 qui vont appeler un certain type de public et essayer de faire toutes ces activités 3:00 sur des temps communs pour justement essayer de générer une mixité intergénérationnelle 3:04 ou mixité sociale. 3:05 Comment ça va s'organiser le talus ? Est-ce que c'est uniquement associatif ? Est-ce 3:09 qu'il y a divers statuts ? Comment le projet a été monté pour permettre sa pérennité 3:14 ? 3:15 Du coup, le talus, c'est un projet de l'association Ecofarm créé en 2016 et à l'origine, elle 3:21 expérimentait des actions de sensibilisation à l'environnement à travers le développement 3:26 de bacs potagers en pied d'immeubles, en pied de quartier ou dans des cours d'école. 3:30 En fait, en 2018, les deux cofondateurs, Karl et Valentin, ont eu l'opportunité de récupérer 3:37 la parcelle actuelle du talus qui appartient à l'État, qui est gérée par la SRL2, 3:43 la société qui a construit et qui aujourd'hui exploite la L2 à Marseille, et cette opportunité 3:48 de pouvoir récupérer le lieu pour en faire un lieu de démonstration et d'expérimentation 3:53 autour de l'agriculture urbaine et de toutes les activités qu'on vient de citer, pour 3:56 promouvoir la transition écologique, sociale et citoyenne. 3:59 Donc aujourd'hui, le talus est le seul et unique projet de l'association Ecofarm. 4:02 Et c'est vrai que le statut associatif, il est pertinent dans notre cas, il y a pas 4:08 mal de montages juridiques qui pourraient être envisagés en SIC, en SCOP, avec des 4:14 composants peut-être un peu plus commerciaux, tout en gardant une logique coopérative. 4:18 Mais dans notre cas, l'associatif, c'est vraiment la meilleure forme juridique possible, 4:23 parce qu'elle nous permet de faire à peu près tout ce qu'on veut, et d'accueillir 4:27 des bénévoles, de pouvoir avoir des moments d'ouverture au public qui sont centrés 4:33 plutôt sur les impacts sociaux et environnementaux, et de lever des subventions pour pouvoir faire 4:38 ces actions gratuitement, à destination de tous et toutes, et d'être au maximum 4:41 inclusif. 4:42 Donc on est le statut associatif, et on a un modèle économique finalement, parce 4:46 qu'on a quand même 9 salariés, on est une association qui est assez professionnalisée 4:50 aujourd'hui, qui a 7 ans, mais qui se structure assez vite, et on a un modèle économique 4:54 qui repose essentiellement sur du financement extérieur, qu'il soit public ou privé, 4:59 et le statut associatif nous permet du coup de lever du mécénat privé avec la logique 5:04 de défiscalisation. 5:05 Et on a quand même, à travers la vente de repas bio, local, végétarien et de saison, 5:11 et une buvette associative pendant nos événements, un petit moyen de faire des recettes d'exploitation 5:16 par la vente de légumes aussi, par des ateliers pédagogiques dans une moindre mesure, et 5:21 depuis peu, la mise à disposition ou la privatisation de l'espace pour des séminaires d'entreprise, 5:27 des moments de team building, de fédération, ou autre. 5:30 Comment les gens qui vont venir vous voir vont-ils pouvoir s'impliquer justement ? Comment 5:34 ils arrivent et comment finalement ça grandit en eux ? Comment ils ressortent ? Enfin, comment 5:38 ils ressortent, ils restent ? C'est bien aussi qu'ils continuent de participer, mais 5:41 en tout cas, qu'est-ce que ça leur apporte ? 5:43 Moi j'aime bien dire que l'objectif c'est d'apporter du kiff aux gens, c'est de réussir 5:49 à les faire un petit peu sortir de leur quotidien, et de passer un moment agréable, 5:54 quasiment pas en ville, de nous faire, puisque nous aussi, travailleurs du tiers-lieu et 5:58 travailleurs-travailleuses, de nous faire nous évader. 6:00 Les portes d'entrée du TALU, on essaye d'en avoir le maximum possible pour faire 6:04 entrer le maximum de public sur notre lieu, et en effet, après, qu'ils restent et qu'ils 6:09 puissent profiter des activités. 6:10 Une grosse porte d'entrée, c'est quand même les chantiers participatifs du mercredi-journée 6:14 où l'idée c'est que chacun et chacune vient et fait ce qu'il ou elle veut, comme chantier 6:18 qu'on a identifié, peut manger avec nous, et même l'été peut rester, profiter de 6:23 l'après-midi et ensuite en soirée, profiter d'un concert. 6:26 La deuxième porte d'entrée, c'est justement les concerts et les propositions culturelles 6:30 en soirée, où là, on attire des personnes qui vont connaître tel ou tel artiste qui 6:35 vient se produire au TALU et qui vont découvrir que c'est un jardin, vont découvrir qu'il 6:40 y a plein d'activités à côté, pédagogiques, agricoles et autres, et qui vont, on l'espère, 6:44 revenir sur des moments de bénévolat. 