Johann Kalchman est le cofondateur et CEO de Lifeaz, un défibrillateur connecté fabriqué en France, déployable dans les entreprises et les collectivités, mais aussi pour la première fois au domicile des particuliers.
A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année.
Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Johann Kalchman , cofondateur et CEO de Lifeaz .
Bonne écoute !
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 2 septembre 2026
Crédit photo — Lifeaz
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 Le constat de base qu'on a fait, c'est que le type de sujets comme l'arrêt cardiaque 0:04 a toujours été abordé comme une politique de santé publique 0:07 et pas du tout comme une politique un peu individuelle ou un droit individuel à se protéger. 0:11 Donc la manière dont ça a été fait ces 15 dernières années, 0:14 c'est on met un défilateur dans une gare parce qu'il y a un million de personnes qui passent dans la gare 0:18 et donc le défilateur a plus de chances d'être utilisé. 0:21 Mais les personnes qui sont dans la gare, 0:23 elles ont plutôt 99% de chances que ça leur arrive chez elles ou dans leur entreprise qu'à la gare. 0:29 Donc on a un peu retourné le fonctionnement. 0:31 On forme et on équipe des citoyens qui, eux, vont pouvoir changer les choses. 0:40 Bonjour et bienvenue dans le podcast de celles et ceux 0:43 qui veulent faire bouger les lignes au sein de leur entreprise. 0:46 Réagir au plus vite lors d'une crise cardiaque peut tout changer. 0:50 Johan Kalschmann. 0:52 Johan Kalschmann et je suis né le 21 juin 87 à Paris 0:57 et je suis co-fondateur et CEO de LifeEase. 1:00 LifeEase, qu'est-ce que c'est ? 1:01 J'ai travaillé dans les pacemakers et défilateurs implantables 1:04 dans une plutôt grosse boîte qui s'appelle Sorin. 1:07 Et à ce moment-là, j'ai découvert ou redécouvert 1:10 que la technologie pour sauver des personnes d'un arrêt cardiaque, elle existait depuis très longtemps. 1:15 Que quand on a un défilateur implantable, alors qu'on a un très haut risque, 1:18 on est protégé et que les gens lambda qui vont faire un arrêt cardiaque dans la rue, 1:22 chez eux, qui sont parfois beaucoup, beaucoup plus jeunes, 1:24 eux, aujourd'hui, ils n'ont que 5% de survie. 1:26 Je suis parti un peu de ce constat-là. 1:28 De fil en aiguille, j'ai vu que 80% des arrêts cardiaques ont lieu au domicile. 1:31 Et je me suis juste dit qu'on va créer un défibrillateur 1:35 qu'on va démocratiser et rendre accessible à tous. 1:37 Et donc LifeEase, c'est quoi ? 1:39 C'est partie d'une mission qui est de permettre à tous les citoyens, 1:42 à toute entreprise d'être capable de sauver une vie en cas d'arrêt cardiaque. 1:46 Et pour ça, on a développé un défibrillateur connecté, fabriqué en France. 1:50 Très, très simple à utiliser, 1:51 déployable dans les entreprises et collectivités, bien sûr, 1:54 mais aussi pour la première fois au domicile des particuliers. 1:57 Il suffit de se former quand même. 1:58 Comment ça se passe, justement, pour apprendre à l'utiliser ? 2:01 Alors déjà, ce qu'il faut savoir, c'est qu'utiliser un défibrillateur, 2:04 même dans une gare, dans la rue, vous n'avez pas besoin d'être formé. 2:07 Vous avez le droit, n'importe qui peut l'utiliser. 2:09 Et le défibrillateur, que ce soit le nôtre ou les autres, 2:11 sont extrêmement simples à utiliser. 2:13 Il y a une voie qui guide. 