En France, l’empreinte carbone moyenne s’élève à 8,2 tonnes de CO₂ par habitant, bien loin des 2 tonnes nécessaires pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris. Pour Anouk Jugla, réduire cet impact ne peut pas reposer uniquement sur les comportements individuels. “On ne peut pas sur-culpabiliser les individus dans un problème qui est global”, affirme-t-elle.
Si les choix de consommation restent importants, la transition écologique passe aussi par les entreprises et les politiques publiques. L’enjeu est de sortir de ce que l'on appelle le “triangle de l’inaction”, où chacun renvoie la responsabilité aux autres.
Pour les entreprises, tout commence par le bilan carbone. Cet état des lieux permet d’identifier les principaux postes d’émissions et les leviers d’action, qui diffèrent selon les secteurs d’activité. “Ce qu’on peut calculer, on peut le réduire”, résume Anouk Jugla.
Si le recul récent de la directive européenne CSRD a freiné certaines obligations, elle constate que la dynamique se poursuit. De plus en plus de grands groupes, de banques et de collectivités demandent désormais un bilan carbone à leurs fournisseurs ou intègrent des critères extra-financiers dans leurs appels d’offres.
Chez Carbo, cette logique s’applique aussi en interne. L’entreprise publie son propre bilan carbone, privilégie le train pour les déplacements professionnels et expérimente depuis 2023 la semaine de quatre jours. Au-delà de la réduction de l’empreinte environnementale, cette organisation vise à redonner du temps aux salariés. “La réappropriation du temps est un levier pour une écologie heureuse”, explique Anouk Jugla.
Pour la responsable RH, construire une entreprise plus écologique ne consiste pas seulement à réduire ses émissions. C’est aussi créer un modèle plus transparent, plus collaboratif et plus désirable, capable de concilier performance économique, bien-être des salariés et responsabilité environnementale.











