Augustin Courtier est le cofondateur et responsable du développement et des partenariats de l'association Latitudes, qui traite la question de l'impact du numérique sur la société et sur l'environnement.
A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année.
Il s’agit de la mise en lumière du témoignage d'Augustin Courtier , cofondateur et responsable du développement et des partenariats de l'association Latitudes .
Bonne écoute !
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 19 août 2026
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 Aujourd'hui, on aborde la question du numérique par la question de comment est-ce qu'on utilise les outils du numérique 0:05 et pas tant sous l'angle de leur impact sur la société. 0:08 Et donc, tout ce qu'on essaie de faire, c'est justement de remettre cette question au cœur de son enseignement 0:12 pour qu'on apprenne à l'utiliser de manière plus saine et plus soutenable. 0:21 Bonjour et bienvenue dans le podcast de celles et ceux qui veulent faire bouger les lignes au sein de leur entreprise. 0:28 Une technologie plus citoyenne, plus accessible, plus diverse, engagée, sobre, respectueuse de l'humain est possible. 0:35 Augustin Courtier. 0:37 Alors, je m'appelle Augustin Courtier, j'ai 31 ans et je suis né en région parisienne. 0:43 Et j'habite aujourd'hui toujours à Paris et j'ai cofondé l'association Latitude il y a 8 ans maintenant. 0:48 Et donc, je suis responsable notamment de la partie développement et partenariat. 0:51 Alors, l'association Latitude, qu'est-ce que c'est ? 0:54 La problématique qu'on veut adresser avec Latitude, c'est la question de l'impact du numérique sur la société et sur l'environnement. 1:00 Et donc, depuis 8 ans, on travaille beaucoup sur la thématique de l'éducation avec Latitude. 1:04 Donc, on déploie des programmes d'éducation aux impacts sociaux et environnementaux du numérique 1:09 qui peuvent prendre la forme de jeux de cartes. 1:11 Par exemple, on a créé la bataille de l'IA pour développer l'esprit critique autour de l'impact de l'IA sur la société et l'environnement, 1:17 ou de programmes d'engagement citoyen. 1:19 Par exemple, on a créé l'Open Data University pour permettre à des personnes qui ont des compétences en analyse de données 1:24 de faire de l'analyse de données au service de thématiques comme l'accès à la culture, la transition écologique, les nouvelles mobilités, etc. 1:32 Et donc, aujourd'hui, on est une équipe de 15 salariés et 550 bénévoles un peu partout en France. 1:37 Et notre métier, ensemble, c'est de former des citoyens et des citoyennes aux impacts du numérique. 1:43 Alors, justement, quels sont les impacts du numérique ? 1:46 Les impacts du numérique sont très nombreux. 1:48 Justement, on a une approche assez globale avec l'attitude dans le sens où on traite à la fois des enjeux sociaux et environnementaux du numérique. 1:55 Et on les a regroupés en six thématiques pour les citer. 2:00 La sobriété numérique, l'impact du numérique sur l'environnement. 2:03 Les enjeux de citoyenneté numérique. 2:05 Donc, c'est tout l'impact du numérique sur notre démocratie, pour faire simple. 2:08 Donc, les sujets de fake news, de données personnelles sur Internet, etc. 2:13 Les enjeux de diversité dans le numérique. 2:15 Les enjeux d'accessibilité du numérique. 2:17 Les sujets de respect de l'humain. 2:18 Donc, c'est tout l'impact du numérique sur notre santé, où on parle de thématiques comme l'addiction aux écrans ou la santé mentale sur les réseaux sociaux. 2:25 Et enfin, la thématique de l'engagement citoyen. 2:27 Au final, ce qu'il faut retenir de comment est-ce qu'on traite le numérique, c'est qu'on essaie de questionner l'utilité du numérique. 2:33 C'est à la fois voir le côté positif sur certaines thématiques, mais aussi être lucide sur les impacts négatifs du numérique pour apprendre à mieux les maîtriser. 2:41 C'est intéressant parce que finalement, tout ça est arrivé très vite et on n'a pas forcément les clés pour analyser, pour maîtriser ce numérique. 2:50 Très vite, oui et non. 2:51 Justement, par exemple, dans notre atelier La bataille de l'IA, il y a une partie de l'atelier qui est dédiée justement aux faits marquants de l'IA de 1950 à nos jours. 2:59 On prend conscience que ce n'est pas une vague qui n'a que deux ans. 3:02 Ça fait des dizaines d'années que ces technologies sont en développement ou utilisées. 3:07 C'est aussi que c'est un sujet qui est souvent méconnu et qui apparaît comme un sujet technique réservé à des experts ou à des expertes. 3:13 Une partie de notre travail chez Latitude, c'est de montrer que ce n'est pas le cas. 3:17 C'est un sujet qui concerne tout le monde parce que les cas d'usage du numérique ou par exemple de l'intelligence artificielle sont bel et bien concrets dans nos quotidiens. 