2:14 C'est le défibrillateur qui décide seul s'il faut débrancher ou pas. 2:17 On ne peut pas se tromper. 2:18 Donc, il n'y a pas besoin d'être formé pour utiliser un défibrillateur, 2:20 mais être formé, ça permet de savoir reconnaître un arrêt cardiaque, 2:23 d'avoir les bons gestes, de savoir qu'on peut utiliser un défibrillateur 2:26 et qu'il n'y a pas de risque, etc. 2:28 Donc, il y avait plusieurs problèmes 2:31 pour rendre le défibrillateur accessible aux particuliers. 2:33 Le premier, c'était le modèle économique 2:35 qu'on a abordé, notamment en étant fabricant et pas juste distributeur, 2:39 en créant notre propre défibrillateur, 2:40 en maîtrisant toute la ligne d'innovation et de production. 2:44 Et aujourd'hui, on rend notre défibrillateur accessible 2:46 à travers un abonnement et une trentaine d'euros par mois. 2:49 Donc ça, c'était très important. 2:50 Le deuxième problème, c'était la simplicité perçue du défibrillateur. 2:54 Il est blanc, il ne fait pas peur, il est plutôt petit, léger. 2:58 Il parle avec une voix qui rassure. 3:00 On a simplifié à l'extrême toute son utilisation. 3:03 Et il y a un autre problème qu'il fallait résoudre, 3:05 c'est la maintenance des défibrillateurs. 3:07 Aujourd'hui, dans les lieux publics, 3:08 un tiers des défibrillateurs ne fonctionnent pas, faute de maintenance. 3:12 Et le fonctionnement classique, c'est un technicien qui passe une fois par an. 3:15 Et en fait, on s'est juste dit, là, avec la technologie, 3:17 on peut changer beaucoup de choses. 3:18 Et notre défibrillateur est connecté, on le suit en permanence. 3:21 On peut le mettre à jour à distance. 3:23 On reçoit la moindre alerte s'il y a une batterie faible, 3:25 des électrodes périmées, s'il y a un problème technique. 3:28 Et donc, on peut le corriger. 3:29 Aujourd'hui, pour un particulier, c'est comme avoir une alarme chez soi. 3:32 Il peut avoir un défibrillateur, il sait qu'on veille dessus, 3:34 qu'il va fonctionner en cas d'urgence 3:36 et qu'il pourra changer les choses s'il y a un arrêt cardiaque. 3:38 À combien d'arrêts cardiaques ont pu être prises en charge immédiatement 3:41 grâce à LifeEase ? 3:42 L'arrêt cardiaque, c'est la première cause de mortalité évitable en France et en Europe. 3:47 C'est 50 000 morts chaque année en France. 3:49 Donc, c'est assez énorme. 3:50 Ça concerne tout le monde à tout âge. 3:52 Les victimes ont au moyen de 60 ans et parfois sont beaucoup plus jeunes. 3:55 Par exemple, chez le sportif amateur, c'est de l'ordre de 40 ans. 3:58 Et aujourd'hui, pour répondre à votre question sur ce qu'on a permis d'éviter, 4:02 il n'y a que 5 % de survie. 4:03 Donc, c'est extrêmement faible parce que pour sauver une vie, 4:06 il faut agir dans les premières minutes, dans les 4 premières minutes, 4:08 bien avant l'arrivée des secours. 4:10 Donc, toute la mission de LifeEase, c'est de faire en sorte que le premier témoin, 4:12 le proche, l'ami, le collègue ait un défibrillateur à portée de main 4:15 pour changer les choses. 4:16 Et aujourd'hui, avec LifeEase, il y a 92 vies qui ont pu être sauvées. 4:19 Absolument, des victimes de tout âge. 4:22 On a eu une petite fille de 11 mois, une femme de 96 ans, 4:25 un lycéen, des jeunes de 32, 35, 40 ans. 4:30 Vraiment, ça peut arriver à tout âge et en agissant vite, on peut tout changer. 4:34 En quoi ce que vous faites Bouge les lignes fait changer les choses ? 