Victor Augais est fondateur et dirigeant de La Casa, une société qui propose du coliving résidentiel, de l’habitat partagé, dans un cadre de vie confortable et abordable dans les grandes villes, tout en créant du lien.
A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publié cette année.
Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Victor Augais , fondateur et dirigeant de La Casa .
Bonne écoute !
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 11 août 2025
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 Bonjour et bienvenue dans le podcast de celles et ceux qui veulent faire bouger les lignes 0:09 au sein de leur entreprise. L'habitat partagé serait-il la solution pour lutter contre la 0:15 solitude en milieu urbain, mais aussi contre la crise du logement ? C'est ce que pense 0:20 Victor Auguet. Victor Auguet, je suis né le 23 mars 1976 0:25 à Bois-Guillaume en Seine-Maritime et je suis fondateur et dirigeant de La Casa, qui 0:31 fait du co-living. La Casa, est-ce que vous pouvez m'expliquer 0:34 un petit peu ce que c'est ? La Casa, c'est une société qui propose du 0:37 co-living résidentiel. C'est de l'habitat partagé dans lequel on va avoir un cadre 0:43 de vie confortable et abordable dans les grandes villes tout en créant du lien. On s'adresse 0:48 à des gens qui vivent seuls une période de transition. Soit ils arrivent dans une 0:52 grande ville, soit ils sont après une séparation, soit ils changent de cadre et qui n'ont pas 0:56 envie de vivre seuls. On résout un problème de logement qui est très important dans les 1:01 grandes villes parce qu'il y a une pénurie de logements, surtout pour les gens qui vivent 1:04 seuls. Et aussi un problème de lien social parce qu'on a un sentiment de solitude qui 1:10 grandit en France. On essaie de résoudre ces deux problèmes à La Casa en développant 1:15 des habitats partagés dans les grandes villes qui prennent souvent la forme de grandes maisons 1:20 dans lesquelles chacun va avoir sa chambre et sa salle de bain et ensuite accès à des 1:24 parties communes partagées. Et dans ces grandes maisons, on crée des communautés où les 1:28 gens apprennent à vivre ensemble. Il y a plein de moments de joie, il faut aussi savoir 1:32 faire des compromis et donc on essaie de s'assurer que tous ceux qui rejoignent une Casa ont 1:37 bien compris à quoi ils s'engagent en allant vivre dans une Casa. 1:40 Le sentiment de solitude, c'est quelque chose qui est important dans nos villes aujourd'hui en France ? 1:46 Quand on se renseigne des études qu'on peut trouver, c'est un sentiment de solitude 1:49 qui grandit dans certaines tranches de la population. Et en France, il y a une étude 1:55 qui mentionnait que plus de 50% des jeunes actifs se sentaient seuls. Et ensuite, nous, 1:59 c'est quelque chose qu'on mesure chaque année à La Casa. On a aujourd'hui 600 chambres 2:03 et la dernière mesure qu'on a faite, c'était 7% seulement de nos colocataires qui déclaraient 2:08 se sentir seuls. Alors on peut être entouré et quand même se sentir seul, donc c'est 2:12 quand même possible de se sentir seul en colocation. Mais c'est très faible et ça, 2:16 ça se compare à ces mêmes personnes qui disaient à plus de 60% avoir eu ce sentiment 2:21 de solitude avant de rejoindre une Casa. 2:23 Ça va plus toucher les jeunes finalement ? 2:26 Ça, je ne suis pas sûr. Probablement, ça touche plus les personnes qui vivent seules. 2:30 Nous, on a essayé de lancer des grandes Casas pour des personnes âgées et malheureusement, 2:34 ça n'a pas aussi bien marché que souhaité. Mais les personnes âgées, le sujet de la 2:38 solitude ressentie ou même réelle est vraiment très important. Je crois qu'il y a près 2:44 de la moitié des gens de plus de 75 ans qui n'ont pas plusieurs conversations par jour. 2:48 Donc non, je ne suis pas du tout persuadé que ça se limite aux jeunes actifs. En revanche, 2:53 c'est probablement plus difficile à vivre pour des gens qui vivent seuls. 2:56 Alors, ça a beaucoup évolué. Il y a 10-20 ans, quand on parlait de co-living, déjà 3:01 ça ne s'appelait même pas comme ça, c'était un peu « waouh », c'était révolutionnaire 3:05 même si ça n'est pas tant que ça. Aujourd'hui, ça a l'air vraiment plus carré, cadré. 