Mona Hitti est la directrice générale de l’association Réseau Môm’artre présente en Ile-de-France, à Nantes, Marseille et dans les Hauts-de-France, dont la mission est de révéler le potentiel de chaque enfant à travers une éducation artistique, citoyenne et inclusive, laquelle représente un des leviers essentiels pour réduire les inégalités.
A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publié cette année.
Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Mona Hitti , co-fondatrice de l'association Réseau Môm'artre .
Bonne écoute !
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 11 août 2025
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 Bonjour et bienvenue dans le podcast de celles et ceux qui veulent faire bouger les lignes 0:09 au sein de leur entreprise. 0:11 Donner l'accès à la pratique artistique, à la culture, aux soft skills, aux enfants 0:16 est un bienfait majeur qui les accompagnera ensuite tout au long de leur vie et en particulier 0:21 à ceux qui en sont le plus éloignés, notamment pour des raisons de précarité. 0:25 Mona Iti. 0:27 Mona Iti naît le 20 octobre 1978 et moi ça fait toujours son petit effet parce que j'ai 0:34 la chance d'être née à Rio de Janeiro au Brésil. 0:36 Mes parents ont été expatriés quelques années, donc je suis de nationalité brésilienne, 0:40 franco-brésilienne. 0:41 On y a vécu quelques années et on est revenu ensuite en France. 0:45 Je suis aujourd'hui directrice générale de l'association Réseau Montmartre. 0:48 Alors tout simplement, Réseau Montmartre, qu'est-ce que c'est ? 0:51 Réseau Montmartre est né il y a 23 ans à Montmartre, donc la première antenne, le 0:56 lieu d'accueil était dans le 18e à Montmartre. 0:58 Ça a bien essaimé puisque aujourd'hui on est présent dans toute l'île de France, 1:02 dans les pays de la Loire à Nantes, à Marseille on a beaucoup d'activités et on est en train 1:06 de se déployer dans les Hauts-de-France. 1:07 Donc on est aujourd'hui une association d'envergure nationale dont la mission est de révéler 1:12 le potentiel de chaque enfant à travers une éducation artistique, citoyenne et inclusive. 1:17 Concrètement, ça veut dire permettre à un maximum d'enfants et plutôt des enfants 1:22 qui n'ont pas accès à ça dans leur quotidien de pouvoir être en contact avec la pratique 1:28 artistique, les arts, la culture. 1:31 Vraiment la conviction c'est que c'est un des leviers, c'est pas le seul, on se dit 1:35 pas qu'il n'y a que ça, mais c'est vraiment un des leviers importants et on n'est pas 1:38 les seuls à le dire, pour réduire les inégalités. 1:41 La culture c'est très large, c'est les livres à la maison évidemment, mais l'accès 1:46 à tout ce qui est expression artistique, que ce soit art vivant, art plastique, ça 1:50 permet un développement des fameuses compétences douces, les soft skills dont on a tant besoin 1:55 et dont les enfants d'aujourd'hui auront tant besoin demain et qui si on n'y a pas 1:59 accès alors se creusent les inégalités entre ceux qui notamment sur le temps périscolaire 2:04 ont accès à tout ça et les autres. 2:05 Donc nous on a des lieux d'accueil concrètement, on va chercher les enfants à la sortie de 2:08 l'école, on s'occupe d'eux jusqu'à 19h30, c'est des enfants de 4 à 11 ans et puis c'est 2:13 la rencontre avec des artistes qui viennent mener des projets avec les enfants sur plusieurs 2:17 séances, c'est pas un coup comme ça, avec un temps de vernissage à la fin et donc 2:22 ces antennes on en a plusieurs sur ce format là, mais on mène également plein de projets 2:26 artistiques qu'on appelle Or les murs, donc on va dans les établissements scolaires pour 2:30 mener des projets, dans les crèches aussi parce qu'on a beaucoup déployé d'activités 2:34 depuis presque une dizaine d'années maintenant auprès de la petite enfance, il y a vraiment 2:37 une prise de conscience, on l'a entendu dans les médias récemment, que le secteur 2:41 de la petite enfance c'est compliqué et nous on vient, on intervient en complément 2:44 de l'équipe éducative dans les crèches pour venir apporter de l'éveil artistique 2:48 du tout jeune enfant, en rapport avec le programme des 1000 premiers jours, cette idée que vraiment 2:53 il y a beaucoup de choses qui se jouent dès cet âge là, et puis on va aussi dans les 2:57 collèges intervenir sur des temps de la pause déjeuner par exemple pour mener des projets 3:01 artistiques avec les jeunes, on est également organisme de formation, donc on forme également 3:05 les professionnels de l'éducation, de l'animation pour augmenter les compétences des professionnels 3:10 du secteur. 3:11 Et les crèches ferment tôt, les modes de garde ferment tôt, vous offrez un plus large 3:16 spectre de propositions ? 