Adrien Bourzat est le président et fondateur d’App’Inès, une solution de recrutement pour les professionnels de santé.
A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année.
Il s’agit de la mise en lumière du témoignage d'Adrien Bourzat , président et fondateur d'App'Inès .
Bonne écoute !
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 4 septembre 2026
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 On a souhaité s'attaquer à la problématique du recrutement 0:03 parce qu'en fait, c'est la continuité des soins. 0:05 Si les soignants veulent souffler, 0:07 ils ont l'obligation de trouver un remplaçant 0:09 et c'est très compliqué. 0:10 Donc, qui dit ne pas souffler, ne pas prendre de vacances, 0:14 qui peut appeler le Bernard ? 0:16 Et donc, c'est dramatique. 0:17 Et via le recrutement de remplaçants notamment, 0:20 ça leur permet de prendre du temps off 0:22 pour leur famille, pour eux, 0:24 tout en assurant la continuité des soins pour les patients. 0:27 Il faut savoir qu'aujourd'hui, 0:29 pratiquement plus d'un soignant sur deux 0:30 est en situation de quasi-bernard. 0:32 Donc, c'est dramatique, 0:33 que ce soit en libéral ou en salariat d'ailleurs. 0:35 Donc, on essaye déjà de répondre à cette problématique 0:38 via le produit 0:40 et on essaye aussi d'évangéliser un peu cette thématique 0:44 parce que depuis le Covid, 0:45 on a tous se tapé sur les casseroles dans la ruche 0:48 et après, ça s'est un petit peu éteint 0:50 et on a un petit peu trop oublié, je pense, 0:52 les soignants qui n'ont pas vu leur rémunération augmenter depuis. 0:57 La grande majorité qui continuent de souffrir un petit peu en silence 1:01 et sont en train d'être aidés, 1:03 ça passe par des innovations comme Apinès, 1:04 mais ça passe aussi par du soutien moral 1:07 et on continue auprès de ces professionnels-là. 1:14 Bonjour et bienvenue dans le podcast de celles et ceux 1:18 qui veulent faire bouger les lignes au sein de leur entreprise. 1:21 Soigner ceux qui nous soignent 1:22 ou déjà leur donner les moyens d'être plus sereins, 1:25 c'est possible notamment grâce à la technologie Adrien Bourzat. 1:30 Adrien Bourzat, le 29 mars 1988, 1:33 à Brive-la-Gaillard dans Corrèze 1:35 et président d'Apinès. 1:37 Apinès, petit jeu de mots, 1:38 parce qu'en réalité, c'est écrit A de P. 1:40 Et Annelès. 1:41 Apinès, qu'est-ce que c'est ? 1:42 Alors, Apinès, c'est une solution de recrutement 1:45 pour les professionnels de santé. 1:47 Donc, c'est tout simplement une solution 1:49 qui permet aux soignants de se mettre en relation 1:52 pour des missions de remplacement, 1:54 de collaboration, d'assistanat 1:56 et depuis peu, même trouver un job en salariat. 1:58 Qu'est-ce que c'est venu finalement aider ? 2:01 En fait, Apinès est né d'une problématique familiale 2:04 parce que moi, j'ai mon frère qui est infirmier libéral, 2:07 que je ne vois jamais au fait de famille, 2:08 tout simplement parce qu'il a des difficultés 2:11 à partir de son cabinet infirmier et de se faire remplacer. 2:14 Il doit assurer ce qu'on appelle la continuité des soins, 2:17 soigner les patients en toutes circonstances. 2:19 Et s'il veut souffler un peu, il faut qu'il trouve un remplaçant. 2:22 Et donc, suite à cette discussion avec mon frère, 2:24 j'ai bien compris la problématique des soignants 2:27 qui n'ont ni le temps, parce qu'ils travaillent beaucoup. 2:29 Alors, en tant qu'entrepreneurs, on travaille beaucoup, 2:31 mais les soignants encore plus. 2:33 Ils n'ont pas forcément les formations initiales 2:36 pour bien recruter la marque employer 2:38 qu'on connaît dans le milieu privé. 2:40 Ce n'est pas trop leur sujet. 2:42 Et surtout, ils n'ont pas les bons outils. 2:44 Ils ont des petits groupes Facebook, 2:45 des petits groupes WhatsApp pour se mettre en relation. 2:48 C'est assez confidentiel et du coup, 2:50 très compliqué de se mettre en relation 2:52 avec d'autres soignants pour ces missions de remplacement. 2:54 Et c'est ce qui a venu solutionner la Happiness. 2:58 Alors, comment ça marche concrètement ? 3:00 Quand il faut télécharger l'application ensuite, 3:03 qu'est-ce qu'il faut faire ? 3:04 Alors, c'est très simple. 3:05 L'application est gratuite. 3:06 Donc, vous pouvez la télécharger sur Apple ou Google. 3:09 Bientôt, on aura une version web. 3:11 Donc, il sera possible aussi de s'inscrire 3:12 sur la version web directement. 