Gilles Mentré est le cofondateur d’Electis, un outil qui permet de voter en ligne en toute sécurité.
A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publié cette année.
Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Gilles Mentré , co-fondateur d'Electis .
Bonne écoute !
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 18 août 2025
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 Bonjour et bienvenue dans le podcast de celles et ceux qui veulent faire bouger les lignes 0:08 au sein de leur entreprise. 0:09 Le vote est depuis toujours un moyen efficace et concret pour choisir ensemble un changement 0:15 ou bien une prise de décision. 0:17 C'est un outil ultime de la démocratie, il se décline dans toutes les organisations, 0:21 qu'elles soient formelles ou bien informelles, à condition que celui-ci soit sécurisé. 0:26 Gilles Maintrey. 0:28 Merci. 0:29 Bonjour Juliette. 0:30 Donc Gilles Maintrey, moi j'ai 47 ans et je suis l'un des deux cofondateurs d'Electis 0:37 qui est une start-up innovante qui propose une plateforme de vote sécurisé, vérifiable 0:44 par internet. 0:45 Alors justement, on va évidemment parler d'Electis et de son fonctionnement. 0:49 Comment est-ce que ça marche ? C'est réservé pour les entreprises, pour les CSE précisément ? 0:54 Qu'est-ce que c'est ? 0:55 Non, c'est réservé à personne et justement, nous on a construit Electis avec l'idée 1:00 que le fait de pouvoir bénéficier d'une plateforme de vote facile d'utilisation, entièrement 1:06 sécurisée et anonyme et entièrement vérifiable, va être enfin une commodité qui va servir 1:13 à tous les secteurs de la société. 1:14 Donc il y a des secteurs qui aujourd'hui ont un besoin immédiat, j'ai envie de dire 1:18 presque qu'il y a des obligations légales qui conduisent certaines organisations à 1:23 devoir faire du vote électronique. 1:24 C'est comme vous le disiez, les élections CSE, c'est donc l'élection des représentants 1:28 des salariés dans les entreprises de plus de 11 salariés. 1:31 C'est aussi par exemple dans les écoles, si certains de ceux qui nous écoutent ont 1:36 des enfants scolarisés dans les écoles, collèges, lycées, les parents d'élèves 1:39 comme vous le savez, élisent leurs représentants au conseil des écoles et des établissements 1:44 scolaires. 1:45 Depuis l'année dernière, c'est possible électroniquement et donc on est un des acteurs 1:49 majeurs de ce vote dans les établissements scolaires. 1:52 Plus généralement, dans les entreprises, les associations, les fédérations, il y 1:56 a besoin de voter pour avoir le sentiment des membres, le sentiment des salariés, le 2:01 sentiment de tous ceux qui participent. 2:03 Ça correspond à une tendance générale à l'horizontalisation de nos sociétés. 2:08 Alors justement, c'est un peu ma prochaine question. 2:11 Qu'est-ce que ça change de passer par votre système, par votre outil pour voter plutôt 2:15 qu'un vote plutôt classique entre personnes qui ont besoin de voter ? 2:20 Oui, alors d'abord, pourquoi est-ce qu'on fait du vote électronique plutôt que du 2:23 vote papier en mettant son bulletin dans une urne ? 2:26 Eh bien, pour ce qui est des élections présidentielles, législatives, on vient de le voir, on n'a 2:32 évidemment pas du tout besoin de ce vote par Internet, sauf quelques cas particuliers 2:36 lorsqu'on est à l'étranger, peut-être demain lorsque pour des personnes qui ont 2:40 des difficultés à se déplacer, il y a toute une série d'enjeux de personnes qui sont 2:43 exclues du vote et qui pourraient voter avec le vote électronique. 2:45 Mais il ne s'agit pas de changer notre système parce qu'il y a de la confiance autour. 2:49 En revanche, pour toutes les élections qui sont, on a envie de dire, à plus faible enjeu, 2:54 même s'il y a de l'enjeu, dès qu'il y a de l'enjeu, tout de suite, tout le monde 2:57 demande une grande exigence de sécurité et c'est normal. 3:00 Mais pour ces élections, nous, on travaille par exemple avec Neuilly-sur-Seine depuis 3:04 maintenant deux ans. 3:05 Eh bien, il y a des consultations régulières de la mairie pour que les citoyens puissent 3:09 décider de choses très pratiques et quotidiennes de leur vie. 3:14 Et pour ça, il faut évidemment des solutions sécurisées. 3:16 Et en quoi est-ce qu'on est différent ? J'ai envie de dire des dinosaures, des vieilles 3:21 solutions de vote électronique qui existaient avant. 3:24 Pourquoi est-ce que nous, on s'est dit « ce n'est pas possible, il faut qu'on change 3:27 ce système ». C'est parce qu'aujourd'hui, il n'y a aucune solution qui allie trois 3:33 facteurs fondamentaux. 