3:18 Complètement, et puis il y a quelque chose de très particulier, c'est qu'on travaille 3:22 et vraiment on surveille ça, je dirais même comme le lait sur le feu, sur la mixité 3:25 sociale. 3:26 Souvent je me dis mais en fait on donne à voir et vraiment on fait la preuve chaque 3:30 jour que c'est possible cette histoire de vivre ensemble en fait, et nos vernissages 3:33 moi je trouve que c'est magique à chaque fois, c'est qu'on a aussi bien les bobos 3:37 du quartier qui ont mis leurs enfants parce que c'est super et ils voient bien la qualité 3:41 artistique. 3:42 Des familles qui ont été orientées par des assistantes sociales, par les programmes 3:45 de réussite éducative parce que c'est un enfant en difficulté, voilà, pas du tout 3:49 le même contexte et tout ce monde là se retrouve, c'est aussi du lien entre parents, 3:53 on fait beaucoup de soutien à la parentalité et le lien entre parents il est super, et 3:57 des enfants qui sinon ne se parleraient jamais, qui se rencontrent en fait, on crée des lieux 4:01 de rencontres quelque part et en fait au bout du bout c'est du lien social tout ça. 4:05 Je trouve qu'il y a quelque chose comme ça dans notre particularité parce qu'en effet 4:08 on crée des endroits qui n'existent pas sous cette forme-là, avec cette mixité 4:12 sociale-là, avec cette exigence artistique aussi, parce que nous c'est une démarche 4:16 associative, donc entrepreneuriale, donc on veut toujours que ce soit toujours meilleur, 4:21 on a un travail sur une charte artistique, voilà, je dirais que ça c'est la différence 4:27 des moyens très contraints parfois, des propositions municipales, en même temps c'est complètement 4:32 accessible voire gratuit pour certains publics, donc elle est un peu là notre particularité 4:36 et en effet on s'est élargi au fil des années, on nous rétorque un peu souvent qu'on fait 4:40 beaucoup de choses, mais en fait les besoins sont là, donc aujourd'hui en effet on intervient 4:45 de la crèche au collège, mais toujours avec une ligne qui est des projets artistiques 4:51 et citoyens, il y a aussi cette dimension citoyenne qui est importante, donc de faite 4:55 par la mixité, mais les projets eux-mêmes vont intégrer une dimension citoyenne, on 4:58 va pas seulement faire un travail de photos, de lino-gravure ou de théâtre, mais on va 5:05 faire un projet photo sur la question de l'égalité fille-garçon, ou sur la question du harcèlement 5:10 scolaire, évidemment on y va pas à frontale comme ça, mais on va dire tiens on va interroger 5:14 cette question-là avec les enfants et donc la parole se libère, c'est aussi des espaces 5:18 dans les piliers pédagogiques de notre pédagogie, l'accueil des émotions, la pédagogie positive, 5:23 donc c'est aussi des espaces par rapport au temps scolaire qui est contraint, et c'est 5:28 bien normal, c'est-à-dire il y a une logique d'évaluation, nous on se situe vraiment 5:31 dans le champ de l'éducation populaire, où il n'y a pas les bons et les mauvais, 5:35 il n'y a pas de notes, et donc c'est vrai que la parole est plus libre, c'est ni le 5:39 temps familial qui est très divers, comme je le disais, selon les familles, donc on 5:43 parle du tiers-temps d'ailleurs des enfants, donc on va pouvoir aborder des questions de 5:48 citoyenneté qui sont compliquées à aborder ailleurs, et ça c'est vrai que c'est une 5:53 particularité très Montmartre. 5:55 Qu'est-ce qui était à l'origine de la création de Montmartre ? Est-ce qu'il y 5:59 a eu un événement ? Est-ce qu'il y a eu une expérience de vie ? Est-ce qu'il y a 6:01 eu un constat, un questionnement, une rencontre, un hasard ? 6:04 Alors Montmartre a 23 ans et je ne suis pas la fondatrice, comme beaucoup d'associations 6:10 qui ont quelques années maintenant où il y a des passages de relais. 6:13 Chantal Minguenet qui a fondé l'association était maman solo, donc le point de départ 6:17 il est très marqué, et on l'a dans notre ADN du coup, elle était maman solo avec ses 6:23 deux filles et elle ne trouvait pas de solution de garde à la hauteur de son envie, et puis 6:28 en effet les horaires élargis, parce que nous on est ouvert jusqu'à 19h30, on va 6:32 chercher les enfants à la sortie des écoles qu'on desserre à pied, donc les parents 6:36 ils n'ont rien à faire, on va les chercher à ce type d'école, et à 19h30 ils viennent 6:39 les chercher. 6:40 On fait également l'aide aux devoirs et le temps du goûter, donc c'est vraiment 6:44 une proposition complète de soutien aux familles et le point de départ c'est vraiment ça, 6:48 c'est une maman solo du 18e du coup de Montmartre qui a créé une première antenne, en n'imaginant 6:53 pas du tout d'ailleurs que 20 ans plus tard ce serait une association nationale, et pendant 6:57 plusieurs années c'est resté une initiative assez locale, et puis il y a eu des soutiens 7:02 dans différents dispositifs de passage à l'échelle qui a permis d'essaimer le programme. 