Emmanuel Claude a créé Alphadiab il y a 12 ans avec pour objectif de simplifier l’accès aux soins pour les personnes atteintes de diabète.
A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publié cette année.
Il s’agit de la mise en lumière du témoignage d'Emmanuel Claude , fondateur d'Alphadiab .
Bonne écoute !
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 4 août 2025
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 Bonjour, c'est Juliette, et bienvenue dans le podcast de celles et ceux qui veulent faire 0:08 bouger les lignes au sein de leur entreprise. 0:11 Le diabète en France touche plus de 4 millions de personnes. 0:14 Se faire dépister est important, avoir accès aux soins nécessaires est vital. 0:19 Alors, pour faciliter cet accès au plus grand nombre, Emmanuel Claude a créé Alpha Diab. 0:25 Je m'appelle Emmanuel Claude, j'ai 61 ans. 0:29 J'habite à Villene-sur-Seine, dans les Yvelines, et je suis né pas très loin, d'ici, dans la Beauce. 0:34 Je suis président de la société Alpha Diab, que j'ai créée avec un associé il y a une bonne douzaine d'années, 0:40 et qui distribue du matériel médical pour les diabétiques, avec beaucoup de spécificités. 0:45 Est-ce que vous pouvez nous présenter ce qu'est Alpha Diab ? 0:47 Alpha Diab est donc une société qui distribue du matériel médical pour les patients diabétiques. 0:54 Le constat a été fait il y a de nombreuses années, avec moi qui, à l'époque, parcourait les congrès internationaux en diabétologie. 1:03 Et je me rendais compte qu'il y avait beaucoup de produits qui étaient disponibles pour les patients diabétiques qu'on ne retrouvait pas en France. 1:09 Beaucoup de fabricants étrangers avaient des produits très intéressants, et malheureusement, l'offre française était assez réduite. 1:16 Donc, j'ai commencé à proposer à certains de ces fabricants d'importer leurs produits pour les proposer aux patients français. 1:23 En France, à ce jour, combien de personnes sont atteintes du diabète, en sachant qu'il existe plusieurs types de diabète ? 1:29 Le diabète est une vraie épidémie au sens générique du terme. 1:35 C'est une maladie qui touche désormais un peu plus de 5 % de la population en France. 1:40 On parle de 4 millions de personnes qui sont diabétiques, 1:43 dont d'ailleurs entre 500 et 800 000 personnes qui ne savent pas qu'ils le sont, 1:47 puisqu'on peut très bien vivre sans ce diagnostic du diabète, 1:50 jusqu'au jour où le diabète vous rattrape au détour d'une attaque cardiaque, d'un AVC ou d'une amputation des membres inférieurs. 1:58 Donc souvent, le diabète est une maladie redoutable, contraignante au quotidien, 2:03 parce qu'il faut se contrôler sa glycémie tous les jours, il faut peut-être prendre des médicaments et s'injecter de l'insuline également. 2:10 En France, on ne meurt pas du diabète, on ne meurt plus du diabète, puisque l'insuline est disponible assez facilement. 2:16 Par contre, on peut avoir des complications. 2:20 Le diabète, c'est quand même 8 000 amputations du pied par an en France. 2:24 C'est la première cause de cécité et beaucoup de causes d'infarctus, d'AVC. 2:30 Enfin bon, le tableau est un peu redoutable. 2:33 Aujourd'hui, il y a beaucoup d'outils, de dispositifs clinicaux qui permettent de soulager le quotidien et les contraintes de cette pathologie. 2:41 Pourquoi avoir créé Alpha Diab il y a 12 ans ? Est-ce qu'il y avait un véritable besoin à ce moment-là ? 2:46 Il y a 12 ans, il y avait déjà une offre qui était intéressante, bien évidemment. 2:53 Simplement, le diabète est multivisage. 2:55 4 millions de personnes, vous pouvez imaginer qu'ils ne se ressemblent pas tous au diabète. 3:00 Ça peut être un nouveau-né de 6 mois, ça peut être une personne âgée en EHPAD, 3:04 ça peut être un jeune adulte qui a sa vie quotidienne trépidante. 3:09 Bref, c'est une maladie multivisage. 3:12 Et donc, assez légitimement, on peut penser qu'un produit pour suivre le diabète pour un bébé 3:19 ne va pas du tout être le même que celui pour une personne âgée en EHPAD. 3:23 Et il y a 12 ans, c'était quand même un petit peu le cas puisque l'offre était une offre de mass market 3:29 où finalement, le lecteur de glycémie, c'était le même pour tout le monde et puis les gens en faisaient avec. 3:35 À l'époque, les systèmes n'étaient absolument pas sécurisés. 