3:34 Le premier, c'est d'être vraiment simple d'utilisation. 3:37 Le deuxième, c'est la sécurité, l'anonymat. 3:38 Il faut qu'on soit absolument sûr qu'on ne puisse jamais venir retrouver votre vote. 3:42 Nous, il se trouve qu'on utilise des cryptographies de nouvelle génération, ce qu'on appelle 3:47 asymétrique homomorphe, ce n'est pas un podcast technique, donc je n'irai pas plus 3:50 loin. 3:51 Juste pour dire ce que ça permet, ça permet que l'information qui quitte votre téléphone 3:56 ou votre ordinateur, elle n'est plus jamais déchiffrable individuellement. 4:00 Et puis, troisième chose, et après je termine, on veut un vote qui soit vérifiable de bout 4:03 en bout. 4:04 Quand vous votez, pourquoi est-ce qu'on a confiance dans le vote papier ? Et encore, 4:08 il y a beaucoup de pays où on ferait mieux de ne pas y avoir confiance. 4:11 C'est parce que si vous le vouliez, vous pourriez passer votre journée à côté de 4:15 l'urne, vous verriez votre bulletin dans l'urne transparente, vous constateriez dans 4:20 toute la journée qu'on n'a jamais modifié votre bulletin ou qu'on ne l'a pas supprimé. 4:23 Vous seriez présent au moment où on compterait les bulletins à la fin et vous auriez confiance 4:27 dans le résultat. 4:28 Et bien, on fait la même chose, nous, grâce à la blockchain, et là aussi, ce n'est 4:31 pas un podcast technique. 4:32 Ce que permet la blockchain, c'est d'avoir la même unicité d'un objet numérique que 4:38 si jamais c'était un objet physique. 4:40 Ce sont ces trois choses-là, la facilité, la sécurité, la vérifiabilité, qui nous 4:45 permettent de transformer complètement le rapport qu'ont les gens avec le vote électronique. 4:49 Est-ce qu'on peut parler dans ce cas de démocratie numérique ? 4:52 C'est exactement ce qu'on veut construire. 4:54 On veut construire une démocratie numérique. 4:56 Regardez, on vient d'avoir des élections aux Vénézuéliens dimanche dernier, et c'est 5:01 presque une contre-publicité pour ce qu'on fait parce que les Vénézuéliens votent électroniquement. 5:05 Ils votent sur des machines à voter électronique, donc ce n'est pas par Internet, et on voit 5:09 bien que le résultat a été dénoncé par énormément d'observateurs et d'acteurs 5:14 comme étant fraudé. 5:15 Pourquoi ? Parce qu'à la fin, le gouvernement a refusé de donner les preuves de vote. 5:21 Lorsque vous votez sur une machine, vous votez électroniquement, il y a une donnée numérique 5:25 qui part, et en même temps, on imprime un bulletin de papier qu'on peut recompter. 5:29 Et le gouvernement a refusé les données, donc on ne peut pas faire ce recompte. 5:33 Nous, avec le vote par Internet, on ne peut pas faire ce bulletin de papier qu'on imprime, 5:36 mais grâce à la blockchain, on fait l'équivalent, on fait une impression numérique qui a la 5:40 même fiabilité que si on avait fait une impression papier. 5:43 Et c'est encore mieux que les preuves papier parce que celles-là, on ne pourra pas les 5:47 dissimuler. 5:48 Dès que c'est sur la blockchain, on parle de blockchain public, c'est accessible par 5:51 tout le monde. 5:52 Alors, pour rester un petit peu concentré sur le vote en entreprise, parce que c'est 5:57 ce que vous proposez également, pourquoi selon vous, c'est utile et voire important 6:01 de pouvoir voter de la sorte en entreprise ? 6:03 C'est très important parce que vous voyez bien que les élections professionnelles en 6:06 entreprise sont des élections qui mobilisent très peu, très peu de salariés et de moins 6:11 en moins de salariés. 6:12 Or, on a besoin d'une démocratie d'entreprise, on a besoin de représentants, des salariés 6:16 pour discuter avec la direction, pour pouvoir faire remonter des idées, pour pouvoir co-décider 6:21 de certains sujets. 6:22 Et c'est le sens, on le voit bien, de l'ensemble des évolutions de nos sociétés. 6:27 Tant que c'était un vote à l'urne, eh bien, il y avait un faible engagement parce qu'il 6:32 fallait se rendre disponible tel jour, à telle heure. 6:34 C'est très difficile dans certains secteurs. 6:36 Nous, il se trouve que la première industrie avec laquelle on travaille, c'est tout ce 6:39 qui est maintenance, logistique, transport. 6:41 Parce qu'évidemment, les salariés sont tous à travers la France, sur le territoire. 6:46 Comment est-ce qu'ils peuvent voter physiquement le jour J ? Eh bien, grâce au vote électronique, 6:51 on leur permet de faire entendre leur voix. 6:53 Vous avez des exemples en entreprise de ce fonctionnement-là qui a apporté ses fruits 6:58 finalement ? 