4:37 Évidemment, pour les personnes que ça a aidé, mais à plus grande échelle ? 4:42 Alors, en fait, le constat de base qu'on a fait, 4:44 c'est que le type de sujet comme l'arrêt cardiaque a toujours été abordé 4:48 comme une politique de santé publique 4:50 et pas du tout comme une politique un peu individuelle 4:52 ou un droit individuel à se protéger. 4:54 Donc, la manière dont ça a été fait ces 15 dernières années, 4:57 c'est on met un défibrillateur dans une gare 4:59 parce qu'il y a un million de personnes qui passent dans la gare 5:01 et donc le défibrillateur a plus de chances d'être utilisé. 5:05 Mais les personnes qui sont dans la gare, 5:07 elles ont plutôt 99% de chances que ça leur arrive chez elles 5:10 ou dans leur entreprise qu'à la gare. 5:12 Donc, on a un peu retourné le fonctionnement. 5:14 On s'adresse aux citoyens qui soient employés dans une entreprise, 5:18 dirigeant ou pour chez lui. 5:20 Et l'idée, c'est juste de lui donner la possibilité d'être protégé chez lui. 5:24 Mais il y en a aussi qui se baladent avec leur défibrillateur 5:26 dans leur sac à dos, dans leur voiture 5:27 et qui vont être altruistes et pouvoir sauver une vie. 5:30 Nous, en fait, on mit sur la personne et pas sur le lieu. 5:34 En fait, équiper une gare, c'est bien, 5:35 mais s'il y a personne qui est formé, qui est sensibilisé, 5:37 qui sait, qui peut l'utiliser, etc. 5:40 Ce n'est pas la même démarche. 5:41 Nous, on forme et on équipe des citoyens 5:44 qui, eux, vont pouvoir changer les choses. 5:46 Combien de citoyens outillés aujourd'hui ? 5:48 Combien demain ? 5:50 Alors, on a à peu près 22 000 défibrillateurs déployés. 5:54 Et combien demain ? 5:55 J'espère des centaines de milliers. 5:57 Il y a en Europe 100 millions d'extincteurs 6:00 et 1 à 2 millions de défibrillateurs. 6:01 Donc, on est très, très loin de ça. 6:03 Souvent, les gens se disent 6:04 « Oui, mais j'ai vu un défibrillateur au coin de la rue. » 6:07 Mais ça ne suffit absolument pas. 6:08 Il faut agir dans les quatre premières minutes. 6:09 C'est un peu comme vous dire 6:10 « Il y a un extincteur au coin de la rue. 6:11 Donc, s'il y a un incendie, ça ira. » 6:13 Ce n'est pas le cas. 6:14 Donc, vraiment, on est au tout début du chemin 6:16 et notre but, c'est de démocratiser 6:18 les gestes qui saubrent et les défibrillateurs. 6:20 Quels sont les enjeux pour un entrepreneur 6:22 de se diriger vers le secteur médical ? 6:26 Du coup, il y a pas mal de challenges. 6:28 Déjà, construire un produit hardware industriel, 6:31 ce n'est pas si commun. 6:32 En France, il y a beaucoup moins d'investissements 6:34 dans l'industrie, beaucoup moins d'aides là-dessus. 6:38 Donc, ça prend du temps. 6:39 Sortir un produit médical, 6:40 il faut obtenir les certifications. 6:41 Nous, ça a pris cinq ans de R&D 6:43 avant d'obtenir la certification médicale européenne. 6:46 Aujourd'hui, on a les dernières certifications 6:48 qui sont au plus haut niveau, 6:49 qui placent les défibrillateurs en classe 3. 6:51 Et ensuite, on s'est rajouté un autre challenge, 6:54 c'est qu'on a choisi de produire en France 6:56 pour des raisons de qualité, de proximité 6:58 et puis pour favoriser l'économie et l'emploi français. 7:01 Et ça, au départ, beaucoup de gens nous conseillent 7:04 plutôt d'aller au moins cher en Asie. 7:06 Donc, on se rajoute un challenge, 7:08 mais qui est largement justifié 7:10 de notre côté. 7:16 Johan Kalschmann, vous êtes cofondateur 7:18 et CEO de LifeEase. 