Face au gaspillage des décors éphémères, Bastien et Nathalie ont fondé Gimmic Design pour révolutionner l’aménagement intérieur. Leur approche ? Réemploi, rénovation et leasing, au service d’un mobilier durable et responsable.
A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publié cette année.
Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Bastien Carretier , co-fondateur de Gimmic Design .
Bonne écoute !
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 28 juillet 2025
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 Bonjour et bienvenue dans le podcast de celles et ceux qui veulent faire bouger les lignes 0:09 au sein de leur entreprise, en œuvrant pour le réemploi tout en étant créatif Bastien 0:15 Carautier. 0:16 Moi c'est Bastien Carautier, je suis né à Dax dans les Landes, vous pouvez peut-être 0:22 l'entendre à mon accent, et je suis né en 1992 donc j'ai 32 ans. 0:28 Je suis co-fondateur et plus on va dire officiellement directeur général de l'entreprise Gimmick 0:36 Design. 0:37 Quel est un petit peu le principe de votre entreprise, que faites-vous ? 0:39 Au Gimmick Design, on est designer et fabricant de mobiliers corresponsables et consignés, 0:44 c'est-à-dire qu'on va designer et fabriquer du mobilier à partir de matériaux durables 0:50 comme du bois, des matériaux recyclés et également, enfin notre spécialisation c'est 0:55 surtout les déchets et chutes industrielles, c'est-à-dire qu'on va faire des visites 1:01 d'usines, repérer des chutes ou des déchets qu'on va ensuite intégrer dans notre mobilier, 1:06 et à ça on développe aussi des services, c'est-à-dire qu'une fois qu'on vend un 1:10 mobilier, on propose de faire un service de rénovation pour allonger sa durée de vie, 1:14 un service de consigne où on propose de reprendre en fin de vie gratuitement notre mobilier 1:17 pour le reconditionner en interne, et on propose également du mobilier en leasing. 1:22 Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous lancer là-dedans ? Quelle a un petit peu 1:25 été la genèse de ce projet ? Comment c'est venu ? 1:28 Nous, moi et mon associé Nathalie, quand on s'est rencontrés, on faisait pas mal 1:32 de construction, décors et de design scénographique, donc effectivement on construisait des décors 1:38 ou des énormes choses, des grosses quantités de matériaux pour des choses très éphémères, 1:43 donc on pouvait se retrouver à monter, imaginons, un faux décor d'appartement avec des lignes 1:49 à l'intérieur, des choses comme ça, à environ 15 000 euros de bois pour une semaine 1:53 de tournage et après se retrouver à tout démonter et jeter à la poubelle, donc on 1:56 a commencé à réintégrer, à faire des passerelles entre nos différentes activités 2:00 de construction, décors, d'aménagement intérieur et de clips, où on essaie sur 2:05 plusieurs tournages d'utiliser le même matériau pour les réemployer, et c'est suite à ça 2:09 où on s'est dit comment aller plus loin en travaillant, oui, le sourcing, en allant 2:13 plus loin que simplement réemployer un matériau, et comment gérer aussi la fin de vie de ce 2:18 qu'on va fabriquer. 2:19 L'idée c'était vraiment d'essayer en tout cas de se calquer au maximum sur une 2:23 approche la plus parfaite possible du cycle de vie de l'objet, en l'occurrence là, 2:27 le mobilier. 2:28 Pour l'état actuel des choses, jusqu'où on peut aller ? 2:30 Ce que j'aime bien dire c'est que nous dans le secteur de l'activité finalement ce 2:34 qui est très bizarre c'est qu'on ne sait rien, puisqu'on est tous en train de développer 2:37 des initiatives avec des choses que l'on découvre plus ou moins en avançant, donc 2:43 rien n'est parfait, mais en tout cas c'est ça qui est intéressant, c'est de développer 2:48 des nouvelles initiatives et de se rendre compte qu'on peut toujours les améliorer. 2:51 Donc en fait on n'est pas dans quelque chose de fini, mais qu'on est dans un terrain 2:54 infini de découverte et d'amélioration. 2:55 Donc ce qu'on peut améliorer c'est la manière de sourcer, dès qu'on va sourcer 3:01 un matériau il y a forcément un trajet, donc sourcer localement, est-ce qu'on est 3:05 sur un déchet, est-ce qu'on est sur une chute, c'est deux choses différentes. 3:08 Après il y a la manière de concevoir, c'est-à-dire concevoir un mobilier, la manière dont c'est 3:14 assemblé pour garantir un petit peu sa recyclabilité. 