3:10 Quand on va sur votre site, c'est presque des annonces. Comment ça marche en fait justement 3:14 pour trouver un co-living ? Déjà, le terme de co-living, il est assez générique, il est assez 3:18 large. Il y a des offres qui sont plus proches du court séjour et de l'hôtellerie. Nous, ce qu'on 3:23 propose, on est vraiment dans du résidentiel, c'est-à-dire que c'est la résidence principale, 3:26 donc c'est les gens qui s'installent. Donc en fait, on n'est même pas obligé d'utiliser le 3:31 terme de co-living, c'est de la colocation qui est gérée avec des services. Cette gestion, 3:35 elle passe d'abord par le fait que les biens qu'on propose sont faits pour ça. Donc il y a 3:39 beaucoup de chambres, mais qui sont aménagées pour, c'est-à-dire avec chacune une salle de bain, 3:44 des grandes parties communes. Le bien lui-même est pensé pour de la colocation, pour un habitat 3:49 partagé. Et ensuite, dans les services qu'on apporte, il y a un tronc commun de services comme 3:54 le ménage dans les parties communes, la maintenance, l'entretien. Mais il y a aussi des choses qui sont 3:59 vraiment spécifiques à la vie en communauté. On va approvisionner un fonds de course en début 4:03 de mois pour tout ce qui se partage. On va faire livrer une fois par mois un repas à partager et 4:08 à cuisiner en communauté. Et puis un soin tout particulier. On va s'assurer que tous les gens 4:15 qui ajoignent une casa ont bien compris le concept. Et puis ensuite, être là pour le faire vivre, 4:19 essayer de résoudre des problèmes quand il y en a. On fait pas mal d'animations. Il y a des 4:23 after-work tous les deux mois où toutes les casas sont conviées. C'est cette forme que ça prend, 4:27 mais voilà, c'est de la colocation gérée par une société dont c'est le métier. 4:33 À quoi vous disiez, il faut qu'ils aient bien compris à quoi s'attendre. Ça veut dire qu'est-ce 4:37 qu'il faut comme envie ou comme qualité, en tout cas, pour rejoindre une casa? 4:41 L'état d'esprit qu'il faut avoir au moment où on y va, c'est d'avoir envie de rencontrer du monde. 4:44 Si c'est pour rester enfermé dans sa chambre tout le temps, mieux vaut aller dans un studio. 4:51 Savoir que dans la vie en communauté, il faut savoir écouter les autres. Il faut savoir faire 4:55 des compromis. On vit avec les autres. Après, il y a des gens qui sont timides. Il y a des gens 5:00 qui sont plus extravertis. Il y a des âges différents. Il y a des caractères différents. 5:05 Le seul vrai sujet, c'est d'avoir envie de rencontrer du monde et d'avoir compris que 5:10 la vie en collectivité suppose d'être un peu adaptable et de savoir faire des compromis. 5:14 Dans une casa, par exemple, vous pouvez avoir des gens d'âges différents, 5:18 de parcours différents. Comment vous faites en sorte justement qu'il y ait cette mixité? 5:22 Ce qu'on constate, c'est que les colocataires ont en moyenne une trentaine d'années. C'est 5:27 très mixte. Il y a un petit peu d'étudiants, pas beaucoup. Il y a aussi pas mal d'étrangers. 5:33 Des sujets qui ne peuvent pas être simples, des sujets de mixité. Ce sont des choses sur 5:38 lesquelles on considère que ce n'est pas à nous. En tout cas, il n'y a pas de critères de la part 5:42 d'une société comme la Casa à mettre. En revanche, on s'assure que les gens ont compris ce que c'était 5:48 et sont motivés pour l'habitat partagé. Qu'est-ce qui vous a donné envie de créer 5:51 la Casa? Qu'est-ce qui vous a motivé derrière ce projet? 5:54 C'est ma deuxième entreprise. Avant, j'avais monté des centres de foot. Je commence à prendre un peu 5:59 d'âge. C'était il y a une vingtaine d'années. A l'époque, la notion d'impact, de résoudre des 6:05 problèmes, ce n'était pas forcément aussi prégnant que celle d'aujourd'hui. Dans ma première société, 6:11 les centres de foot, je trouvais que c'était compliqué de jouer au foot. On ne pouvait pas 6:14 réserver de terrain. Donc, j'ai créé des centres de foot. C'était le problème que j'essayais de 6:18 résoudre. Quand j'en suis parti, je me suis dit quel problème j'essayais de résoudre dans ma 6:22 prochaine entreprise. Celui qui m'intéressait, c'était à la fois la qualité de vie dans les 6:28 grandes villes. Quand on n'a pas de gros salaires, les loyers sont très chers. La qualité de vie est 6:33 un vrai problème. Le deuxième sujet, c'était la solitude. Quand on arrive dans une ville et 6:37 qu'on n'y connaît personne, ce n'est pas évident de rencontrer du monde. Ce sont des sujets qui 6:42 nous touchent. Je me suis intéressé à ce sujet-là. J'ai regardé un peu ce qui se faisait à l'étranger. 6:46 Puis, j'ai vu ce co-living qui était naissant à l'époque. C'était il y a une dizaine d'années, 6:49 avec différentes versions. Celle qui était plus communautaire dans des grandes maisons, 6:55 c'est celle qui m'intéressait le plus et dont je me suis inspiré pour la lancer en France. 