3:14 Vous êtes une infirmière. 3:16 Vous souhaitez partir pour les fêtes, 3:19 aller voir votre famille. 3:20 Vous partez deux semaines. 3:21 Vous voulez trouver une remplaçante. 3:22 Vous vous inscrivez gratuitement. 3:24 Vous diffusez votre besoin de remplacement 3:27 en indiquant tous les critères de géolocalisation, 3:30 tous les critères de votre annonce, 3:32 la patientèle, votre tournée. 3:34 L'annonce est ensuite diffusée à l'ensemble de nos candidats. 3:36 Donc, on a aujourd'hui plus de 8 000 infirmières 3:39 et 50 000 soignants à l'ensemble de notre base. 3:43 Les remplaçantes, elles, sont alertées directement 3:45 sur leur téléphone et par mail de la mission. 3:48 Donc, les remplaçantes peuvent se connecter, 3:50 regarder la mission, postuler 3:52 et se mettre en relation directement 3:54 via une messagerie sécurisée 3:55 pour prendre ou pas la mission en question. 3:58 Et nous, on a tout un algorithme de matching 4:00 qui fait que les soignants sont beaucoup plus 4:02 facilement mis en relation. 4:03 Alors, cette formule, soigner les gens qui nous soignent, 4:05 en tout cas, avant de les soigner, les alléger. 4:08 J'imagine qu'il y a des retours, 4:09 qu'on vous fait des retours. 4:10 Quels sont-ils ? 4:11 Comment ça change leur quotidien ? 4:13 Oui, c'est ça. 4:14 Je suis tout à fait en phase avec l'idée 4:16 de soigner les soignants. 4:18 Aujourd'hui, ils passent énormément de temps 4:19 à s'occuper de l'administratif. 4:22 Il y a plein de sociétés qui ont attaqué 4:23 cette problématique par plusieurs endroits. 4:27 Mais nous, on a souhaité s'attaquer 4:29 à la problématique du recrutement 4:31 parce qu'en fait, c'est ce que je disais tout à l'heure, 4:32 c'est la continuité des soins. 4:34 Si les soignants veulent souffler, 4:36 ils ont l'obligation de trouver un remplaçant. 4:38 Et c'est très compliqué. 4:40 Donc, qui dit ne pas souffler, 4:42 ne pas prendre de vacances ? 4:44 Mon frère, je le vois, il est obligé 4:45 de continuer à travailler. 4:47 Et quitte à frôler le bernote, 4:49 parce qu'il ne prend jamais de congés. 4:50 Et donc, c'est dramatique. 4:52 Et via le recrutement de remplaçants notamment, 4:55 ça leur permet de prendre du temps off 4:57 pour leur famille, pour eux, 5:00 souffler tout en assurant la continuité 5:03 des soins pour les patients. 5:05 Il faut savoir qu'aujourd'hui, 5:06 pratiquement plus d'un soignant sur deux 5:08 est en situation de quasi-bernant. 5:09 Donc, c'est dramatique, 5:11 que ce soit en libéral ou en salariat d'ailleurs. 5:12 C'est pour ça qu'on a aussi une offre 5:15 pour staffer les hôpitaux 5:17 qui sont en manque de personnel soignant. 5:20 Avec certains qui arrêtent aussi, 5:22 avec ce rythme effréné qui cesse leur activité. 5:26 Oui, c'est un rythme effréné, comme vous dites. 5:28 Que ce soit en libéral ou en salariat. 5:30 Alors nous, on a la chance de pouvoir 5:33 adresser ces deux populations 5:34 avec leur besoin de trouver un job en salariat 5:37 ou de trouver un job en libéral. 5:40 Et on le voit, ceux en libéral veulent arrêter le libéral 5:42 parce qu'il y a trop de contraintes administratives, 5:45 c'est lourd, beaucoup de temps sur les routes. 5:47 Notamment pour les infirmières. 5:49 Donc, elles veulent retourner en salariat pour certaines. 5:51 Et on a de l'autre côté la population 5:54 de soignants en salariat qui trouve que, malheureusement, 5:58 la rémunération n'est pas à la hauteur de leur engagement. 6:00 Qu'elles n'ont pas assez de liberté d'entreprendre. 6:04 Et donc, elles se tournent vers le libéral. 6:06 Donc, nous, on joue, Happiness en tout cas, 6:08 on essaye de suivre ce mouvement et ce décloisonnement 6:11 entre l'activité libérale et salariale 6:13 pour adresser toutes les problématiques de recrutement 6:16 et faire en sorte que le soignant, au final, 6:17 soit le plus heureux possible. 6:19 Parce que c'est un peu la tagline Happiness, 6:21 c'est de dire qu'un soignant plus heureux, 6:23 ce sont des patients derrière une meilleure santé. 6:26 De quelle manière, Happiness vient changer les choses, 6:28 faire bouger les lignes, permet de mettre un coup de projecteur 6:32 peut-être aussi sur ces problématiques 6:35 et ces solutions qui existent pour aider les soignants ? 6:38 Oui, ne serait-ce que par l'outil. 6:39 Nous, on a un outil innovant. 