6:46 La troisième porte d'entrée, ça va être nos événements du week-end, où là, on organise 6:50 des permanences associatives et on va essayer d'accueillir au maximum les riverains vraiment 6:56 du coin et on va leur offrir un espace pour qu'ils puissent proposer des activités. 7:02 Donc on appelle ça un peu des permanences associatives, où on est là, on accueille 7:07 du monde et on attend de voir est-ce qu'il y aurait des possibilités ou des envies de 7:12 créer quelque chose au TALU sur ces moments-là. 7:16 Et enfin, la dernière porte d'entrée, pas des moindres, c'est les animations. 7:20 En fait, on fait venir énormément d'enfants parce que les enfants, c'est une super porte 7:24 d'entrée pour leur famille, pour leurs parents. 7:26 Et donc, on a quasiment un millier d'enfants qui viennent, parents au TALU, essentiellement 7:31 de l'école d'Herbel, mais aussi d'autres écoles du coin et qui viennent découvrir 7:36 le champ, découvrir le lien entre agriculture et alimentation durable, qui viennent apprendre 7:41 le rôle des composteurs, des auxiliaires de culture ou autres et qui, du coup, demandent 7:46 à leurs parents de revenir au TALU. 7:48 Et c'est comme ça qu'on arrive à, on espère, toucher le maximum de personnes. 7:53 En quoi, selon vous, ce que vous faites fait bouger les lignes, change les choses, apporte 7:56 quelque chose de supplémentaire, une pierre supplémentaire à l'édifice dans la transition, 8:02 dans la prise de conscience sur ces sujets-là ? 8:05 Je pense qu'en fait, le TALU apporte quelque chose dans le sens où il va augmenter le 8:10 pouvoir d'agir de chacun, chacune. 8:12 C'est vraiment un lieu d'expérimentation, un lieu de démonstration aussi, un lieu de 8:18 possibilités où, quand on rentre au TALU, on est face à des activités, des personnes, 8:23 etc., qui se créent, mais il y a toujours des interstices où on peut venir découvrir 8:28 quelque chose, expérimenter, proposer. 8:31 Et c'est là, je pense, la principale force du TALU, c'est cet accueil inconditionnel 8:35 des publics et cette possibilité d'expérimenter à chaque instant. 8:38 Donc, c'est avec ambition, mais aussi avec humilité. 8:42 On sait qu'on est un lieu, donc on a un ancrage territorial assez fort. 8:46 On ne va pas rayonner au niveau national, régional ou autre. 8:49 On a vraiment un ancrage au niveau de la ville, voire même du quartier. 8:53 Mais je pense que c'est là où ça permet de démontrer aussi que c'est possible, 8:57 finalement, d'expérimenter des choses comme ça, d'avoir un petit bout de friche urbaine 9:01 à droite, à gauche, qui fait 8000 m2, c'est assez grand, mais qu'on peut, en fait, en 9:07 assez peu d'années, juste avec beaucoup d'énergie humaine, le revaloriser, en faire 9:12 un refuge de biodiversité, un endroit calme et apaisant pour venir profiter d'un moment. 9:19 Donc, je pense que c'est vraiment ça, ce qui apporte le TALU, c'est cette 9:22 concrétisation, humble, mais d'une utopie, finalement. 9:27 Impact.info, entreprendre autrement. 9:31 Hippolyte Leboniec, vous êtes co-directeur administratif et financier du TALU à Marseille. 9:36 16 ans, c'est l'âge en France pour créer son entreprise. 9:39 Alors, à 16 ans, que faisiez-vous? 9:41 Est-ce que vous étiez déjà proche de la nature? 9:43 Est-ce que ça vous attirait, en tout cas? 9:44 Est-ce qu'il y avait déjà une sensibilité autour de ces sujets-là? 9:48 C'est vrai qu'à 16 ans, moi, du coup, j'étais un jeune lycéen parisien qui connaissait 9:53 la nature de par quelques expériences en vacances et les parcs et jardins, justement. 9:58 J'étais assez éloigné. 9:59 Je ne pensais pas forcément que j'allais, demain, participer à la gestion d'un 10:03 restaurant qui a lieu. Mais par contre, je me souviens qu'avec des amis, on voulait 10:08 ouvrir le premier restaurant de kebab végétarien de France. 10:12 Donc, finalement, il y avait quand même un petit truc autour de l'alimentation durable, 10:16 la transition écologique. 10:18 Donc, voilà, c'était peut-être demain. 10:19 On aura du kebab végétarien au TALU pour boucler la boucle. 10:24 Merci à Hippolyte Leboniec, co-directeur administratif et financier du TALU à 10:28 Marseille. Vous pouvez retrouver ce podcast sur notre site impact.info. 10:33 C'était Impact.info, entreprendre autrement. Intégrer cette interview sur votre site
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