3:24 Pour donner l'exemple de l'IA dans les files de recommandation, dans les systèmes de transport intelligent. 3:30 Ce sont des choses qui sont dans nos quotidiens depuis des dizaines d'années. 3:34 Par contre, ce sont des questions qui sont peu ou mal abordées dans nos cursus de formation. 3:39 Aujourd'hui, on aborde la question du numérique un peu plus par la question de comment est-ce qu'on utilise les outils du numérique et pas tant sous l'angle de leur impact sur la société. 3:48 Tout ce qu'on essaie de faire, c'est justement de remettre cette question de pourquoi le numérique au cœur de son enseignement pour qu'on apprenne à l'utiliser de manière plus saine et plus soutenable. 3:58 Vous l'avez dit, ça concerne tout le monde. 4:00 J'imagine que vous adressez à tout le monde. Est-ce qu'il y a des programmes des entrées plus spécifiquement peut-être sur les jeunes ou les femmes ? 4:07 Ou est-ce qu'il y a d'autres spécificités dans vos approches ? 4:10 Oui, tout à fait. On a quand même, derrière tout le monde, quelques publics plus spécifiques. 4:16 Notamment, on a des programmes dédiés à la jeunesse, donc pour les jeunes en collège et lycée. 4:20 Avec des ateliers dédiés à la découverte des métiers du numérique pour aider les jeunes dans leur orientation et aussi au développement de leur esprit critique. 4:27 On a un ancrage assez fort dans l'enseignement supérieur auprès des étudiants et des étudiantes. 4:32 Puisque pour nous, c'est une période assez clé où on passe d'adolescent à adulte et où on construit aussi pas mal de réflexions sur son parcours professionnel. 4:40 Donc, c'est un moment aussi hyper intéressant pour faire prendre conscience des enjeux liés au numérique. 4:44 Et enfin, on a un public plus sur la formation continue qui s'adresse à la fois à des professionnels dans le monde public et privé. 4:52 Et de plus en plus, on travaille aussi avec les acteurs de la médiation numérique pour justement rendre ces questionnements accessibles à tout le monde. 4:59 Donc, il y a cette façon de vous rejoindre, c'est-à-dire via ces ateliers. On peut vous rejoindre autrement ? 5:04 On peut vous rejoindre en tant que bénévole ? On peut vous rejoindre en tant que mécène aussi ? 5:08 Oui, tout à fait. C'est le sujet sur lequel on a beaucoup travaillé ces trois dernières années, la question du bénévolat. 5:14 En trois ans, on est passé de 50 à 100 bénévoles par an à 550 bénévoles actifs et actives partout en France. 5:22 Et donc aujourd'hui, lorsqu'on voit si c'est une thématique qui nous intéresse ou vous voulez en savoir plus, 5:28 devenir bénévole, c'est le meilleur moyen pour qu'on vous forme à ces thématiques-là. 5:32 Et ensuite, qu'on vous donne des outils clés en main pour que vous puissiez en parler autour de vous, 5:35 que ce soit à vos proches, mais aussi peut-être dans votre entreprise, votre association ou votre école. 5:42 Donc ça, c'est vraiment le plus simple aujourd'hui pour participer à l'aventure de l'attitude. 5:47 Et effectivement, après, on cherche des partenaires financiers ou non financiers sur l'ensemble de nos programmes. 5:52 Et pour ça, le mieux, c'est d'aller sur notre site Internet où tous les programmes sont dédiés. 5:56 Il y en a qui sont présentés, il y en a qui sont dédiés à la sobriété numérique, d'autres plutôt à l'éducation des jeunes, d'autres plutôt à l'IA. 6:02 Et donc, en fonction de l'intérêt de votre structure, on a forcément des programmes qui peuvent vous intéresser. 6:07 En quoi, selon vous, ce que vous proposez est différent de ce qui existe ? 6:11 Apporte une pierre supplémentaire à l'édifice, change les choses, fait bouger les lignes spécifiquement ? 6:16 Je pense qu'il y a trois points spécifiques qui font que l'EdStud est un peu spécial. 6:20 Le premier, c'est la thématique qu'on traite. 6:22 C'est aujourd'hui, comme on le disait, c'est un peu notre raison d'être, 6:25 mais les questions d'impact numérique sont très peu enseignées. 6:28 Pour donner un chiffre, il y a seulement 7% des professionnels de la formation numérique 6:32 qui forment aux impacts environnementaux du numérique. 6:35 Donc, c'est vraiment anecdotique. 6:37 Et donc, on va dire, de par nos contenus, on apporte une innovation dans l'éducation nationale 6:42 ou l'enseignement supérieur notamment. 6:44 Deuxièmement, je pense qu'il y a la manière de le faire, notre modèle de déploiement, 6:48 où depuis trois ans, on a beaucoup travaillé sur la mobilisation citoyenne de bénévoles. 6:52 Et dans les trois prochaines années, on s'attaque à la formation des professeurs 6:56 pour vraiment travailler main dans la main avec les professionnels de l'éducation 7:00 pour les former à utiliser nos ressources en autonomie. 