Gabrielle Légeret
Inclusion

Gabrielle Légeret

Fondatrice & Directrice Générale — De l'or dans les mains

Pourquoi faut-il réhabiliter les métiers manuels ?

10:50·27 mai 2026

Gabrielle Légeret est la directrice générale et fondatrice de l'association De l'or dans les mains, qui a pour mission de réintégrer la pratique manuelle au collège.

« J'ai grandi à la campagne, où j’ai vu beaucoup d'ateliers de manufacture fermer, faute de transmission, faute de repreneurs. Et pourtant, ce sont des endroits, d’autant plus en ruralité, qui sont des leviers indispensables de dynamisme culturel et même social. Et pour autant, au collège, on ne nous parlait pas de ces métiers, de ces potentiels d'avenir et même, ces compétences manuelles ne sont pas du tout valorisées, évaluées, encouragées par le système éducatif et donc par la société », explique Gabrielle Légeret.

Un constat est à l’origine de l’association De l’or dans les mains : la pratique manuelle n'est pas suffisamment mise en avant au sein du système éducatif, alors même que tous les enfants ne se retrouvent pas dans l’approche très théorique et abstraite proposée par le système scolaire.

Par ailleurs, d'ici 2030, 2,8 millions de nouveaux emplois seront créés pour la transition écologique, parmi lesquels 80 % seront manuels.

Dans cette optique, De l’or dans les mains va articuler son action autour de 2 axes. Le premier est celui de l'action de terrain, dans 9 académies de l’Éducation nationale, au sein de 6 régions, soit une cinquantaine de collèges. Il s’agit de faire intervenir des artisans en classe sur le temps scolaire, lesquels vont faire fabriquer un objet aux enfants.

Ainsi, des bancs pour la cour d'école vont être construits par les enfants, en lien avec leur programme de maths. En couture, ils vont fabriquer des pochettes pour leurs cahiers, et ainsi mettre en application le calcul d'une aire, le calcul d'un angle. Depuis ses débuts, l’association a sensibilisé 10 000 jeunes en France aux métiers manuels.

« Mais on est très conscients qu’on ne pourra jamais couvrir tous les établissements de France », relève Gabrielle Légeret. D’où le second volet de son action, consacré à la mesure d’impact, à la recherche et au plaidoyer pour porter ces sujets auprès des pouvoirs publics.

Car de nombreux stéréotypes sur ces métiers sont encore à casser. « Pendant très longtemps, les métiers manuels ne payaient pas toujours très bien. Ce sont des métiers qui sont pénibles, mais il y a beaucoup de choses qui sont en train de changer, notamment avec l'arrivée de l'IA », explique Gabrielle Légeret.

« Je suis convaincue que ces métiers sont en train de prendre de la valeur et, de toute façon, nous n'allons pas avoir le choix de les revaloriser, même monétairement, parce qu'on va en avoir besoin pour la transition écologique et sociale qui a déjà commencé. On ne va pas avoir le choix que d'être beaucoup plus autonomes pour notre énergie ou encore pour la fabrication de nos vêtements. Et on a toutes les solutions en France pour réussir cette transition. Mais en effet, il faut choisir de mieux valoriser l'insertion professionnelle vers ces métiers », conclut Gabrielle Légeret.

Questions fréquentes

  • Les compétences manuelles englobent des savoir-faire pratiques comme la couture, la menuiserie ou la fabrication d'objets. Elles sont essentielles car elles permettent aux élèves d'apprendre de manière concrète et de développer des compétences qui seront cruciales pour leur avenir, notamment dans le cadre de la transition écologique où de nombreux emplois manuels seront créés.
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 27 mai 2026
Crédit photo — Rebecca Tolpakian

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