3:17 C'est là qu'on va parler de recyclabilité partielle totale, c'est-à-dire la manière 3:22 dont on va assembler deux matériaux différents, s'ils ne sont pas déconditionnables ou 3:26 on ne peut pas les enlever, on perd la recyclabilité des matières. 3:29 Et après la fin de vie, comment on gère cette fin de vie, avec finalement plein d'initiatives, 3:35 surtout dans le mobilier où il y a des matériaux recyclés, mais on s'est aussi rendu compte 3:39 en faisant une étude de marché qu'on utilise des matériaux mieux, plus bio-sourcés, recyclés, 3:47 mais finalement si on n'a pas de solution pour la fin de vie, on a simplement repoussé 3:51 un problème peut-être de 5 à 10 ans. 3:53 Donc l'idée c'était d'arriver à se pencher également sur cette fin de vie, donc comment 3:58 on assure la fin de vie, avec qui et comment, et c'est en ça qu'il y a plein de choses 4:02 à améliorer, parce qu'on peut arriver très facilement à se dire qu'il y aurait un impact 4:07 environnemental qu'on pourrait effectivement lié à du social également. 4:09 Là aujourd'hui, comment vous y prenez pour la fin de vie ? 4:13 Pour la fin de vie, c'est en construction, puisque là ce qu'on fabrique est en train 4:18 d'être vendu, donc là on est en train de mettre en place justement la fin de vie. 4:21 Donc la fin de vie ça peut être par reconditionnement avec ce préavis de 6 mois, donc en fait ça 4:26 veut dire que le client a 6 mois pour nous prévenir pour le retour du mobilier, ce qui 4:30 nous permet nous de le réintégrer pendant 6 mois dans d'autres projets, de parler avec 4:34 les futurs clients, est-ce que vous voulez tel matériau, est-ce qu'une simple rénovation 4:37 vous va ? Non, est-ce qu'on reconditionne, on rénove simplement ? Et après, le grand 4:43 sujet c'est comment on achemine un petit peu ces solutions, entre un mobilier qui se 4:47 retrouve chez un client et comment il revient dans nos ateliers, et ça c'est vraiment la 4:51 partie la plus intéressante, enfin pas la plus intéressante, mais là où il y a vraiment 4:54 des choses à mettre en place, parce qu'on voit pas mal de choses au niveau local, mais 4:59 on commence à avoir des demandes un petit peu sur des endroits de plus en plus éloignés 5:02 donc comment on arrive à mettre ça en place, donc c'est des discussions qu'on a avec des 5:06 transporteurs pour travailler sur ces thématiques, comme Varesito notamment, sur comment on va 5:11 arriver à récupérer ces matières, et soit les ramener directement à Guimic ou les stocker 5:15 en attendant qu'ils soient reconditionnés pour les réintégrer dans le circuit. Donc 5:19 c'est ça, le gros chantier c'est ça en fait. Alors là qu'est-ce que vous proposez, qu'est-ce 5:22 que vous avez comme type de matériaux, qu'est-ce que vous avez comme type de mobilier, qu'est-ce 5:25 qu'on trouve ? Alors sur le mobilier, nous ça va être pas mal de mobilier meublant 5:29 pour les entreprises, donc on va du bench de travail, au canapé, au fauteuil, table basse, 5:35 table de réunion, qui est on va dire le gros de ce qu'on fait, même si on peut avoir évidemment 5:40 de la pièce un peu sur mesure, comme évidemment les banques d'accueil, du mobilier de rangement 5:44 séparatif, et après les matériaux qu'on va avoir, en matériaux durables on va utiliser de 5:49 bois, quelques essences mais peu, parce qu'en fait ça permet aussi d'être sous une politique 5:54 zéro déchet, c'est de ne pas proposer 500 000 essences de bois, parce que sinon après on se 5:58 retrouve à ne pas pouvoir les réutiliser, faire les passerelles dans la logique zéro déchet, on 6:02 utilise des matériaux recyclés, donc là on va s'appuyer sur du plastique recyclé, des gens qui 6:06 mènent des initiatives là-dessus, ou d'autres matériaux, et après nous on se spécialise voilà 6:11 beaucoup sur les déchets industriels, on a par exemple la grosse thématique à l'heure actuelle, 6:15 c'est l'avirol cartonné, qui est issu de Dalalu, qui est un groupe d'aluminium qui va recevoir 6:21 justement l'aluminium en bobine, qui va être déroulé, passé en formage pour créer soit de la 6:26 couvertine ou de la gouttière, et une fois que tout l'aluminium est déroulé, il reste cette grosse 6:30 bobine cartonnée, là on n'est pas sur une chute, mais il y a réellement un déchet industriel, une sorte de 6:34 rouleau de papier toilette, et nous on va réutiliser ce gros tube cartonné pour réaliser des systèmes de 6:39 piétements, de chaises, de mobilier de rangement, de comptoir, bande d'accueil, donc on utilise ce 6:44 matériau qui va se substituer à d'autres matières en fait, donc l'idée