7:06 En quoi selon vous Montmartre fait bouger les lignes, change les choses, est spécifique, 7:10 unique dans le paysage ? 7:12 Eh bien je reviendrai vraiment, j'insisterai sur cette mixité sociale. 7:16 Il y a des très beaux projets par public, on a tendance dans le monde associatif à 7:20 saucissonner un peu les choses, donc il y a les dispositifs d'accueil d'enfants notamment, 7:25 le handicap c'est très marqué, c'est très spécifique, il y a les enfants qui 7:30 vivent en situation de sans-abris, tel public très spécifique et très fléché. 7:36 Je trouve que Montmartre a cette force, et ce qui nous rend unique c'est d'accueillir 7:40 inconditionnellement tous les publics dans une logique ultra locale, c'est-à-dire qu'on 7:44 est ancré localement, et là on va accueillir le quartier, et en ça on fait vivre ces fameux 7:49 quartiers, on est un bondi, on est à Argenteuil notamment, la gare d'Argenteuil, bon exemple, 7:53 la semaine dernière il y a eu une rixe sur la dalle de la gare, il y a eu un bout d'ailleurs 7:59 qui a abîmé notre vitrine, et la mairie nous a dit en fait on sait que là, ça faisait longtemps 8:03 que ce n'était pas arrivé, mais ils me tiennent à ce qu'on reste parce qu'on pacifie aussi les 8:07 lieux en fait, on est ce maillage très local de création de lien social entre les gens et 8:14 pour les enfants de demain quoi, donc ça c'est très particulier parce qu'on n'est pas encore 8:18 une fois spécifique à tel ou tel type de public, on permet la rencontre entre des personnes qui 8:23 sinon ne se rencontreraient pas, et avec une exigence entrepreneuriale encore une fois, 8:27 parce que dans l'associative moi j'aime bien cette idée plutôt d'entrepreneur, 8:31 parce que nous on a une majorité de salariés, on a quelques bénévoles qui viennent nous filer 8:35 un coup de main, mais c'est des salariés formés à ça, donc il y a un niveau d'exigence aussi qui 8:39 fait que c'est ce qui fait qu'on est toujours là 23 ans plus tard, je pense que c'est un bon 8:43 signal, on a des soutiens aussi de l'état, donc voilà, ça c'est aussi une bonne preuve qu'on 8:50 fait quelque chose de bien utile. Impact.info entreprendre autrement 8:56 Justement une entreprise on peut la créer à 16 ans en France, que faisiez-vous, à quoi 9:02 rêviez-vous, est-ce que vous aviez des idées qui convergeaient vers une création d'association 9:07 d'entreprise d'entrepreneuriat social engagé ? Alors dans mon histoire personnelle il y a le 9:12 Brésil, donc il y a déjà moi je suis née à l'étranger, mais aussi mon papa est libanais, 9:16 il est arrivé en France à 18 ans, il a rencontré ma maman, et donc j'ai ce truc très ancré d'être 9:22 citoyenne du monde, pour moi c'est une évidence, j'ai été dans un lycée international, et donc à 9:27 16 ans j'étais complètement baignée dans ce monde-là, et puis en me posant la question c'est 9:31 une exploratrice qui est revenue, je me rappelle j'adorais Indiana Jones, je me voyais bien et donc 9:36 dans un truc du monde entier quoi, d'aller au fin fond de l'Amazonie, d'aller dans des endroits 9:41 reculés pour aller explorer, trouver des trésors, j'adorais faire des chasses aux trésors et tout, 9:46 donc après le lien avec ce que je fais aujourd'hui, je crois que c'est en tout cas cette absolue 9:50 conscience qu'on est tous sur une petite planète, et la question des inégalités, j'y arrive, en fait 9:56 je crois que c'est tellement ancré chez moi, l'égalité absolue entre tout le monde, ça a pas 9:59 mal marqué je pense mon cheminement, parce qu'après j'ai fait un parcours académique, bien dans les 10:03 clous, bien comme il faut, très bon élève, et en fait ça m'a rattrapée quelque part, c'est-à-dire 10:07 que même si j'aurais pu faire, voilà, carrière dans des grands groupes, en fait je ne peux pas 10:13 vivre avec cette injustice-là, et me dire, il y a des choses à explorer, et peut-être des 10:19 solutions à trouver pour que ce petit monde fonctionne plus ensemble. Merci à Mona Itti, 10:25 directrice générale de l'association Réseau Momartre en Ile-de-France à Nantes Marseille, 10:29 et bientôt dans les Hauts-de-France, vous pouvez retrouver ce podcast sur notre site impact.info 10:43 ! Intégrer cette interview sur votre site
Affichez ce lecteur directement sur votre site pour partager l'interview avec votre audience.
Copier le code d'intégration Voir le code généré
Collez ce code dans un bloc HTML/code de votre site : « HTML personnalisé » sur WordPress, « Intégrer du code » sur Wix, bloc « Code » sur Squarespace.