3:38 C'est-à-dire que les professionnels de santé, puisqu'on manipule du sang avec des mesures de glycémie, 3:43 puisqu'on manipule des aiguilles avec des injections d'insuline quotidienne, 3:48 le risque était assez fort pour toutes ces personnes de se piquer par inadvertance et de se contaminer eux-mêmes. 3:54 Et en fait, on a essayé d'orienter l'offre et de la multiplier, l'offre disponible pour les patients, 4:00 mais aussi pour les professionnels de santé sur ces axes-là, confort pour le patient, 4:05 simplicité d'utilisation et sécurité pour les professionnels de santé. 4:08 Est-ce qu'on peut aussi rappeler un petit peu ce qu'est le quotidien d'une personne atteinte de diabète 4:13 et pourquoi est-ce que c'est primordial de continuer à simplifier leur accès aux soins ? 4:17 Il y a donc deux grands types de diabète, le diabète de type 1 qui arrive à tout âge et qui est insulino-dépendant. 4:25 Donc ce diabète-là, il doit être suivi. 4:27 Souvent, il est dépisté à l'occasion finalement d'un malaise ou d'un coma au service des urgences 4:33 puisque la personne n'a pas réalisé qu'elle était diabétique. 4:36 C'est quand même une maladie qui reste relativement rare pour des personnes jeunes. 4:39 Le patient de type 2, lui, il a un diabète qui va arriver beaucoup plus tardivement. 4:43 C'est une maladie qui s'installe dans le temps, pendant 10 ans, 15 ans, 20 ans, 4:47 ce qui fait que finalement, les diabétiques de type 2, cette maladie va s'installer progressivement, 4:52 effectivement peut-être sans que les gens se rendent compte qu'ils vont devenir diabétiques. 4:57 Donc la prévention est importante puisque plus tôt on se sait diabétique, plus tôt on peut corriger le tir. 5:03 Et j'imagine qu'en 12 ans, vous avez aussi dû voir les évolutions technologiques 5:07 pour améliorer le quotidien des personnes atteintes de diabète ? 5:10 J'ai envie de dire que les choses s'accélèrent même. 5:12 Moi, je suis rentré à l'époque où les pompes à insuline étaient remboursées en France. 5:17 Ça remonte déjà à quelques années. 5:19 C'était des pompes qui étaient relativement archaïques, 5:22 même si on remonte encore aux années 80. 5:25 Je vous parle de ça, c'est dans les années 2000. 5:27 Dans les années 80, les premières pompes à insuline, 5:29 c'était l'équivalent d'un chariot à roulettes que l'on transportait. 5:36 Dans les années 2000, quand j'ai intégré ce marché, 5:39 la pompe à insuline tenait dans une poche qui, aujourd'hui, 5:42 elle tient sur la peau parce que c'est une patch-pompe qui est toute simple. 5:45 Et puis par ailleurs, elle est connectée à un capteur de glycémie. 5:49 Peut-être que l'évolution la plus importante, la plus significative ces dernières années, 5:54 c'est celle des capteurs de glycémie qui permettent d'apporter une donnée 5:59 qu'on n'avait pas avant, puisque avant, dans le meilleur des cas, 6:01 on se piquait le bout du doigt à 5-6 fois par jour, 6:05 ce qui est déjà une grosse contrainte, et vous aviez 5 ou 6 mesures. 6:08 Mais entre chaque mesure, vous ne saviez pas trop à quel niveau vous étiez. 6:12 Aujourd'hui, on a un système qui vous permet de mesurer sur 24 heures la glycémie 6:17 sans avoir à se piquer le bout du doigt. 6:19 Vous vous installez un capteur sur le bras et vous avez cette glycémie pendant 15 jours. 6:24 Ça vous permet plus facilement d'ajuster votre rétention. 6:26 Et tout ça, ils peuvent le contrôler via leur téléphone, par exemple ? 6:29 Désormais, oui, il y a un téléphone qui peut permettre d'enregistrer une application de smartphone. 6:35 Alors, puisque vous en parlez du téléphone, ça aussi, c'est une évolution qui est importante. 6:38 C'est tout ce qui est traite à la télémédecine, la télésurveillance et aux dispositifs connectés. 6:43 Tous les gens aujourd'hui, tous les patients diabétiques, 6:46 ne sont pas éligibles aux capteurs de glycémie, essentiellement pour des raisons financières, 6:50 mais aussi pour un moment donné, l'intérêt pour la collectivité de financer des capteurs de glycémie 6:57 qui coûtent très cher par rapport à des bandelettes de glycémie. 7:00 Il y a une population, par exemple, qui n'est aujourd'hui pas éligible aux capteurs. 7:04 Ce sont toutes les femmes enceintes qui ont un diabète pendant leur période de grossesse. 7:09 On parle du diabète gestationnel. 7:10 Qui dit diabète gestationnel dit aussi l'induction de foetus qui vivent dans un environnement un peu plus sucré. 