7:19 16 ans, c'est l'âge en France pour créer son entreprise. 7:22 Peut-être avez-vous déjà ça en tête. 7:24 Que faisiez-vous à 16 ans ? 7:25 À quoi aspiriez-vous ? 7:26 Alors, à 16 ans, 7:27 je n'avais pas en tête de créer une boîte. 7:29 Je pense que j'étais vraiment en mode juste adolescent. 7:33 J'étais à profiter de la vie avec mes amis, 7:36 à être beaucoup dans le sport. 7:38 Je faisais du handball à un niveau assez élevé. 7:41 Et j'hésitais pour mon futur 7:43 entre être médecin, ingénieur ou même avocat. 7:46 Vraiment, je n'avais pas une idée très précise. 7:49 Comment ça s'est déroulé ensuite ? 7:51 Comment ça s'est déroulé ensuite ? 7:53 À partir de là, 7:54 lorsque j'ai passé mon bac, 7:56 j'ai fait prépa ingénieur 7:58 parce que ça m'intéressait. 8:00 J'étais plutôt passionné de ça. 8:02 J'ai beaucoup aimé la prépa. 8:04 Hyper challengeant, 8:05 dur, 8:06 mais hyper challengeant intellectuellement. 8:09 Et en prépa, 8:10 je voulais intégrer une école 8:12 pour faire de l'ingénierie dans le spatial. 8:15 J'aimais bien aussi le médical, 8:17 mais je m'orientais plutôt vers le spatial. 8:20 Puis après, 8:21 j'ai été dans une école généraliste. 8:23 J'ai été pris à Centrale Lille. 8:25 J'ai passé deux ans à Centrale. 8:28 Ensuite, 8:29 j'ai eu la chance de faire un double diplôme 8:31 pendant deux ans au Japon, à Tokyo. 8:33 Sachant que pendant mes années collège-lycée, 8:35 j'avais appris à parler japonais. 8:37 J'avais une appétence pour ça. 8:39 Au Japon, 8:40 je me suis spécialisé en biomédical. 8:42 Comme l'ont dit souvent des personnes 8:44 sur qui j'ai fait des stages 8:46 quand j'étais plus jeune, 8:47 quand on touche au médical, 8:48 on a du mal à en sortir 8:49 parce que c'est passionnant, 8:50 ça a un bel impact. 8:51 Et puis voilà, 8:52 on peut faire tellement de choses. 8:54 Est-ce que vous auriez imaginé 8:57 un produit comme LifeEase à l'époque ? 8:59 Est-ce que finalement, 9:00 ça prend tout son sens 9:01 par rapport à votre parcours aussi ? 9:03 Alors, 9:04 je n'aurais pas imaginé. 9:05 Est-ce que ça prend tout son sens ? 9:07 En fait, 9:08 j'ai une histoire aussi personnelle. 9:09 J'ai perdu mon père 9:10 d'un arrêt cardiaque 9:11 quand il avait 33 ans. 9:12 J'avais deux ans. 9:13 C'était il y a une trentaine d'années. 9:15 Pour répondre à votre question, 9:16 oui, 9:17 ça prend tout son sens 9:18 mais ce n'était pas tracé. 9:19 J'aurais pu finir 9:20 dans n'importe quelle autre boîte 9:21 donc le destin est parfois bien fait. 9:23 Mais en tout cas, 9:24 c'est ce qui fait aussi 9:25 que quand c'est difficile, 9:26 quand on fait 5 ans de R&D 9:27 pour sortir le produit 9:28 et qu'on nous dit 9:29 que ce n'est pas possible, 9:30 on a une raison particulière 9:31 pour aller beaucoup plus loin 9:32 et pour se dire 9:33 qu'il faut rendre accessible 9:34 les défenseurs à tous 9:35 pour que ça puisse changer les choses 9:36 pour d'autres familles. 9:37 Merci à Johan Kalschmann, 9:38 cofondateur et CEO de LifeEase. 9:39 Vous pouvez retrouver ce podcast 9:40 sur notre site impact.info. 9:41 C'était Impact.info, 9:42 entreprendre autrement. 9:55 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org Intégrer cette interview sur votre site
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