6:59 En quoi, selon vous, la casarde fait bouger les lignes, change les choses ? 7:02 Il y a plusieurs sujets qui sont différents et à mon avis, tous très importants. Le premier sujet, 7:09 il est sur le lien social. On a parlé du sentiment de solitude, mais je pense qu'on est aussi dans 7:13 une société qui produit de la solitude. Les écrans, il y a eu le Covid, le travail à distance. Je suis 7:21 convaincu que l'homme, c'est un animal sociable et que l'enfer, c'est les autres. Ce n'est pas ce 7:25 que je pense. Être un antidote à la solitude, je pense que c'est une des fonctions de la casarde. 7:30 Ce n'est pas toujours évident de vivre avec d'autres. Ça s'apprend. Je caricature un peu, 7:34 mais ça fait aussi des bons citoyens. Je suis tout à fait convaincu de ça. Je pense que savoir 7:39 vivre en collectivité, c'est une école pour savoir vivre en société. Après, on a d'autres 7:44 sujets. On a des sujets environnementaux et là, aujourd'hui, de partager du mobilier, 7:51 d'une facture d'électricité. Nous, on rénove des biens immobiliers plutôt que de construire du neuf. 7:57 Donc tout ça, je pense que ça a une vertu. En tout cas, quand on est sensible au bilan carbone de 8:03 ce qu'on fait, ça a une vertu qui est très claire. Et puis, le dernier point qui est un 8:06 problème de société extrêmement important sur lequel aujourd'hui, on est dans une impasse, 8:10 c'est la production de logements dans les grandes villes. Et aujourd'hui, il y a une pénurie qui est 8:14 énorme. On manque de logements. Il y a en plus en ce moment une crise immobilière avec des 8:18 promoteurs immobiliers qui font faillite. On ne veut pas donner le permis de construire. On ne 8:22 veut pas artificialiser les sols, les DPE, les passeports thermiques. On ne veut pas louer ses 8:26 logements. Tout ça, pour moi, est fondé. Mais une fois qu'on a dit ça, comment on loge les gens ? 8:31 Et je pense que ce qu'on fait à la Casa, c'est une des seules solutions pour densifier la ville 8:35 proche des transports en commun sans construire des immeubles. Nous, on achète un pavillon de 8:39 banlieue de 300 mètres carrés où il y a deux ou quatre personnes qui vivent. On en fait un 8:43 habitat partagé avec douze chambres où chacun va avoir à peu près 25 mètres carrés par personne. 8:47 Tout ça, sans construire du neuf, juste en rénovant une grande maison. Donc aujourd'hui, 8:52 bien habiter les grandes villes, il y a une impasse parce qu'il n'y a pas assez de logements. Et en 8:56 tout cas, on n'est pas du tout sur une trajectoire pour résoudre ce problème. Et je considère que ce 9:01 qu'on fait à la Casa peut faire partie de la solution. 9:04 Impact.info, entreprendre autrement. 9:07 Victor Auguet, vous êtes fondateur et dirigeant de la Casa. À 16 ans, c'est là pour créer son 9:13 entreprise. Vous viviez, vous, en communauté. Vous souhaitiez résoudre des problèmes déjà. 9:17 Vous rêviez de quoi, vous, à l'époque ? C'était quoi votre plan ? 9:20 Non, je n'avais pas ce genre de rêve. Je pense qu'à 16 ans, j'avais envie de faire des bonnes 9:29 études, mais je ne voyais pas beaucoup plus loin que ça. Et ça me rend parfois un peu plus 9:35 tolérant vis-à-vis des enfants. Je suis étonné qu'au collège, ils n'aient pas de plan de carrière. 9:39 Effectivement, si je me remets à leur âge, je n'en avais pas non plus. Donc non, tout ça, 9:44 c'est venu plus tard. Ça vous aurait parlé, vous aussi, ce type d'habitat à l'époque ? 9:48 Alors moi, j'ai eu des expériences de vie en colocation qui m'ont beaucoup plu. Et puis, 9:52 voilà, j'en ai gardé des amis pour la vie. On a beaucoup de témoignages d'anciens colocs de 9:58 la Casa. Il y a plus de 60% des colocs qui disent qu'ils ont trouvé à la Casa une seconde famille. 10:02 Donc c'est quelque chose vraiment de très fort. Et beaucoup aussi par les rencontres qu'ils n'auraient 10:07 pas faites ailleurs, de par la diversité des profils. Donc oui, en tout cas, comme moi, 10:13 je suis vraiment convaincu que le bonheur passe par les rencontres. C'est un sujet qui me touche 10:18 beaucoup et j'ai toujours été sensible à ça. Donc je pense que si ça avait existé, en tout cas, 10:22 il y a une vingtaine d'années, je pense qu'on aurait probablement habité une Casa. Et puis, 10:27 à défaut, je suis content de l'avoir créée et de voir des gens contents quand ils y sont. 10:32 Merci à Victor Audier, fondateur et dirigeant de la Casa. Vous pouvez 10:37 retrouver ce podcast sur notre site impact.info. C'était impact.info, entreprendre autrement. Intégrer cette interview sur votre site
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