de travailler là-dessus, c'est 6:51 qu'on va être sur une notion finalement de sur-cyclage, si on va détourner un déchet qui va venir se 6:55 substituer à un autre matériau, donc on va sauver un matériau d'un procédé plus énergivore, soit 7:00 d'acheminement en enfouissement ou en incinération, et on va aussi substituer à une autre matière 7:07 qu'on aurait dû utiliser normalement pour faire la même forme, on aurait dû passer par un procédé soit 7:11 de cintrage, mécanique ou par machine, donc quand on traite un déchet comme ça, c'est un double 7:17 impact positif, parce qu'on évite tout le trajet, le procédé de recyclage ou d'incinération ou 7:22 d'enfouissement, mais surtout on se substitue à des matières qu'on aurait dû acheter pour faire 7:26 la même forme, c'est un peu le double impact et l'intérêt de travailler avec du déchet. 7:31 En quoi vous êtes plus innovant, vous êtes allé plus loin que ceux qui existaient, 7:37 en quoi vous faites bouger les choses aussi ? 7:40 Nous on fait bouger les choses, mais j'ai envie de dire, c'est collectivement, 7:43 c'est plein d'initiatives, c'est des industries au niveau local, comme le groupe d'Alalu et comme 7:47 d'autres qui se revendent autour de la table, qui viennent nous rencontrer, nous on a des idées, 7:51 mais après les idées on les trouve grâce à eux qui nous les portent de leurs usines aussi, 7:54 je suis assez attaché à cette notion de collectif qui fait bouger les choses, 7:58 et nous si on arrive à faire des choses, c'est uniquement parce qu'on est entouré de gens 8:02 qui mettent aussi de la bonne volonté, et après on a des idées, il faut transformer ça. 8:06 Il y a une volonté plus importante aujourd'hui qu'il y a 5-10 ans, 8:10 on sent qu'il y a plus d'initiatives, plus de possibilités dans ce sens ? 8:14 A partir du moment où les pays d'Asie ont refusé de prendre des déchets en 2018, 8:19 ça a accéléré les solutions pour qu'est-ce qu'on fait de tous ces déchets qu'on ne peut plus 8:22 envoyer en Asie du Sud-Est également. Je pense que c'est aussi une des raisons qui a accéléré 8:27 toutes ces belles initiatives de recyclage, de réemploi, de surcyclage. 8:30 Impact.info, entreprendre autrement. 8:35 Alors Assezon, c'est l'âge pour créer sa première entreprise en France, c'est possible, 8:40 si on le souhaite, vous auriez voulu, vous vous auriez imaginé créer une entreprise Assezon ? 8:45 Non pas du tout, parce qu'en fait nous l'entreprise c'est un prétexte, c'est une forme, 8:49 l'idée, ce qui nous fait avancer c'est pas de faire une entreprise, c'est la passion de créer 8:52 des choses et de partager des moments avec des gens. Donc le seul truc qui m'a fait avancer 8:56 dans lequel j'ai toujours rêvé, ça a toujours été de créer, d'inventer des choses. Et donc 9:00 aujourd'hui je vais créer, j'invente du mobilier. Et il se trouve que ça a pris la forme d'une 9:04 entreprise, mais on va dire que c'était pas ça la première motivation. 9:07 Et vous aviez envie de faire quoi vous Assezon ? Vous étiez sensible au sujet écologique, 9:12 de recyclage, de réemploi, c'était déjà des sujets, vous rêviez d'autre chose ? 9:17 J'ai eu beaucoup de rêves, je rêvais d'écrire, d'écrire des choses sur de l'humour. Je rêvais 9:23 d'inventer, de dessiner des mobiliers et des vêtements. C'était plutôt des processus 9:28 créatifs qui me plaisaient. Et après ça s'est mêlé à plein de comportements très liés à l'éducation, 9:33 où c'est vrai qu'on se rend compte à bel tard, mais moi je passais mon temps avec ma mère, 9:38 elle m'avait vachement élevé à pas jeter les pieds pas par terre, j'ai passé ma vie à avoir 9:40 des papiers dans les poches quand j'étais petit. Donc finalement c'est une sorte d'éducation dont 9:44 on ne se rend pas compte parce qu'elle fait partie de notre éducation. Mais finalement, 9:47 quand on mélange cet enfant qui voulait inventer plein de choses avec ses poches remplies de 9:51 papiers parce qu'il ne voulait surtout pas ou qu'il ramassait les papiers des autres dans la 9:53 cour de récré, on commence un petit peu à trouver la suite de l'histoire. 9:57 Merci à Bastien Carautier, co-fondateur et directeur général de l'entreprise 10:02 Gimmick Design à Bordeaux. Vous pouvez retrouver ce podcast sur notre site impact.info. 10:08 C'était impact.info, entreprendre autrement. 10:14 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org Intégrer cette interview sur votre site
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