6:42 On n'est pas simplement un site de petites annonces. 6:45 Donc, on a mis en place, par exemple, 6:48 de l'intelligence artificielle dans l'outil 6:50 pour vraiment faciliter et accélérer le recrutement. 6:52 C'est vraiment ce qui nous tient à cœur, 6:55 de se dire qu'avant, les soignants pouvaient trouver quelqu'un 6:59 sous une semaine, 15 jours, trois semaines. 7:01 Nous, l'idée, c'est qu'ils puissent trouver quelqu'un 7:04 dès le lendemain ou le jour J pour la mission. 7:08 Donc, on essaye déjà de répondre à cette problématique 7:11 via le produit et on essaye aussi, via mon compte LinkedIn, 7:16 via notre blog, via toutes les activités qu'on peut faire 7:19 en dehors du produit, d'évangéliser un peu cette thématique. 7:22 Parce que depuis le Covid, on a tous se tapé sur les casseroles 7:26 dans la ruche et après, ça s'est un petit peu éteint. 7:29 Et on a un petit peu trop oublié, je pense, les soignants 7:32 qui n'ont pas vu leur rémunération augmenter depuis, 7:36 pour la grande majorité, qui continuent de souffrir 7:39 un petit peu en silence et ils sont au sein d'ATD. 7:42 Ça passe par des innovations comme Happiness, 7:44 mais ça passe aussi par du soutien moral 7:46 et on continue auprès de ces professionnels-là. 7:49 Donc, Happiness a été reconnue comme une initiative innovante. 7:54 Vous avez été récompensé il n'y a pas longtemps également ? 7:56 Oui, exactement. 7:58 On a eu la chance d'être récompensé et d'être lauréat du NA20, 8:01 Nouvelle-Aquitaine, donc ça récompense les 19. 8:04 Alors normalement, c'est 20, je ne sais pas pourquoi il y en a 19. 8:06 19 start-up lauréates à impact sur le territoire. 8:11 Et en fait, pour Happiness, c'est venu récompenser 8:13 un petit peu tous les efforts qu'on met pour endiguer, 8:16 à l'échelle Happiness, endiguer la désertification médicale. 8:20 Moi, j'ai créé la société au fond de la Corrèze. 8:22 C'est un vrai désert médical. 8:24 J'ai connu ça dans ma jeunesse. 8:26 Et c'est difficile de trouver un soignant disponible. 8:29 Et donc, fluidifier comme ça le parcours des professionnels de santé 8:33 et le maillage territorial des soignants partout en France, 8:36 c'est un vrai enjeu. 8:37 Et c'est ce qui est venu récompenser la French Tech 8:39 en nommant Happiness comme lauréate du NA20. 8:48 Adrien Bourza, vous êtes président d'Happiness. 8:51 16 ans, c'est l'âge en France pour créer son entreprise. 8:54 Vous, à 16 ans, vous pensiez déjà innover en créant une application, 8:57 une entreprise, une start-up. 8:59 Qu'est-ce que vous aviez envie de faire ? 9:00 Finalement, est-ce que ça a du sens pour vous par rapport à vos aspirations 9:03 de l'époque, ce que vous avez réalisé aujourd'hui ? 9:06 Alors, 16 ans, pas du tout. 9:08 Créer une boîte, loin de là. 9:10 Mes parents sont fonctionnaires à l'hôpital. 9:13 L'esprit d'entreprendre n'était pas trop dans l'esprit familial. 9:16 Après, toute ma famille travaillait dans le milieu paramédical hospitalier, 9:20 ou a travaillé, maintenant ils sont à la retraite. 9:22 Donc moi, je voulais potentiellement me lancer dans les soins. 9:25 Je me suis un petit peu perdu en route, pour être tout à fait honnête, 9:27 parce que j'ai suivi un parcours qui est tout autre. 9:30 J'ai fait des études de commerce et lancé ce projet 9:34 suite à une discussion avec mon frère sur la route. 9:37 Ça m'a permis de rattraper un petit peu les wagons 9:40 et de remettre un pied dans le secteur de la santé, 9:42 qui est un petit peu le secteur familial. 9:45 Donc je suis très content de raccrocher les wagons. 9:48 Et ça fait, je profite de mon expérience un petit peu dans le commerce 9:51 pour essayer d'apporter des innovations à ce secteur qui en manque grandement. 9:56 Donc ce que je pourrais dire à quelqu'un qui a 16 ans aujourd'hui, 9:58 c'est le chemin est long, il y a encore le temps de faire bouger les lignes. 10:02 On peut le faire à 16 ans, on peut le faire à 30 ans quand moi j'ai lancé le projet. 10:06 On peut le faire à tout âge. 10:08 L'important, c'est d'avoir de l'impact et d'aider les soignants, 10:11 en tout cas sur cette thématique-là. 10:13 Merci Adrien Bourza, président d'Apines. 10:16 Vous pouvez retrouver ce podcast sur notre site impact.info. 10:20 C'était impact.info, entreprendre autrement. 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