6:59 Bien sûr. 7:00 Je le vois d'abord, comme je vous le dis, dans certains secteurs où c'était difficile 7:04 d'aller voter aux élections professionnelles. 7:05 Et grâce à notre système, ça devient facile. 7:08 Et le fait de devoir le faire par Internet n'est pas une barrière. 7:14 On se rend compte que grâce à l'accompagnement qu'on propose et qu'on permet à l'entreprise 7:18 de proposer, il n'y a pas ce qu'on appelle de l'électronisme. 7:21 Il n'y a pas de salariés qui se retrouvent en difficulté. 7:24 Il y a même la possibilité, si on le souhaite, de maintenir le vote papier en parallèle. 7:29 On peut voter de manière hybride. 7:30 Si vraiment on constate qu'il y a des salariés qui ont une réticence ou une difficulté 7:34 très forte, ils vont quand même voter sur papier ou même on peut mettre à disposition 7:37 un iPad dans l'entreprise où ils votent électroniquement, mais de manière peut-être 7:42 facilitée ou aidée. 7:43 Donc, on voit déjà que ça rend possible la participation. 7:46 Et ensuite, on voit que ça s'applique à de plus en plus de sujets. 7:49 On a des clients qui commencent simplement à nous utiliser pour l'élection professionnelle 7:54 parce que c'est ça qui est obligatoire par la loi et qui se rendent compte que c'est 7:57 très pratique d'utilisation. 7:58 Ça mobilise les salariés et qu'ils l'utilisent ensuite pour faire des consultations internes. 8:03 Ça crée de l'intelligence collective et on voit que les entreprises adhèrent tout 8:07 de suite. 8:08 Écoutez, ma prochaine question va certainement vous parler également. 8:12 L'idée avec notre média Impact.info, c'est de donner la parole à celles et ceux qui 8:17 ont à cœur de faire bouger les lignes. 8:18 Donc, selon vous, en quoi vos actions vont-elles bouger les lignes ? 8:22 Je pense que cette demande d'expression directe de chacun d'entre nous, comme salarié dans 8:29 son entreprise, comme militant dans son association, comme électeur, comme citoyen dans son pays, 8:36 ce besoin d'expression directe, sans plus passer par des représentants qui se sont polarisés, 8:43 dont on voit bien, et c'est peut-être une des grilles d'analyse des dernières élections, 8:47 qui ne sont plus à l'écoute, qui se sont débranchées de ce que sont les attentes 8:52 concrètes. 8:53 Ce n'est pas qu'ils ne comprennent pas les positions politiques, les valeurs, etc. 8:58 C'est les attentes concrètes, c'est qu'au-delà des enjeux de grands débats philosophiques, 9:06 il y a plein de choses qui ne se font pas, qui n'existent plus. 9:08 L'envie générale, c'est de trouver des solutions qui fonctionnent. 9:11 Or, quoi de mieux pour trouver des solutions qui fonctionnent que de consulter directement 9:15 ceux qui sont aux prises avec ces problèmes. 9:18 Donc, on a un besoin profond de s'exprimer directement dans chacune de nos organisations. 9:23 C'est ça qu'on construit, un commun numérique. 9:25 Impact.info, entreprendre autrement. 9:29 On va conclure cette interview avec cette fois-ci une question qui vous concerne vous. 9:33 Donc, 16 ans, c'est l'âge légal en France pour ouvrir sa première entreprise. 9:37 Est-ce que vous saviez de quoi vous rêviez lorsque vous aviez 16 ans ? 9:41 Je ne me rêvais pas du tout entrepreneur. 9:44 Ce n'était pas du tout ce à quoi je me projetais. 9:46 C'est la beauté de la vie. 9:47 C'est que, comme disait Leonard Cohen, 9:51 la vie, c'est ce qui vous arrive quand vous aviez d'autres plans. 9:54 Non, moi, je voulais être député. 9:56 Je voulais représenter la nation. 9:57 Je voulais justement m'attaquer aux grands sujets publics, politiques. 10:04 Et puis, chemin faisant, j'ai d'abord été fonctionnaire, 10:07 donc j'ai coutenu l'État de l'intérieur. 10:09 Et puis ensuite, j'ai été consultant dans le privé avant de créer cette entreprise. 10:13 Je me suis rendu compte que ce n'est pas comme ça qu'on fait bouger les choses. 10:17 À côté de notre démocratie représentative, 10:19 on a besoin de mettre en place une démocratie directe. 10:22 Merci à Gilles Maintrey qui est le cofondateur d'Electis, 10:25 un outil qui permet de voter en toute sécurité et qui est accessible à tous et toutes. 10:29 Vous pourrez retrouver cette interview sur impact.info, rubrique RSE, 10:33 qui regroupe tous les épisodes portant sur les enjeux des dirigeants et dirigeantes 10:37 qui mettent la responsabilité au cœur de leur entreprise. 10:43 Entreprendre autrement Intégrer cette interview sur votre site
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