7:03 Et enfin, il y a aussi la manière dont on organise la vie de l'association, 7:08 où on essaie de beaucoup innover dans nos politiques de ressources humaines 7:12 avec une politique de congé libre et conscient. 7:15 On a mis en place il y a six mois la semaine de 4,5 jours 7:18 sans baisse de salaire au sein de l'équipe salariée. 7:21 Voilà, on essaie de mettre en place des politiques 7:23 qui nous permettent aussi d'innover à ce niveau-là. 7:25 Vous parlez de l'empreinte écologique. 7:27 Est-ce qu'il y a des trucs et astuces ? 7:29 À savoir, pour limiter son empreinte numérique, 7:32 on dit de trier ses mails. 7:33 Est-ce qu'il y a des choses à faire faciles finalement pour tout le monde, 7:36 assez simples à réaliser ? 7:38 Oui, effectivement. 7:39 Et d'ailleurs, trier ses mails, c'est souvent l'action qui est citée, 7:42 mais ce n'est vraiment pas celle qui a le plus d'impact. 7:45 Et donc, ce qu'il y a à retenir sur l'empreinte environnementale du numérique, 7:48 c'est que l'impact principal du numérique, 7:50 c'est plutôt sur le matériel électronique qu'on utilise, 7:53 donc nos téléphones, nos ordinateurs. 7:55 Et donc, s'il y a une action à prendre pour réduire son empreinte à titre individuel, 8:00 c'est d'allonger la durée de vie de son matériel, 8:03 de l'acheter de manière reconditionnée, 8:05 de le recycler une fois qu'il est en fin de vie ou de le donner. 8:07 C'est vraiment ça le principal. 8:09 Après, évidemment, tous les gestes sont bons à prendre. 8:11 Et après, il y a des sujets plus au niveau des organisations ou du système, 8:15 notamment avec l'arrivée de l'IA ces deux, trois dernières années 8:18 qui chamboulent pas mal aussi l'impact environnemental du numérique 8:21 avec des systèmes numériques qui sont de plus en plus gourmands, 8:24 à la fois en énergie et en matériel électronique, 8:28 avec notamment la construction de pas mal de data centers 8:31 pour répondre à ces besoins grandissants de puissance de calcul. 8:34 Mais en tout cas, ce qu'il faut retenir, c'est qu'à son échelle, 8:36 le matériel est vraiment ce qui a le plus d'impact. 8:39 Peut-être un des sujets qu'on essaie de défendre aussi dans le sujet du numérique, 8:42 c'est celui de prendre le temps. 8:44 Et dans cette accélération permanente sur les questions numériques, 8:47 on vient d'initier notre cycle stratégique 2025-2027 8:51 qui s'intitule Bienvenue dans le temps long, 8:53 qui est une invitation à se poser les bonnes questions, 8:55 à prendre le temps de digérer toutes ces évolutions technologiques 8:58 et apprendre à questionner aussi ce progrès, 9:00 et de se poser la question de quel est le bon progrès finalement. 9:03 Peut-être pour les personnes qui nous écoutent, 9:06 faire vivre ces réflexions et ne pas hésiter à prendre le temps 9:09 plutôt que de céder aux sirènes technologiques 9:13 qui nous poussent à toujours plus de technologies plus rapidement, 9:16 ce qui n'est pas le message que nous portons. 9:18 Impact.info, entreprendre autrement. 9:22 Augustin Courtier, vous êtes cofondateur de l'association Latitude. 9:26 16 ans, c'est l'âge pour créer son entreprise en France. 9:29 Vous, à 16 ans, vous étiez déjà intéressé par le numérique. 9:32 À quoi vous destinez-vous ? 9:34 Est-ce que vous vous imaginiez où vous êtes aujourd'hui ? 9:37 Alors non, pas du tout. 9:39 À 16 ans, je pense que j'avais plutôt peur des métiers d'informatique 9:42 qui ne m'attiraient pas du tout. 9:44 J'étais consommateur de numérique pour les jeux vidéo 9:47 ou ma vie sociale personnelle, 9:50 mais les métiers ne m'intéressaient pas du tout. 9:53 Et de fil en aiguille, effectivement, pendant mes études d'ingénieur, 9:56 j'ai aussi compris toutes les ramifications 9:59 qu'il y avait dans le monde informatique 10:01 et à quel point ça aiguait aujourd'hui tous les secteurs d'activité. 10:04 C'est un peu ça qui a déclenché mon intérêt pour l'informatique, 10:07 donc je suis devenu ingénieur en informatique. 10:09 Et c'est aussi à ce moment-là que j'ai compris 10:11 que ça avait un impact sur plein de points de la société. 10:13 Et c'est plutôt par cet angle-là que je m'y suis intéressé, 10:15 mais à la fois sur l'entrepreneuriat et sur le numérique à 16 ans, 10:18 ce n'est pas des thématiques qui m'attiraient. 10:20 Mais finalement, la vie, les rencontres m'y ont amené progressivement. 10:24 Merci à Augustin Courtier, cofondateur de l'association Latitude. 10:28 Vous pouvez retrouver ce podcast sur notre site impact.info. 10:33 C'était impact.info. 10:35 Entreprendre autrement. 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