7:17 Les études le montrent, des patients diabétiques plus tard, quand ils seront adultes. 7:22 Donc, le système connecté, les systèmes connectés sont absolument géniaux pour ça 7:26 parce que ça permet de maintenir un lien entre l'équipe médicale et la patiente. 7:31 On a des hausses et de moteurs sur ce sujet en proposant des systèmes Bluetooth connectés avec des applications 7:37 où tout d'un coup, il y a une communication qui s'installe. 7:41 Ça rassure tout le monde et les résultats sont là, sont efficaces à tel point qu'aujourd'hui, 7:46 le système est remboursé par la Sécurité sociale. 7:48 Ça, c'est des progrès qui sont de ces dernières années, il ne faut pas remonter à dix ans. 7:53 C'est vraiment sur les cinq, cinq années. 7:56 Et alors, l'idée avec impact.info, c'est donc de donner la parole à celles et ceux qui font bouger les lignes au sein de leur entreprise. 8:04 Selon vous, en quoi vos actions font-elles bouger les lignes ? 8:06 Nous, on est le petit poil à gratter de la profession. 8:10 On dit comme ça, c'est un peu bizarre, mais c'est vrai que nous, on est entouré de gros labos pharmaceutiques 8:15 qui vivent d'une certaine façon dans des acquis. 8:18 Nous, on a plutôt toujours eu tendance à écouter ce que les patients recherchaient, ce que les professionnels de santé recherchaient. 8:24 Donc, on est un peu devenu les géotrofteaux de la profession. 8:27 Le cas des systèmes Bluetooth, ça paraît tout bête, mais effectivement, aujourd'hui, c'est devenu un peu la règle, 8:32 même vis-à-vis des gros labos qui, bien sûr, ne veulent pas être en reste. 8:36 Un point aussi qui est important, c'est cette notion peut-être de dépistage, de diagnostic. 8:41 On ne l'a peut-être pas suffisamment dit, mais le diabétique, notamment le diabète de type 2, 8:46 est souvent issu de populations défavorisées, la notion de malbouffe, la notion de sédentarité. 8:51 Tout ça fait qu'en fait, on se rend compte que le diabète est souvent une maladie des quartiers, des quartiers défavorisés. 8:57 Les gens ne prennent pas non plus forcément le temps de se dépister, de se diagnostiquer. 9:01 Et nous, on essaie d'aller au devant de ces quartiers et de proposer, notamment dans les pharmacies qui sont dans ces quartiers, 9:09 des malaises de dépistage. 9:10 Oui, on organise des opérations de dépistage. 9:12 Encore une fois, quand vous dépistez diabétique, plutôt, c'est le mieux. 9:20 Pour conclure cette interview, Emmanuel, je vais vous poser une question qui vous concerne vous. 9:25 16 ans, c'est l'âge légal en France pour ouvrir sa première entreprise. 9:28 Est-ce que vous saviez de quoi vous rêviez lorsque vous aviez 16 ans ? 9:31 Alors, pas d'ouvrir une société, et encore moins pour les produits diabétiques, comme quoi la vie est faite de virages. 9:38 Moi, j'ai toujours rêvé d'être ingénieur des eaux et forêts, donc ça n'a pas grand-chose à voir. 9:43 Alors, j'ai quand même fait des études d'agronomie, je suis de formation ingénieur agro, 9:48 ce qui n'a pas non plus grand-chose à voir avec le diabète. 9:50 Et puis finalement, au détour d'opportunités professionnelles, je me suis retrouvé dans cet univers du diabète. 9:57 Le seul regret que j'ai, c'est de ne pas l'avoir fait plus tôt, en me disant que c'est quand même génial d'entreprendre. 10:03 Et j'essaye, dans la mesure de mes modestes moyens, de transmettre cette passion d'entreprendre. 10:08 Moi, j'ai adhéré à l'association 100 000 entrepreneurs, et dès que je peux, je vais dans les écoles. 10:14 Et les 16 ans, je leur explique un peu mon parcours, ils me regardent des fois avec des yeux un peu à hurir. 10:19 Enfin, c'est ce vieux qui nous raconte sa vie, là. 10:22 Si on arrive à transmettre l'envie d'entendre d'entreprendre, franchement, je serai le premier à vivre. 10:27 Merci à Emmanuel Claude, qui est le dirigeant et le président d'Alpha Diab, 10:32 qui distribue et commercialise du matériel médical pour les personnes diabétiques. 10:36 Vous pourrez, bien entendu, retrouver cette interview sur impact.info, rubrique RSE, 10:41 qui regroupe tous les épisodes portant sur les enjeux des dirigeants et dirigeantes 10:45 qui mettent la responsabilité au cœur de leur entreprise. 10:49 C'était impact.info. 10:51 Entreprendre autrement. 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